Kyoto, Bali. USA : 2 / la Terre : 0. Le sabotage

En 1997 comme en 2007 le même scénario s’est déroulé ; celui d’un torpillage d’une démarche mondiale par les représentants américains. Bilan, à chaque fois, les Etats-Unis ont réussi à rendre ineffectif un effort mondial en faveur du climant. 2 à 0 en faveur des USA. A l’aube de l’histoire, les Etats-Unis risque bien d’apparaître comme un coupable historique. Pourquoi ?

Comme le notait, le grand quotidien londonien The Guardian , pourtant peu suspect d’anti-américanisme, après la clôture de la conférence de Bali sur le climat : « En 1997 et en 2007, les Américains ont gagné sur toute la ligne : ils ont saboté le traité avant d’être acclamé pour l’avoir sauvé. » Retour en arrière.

  • Kyoto, 1997 : le représentant américain est Al Gore. L’Union Européenne réclame une réduction de 15 % des émissions des gaz à effet de serre d’ici à 2010. Al Gore ramènera cet objectif à un petit 5,2 % d’ici à 2010.

Les USA sont à l’époque le 1 er pollueur mondial et Bush n’est pas encore président. La représentation américaine arrive à vider de sa force le protocole de Kyoto et à introduire l’idée d’un marché de « fausses réductions » comme l’appelle le Guardian. Ce marché, imposé sous menace de rompre les négociations et qui crée des droits à polluer, a été largement perverti et n’a pas été efficace.

Etats-Unis

En Chine et en Inde des usines bien polluantes se sont montées afin que leurs propriétaires récupèrent des subventions pour leur mise aux normes anti-pollution sur la bourse mondiale des « droits d’émission de C02 ». Cette politique factice a eu un effet pervers majeur : il a ralenti l’émergence d’un vrai marché des technologies non polluantes. 

Non seulement les pays industrialisés n’ont pas réduit leurs émissions de gaz à effet de serre mais ils se sont décrédibilisés aux yeux des pays pauvres auxquels ils demandent des efforts.

Bali, 10 ans plus tard, la capacité de nuisance des Etats-Unis a fait autant de ravages. Malgré les communiqués de victoire de certains ministres de l’environnement, l’accord n’a guère de substance. Le Britannique Mr Benn affirme que Bali est « une avancée historique et d’un grand pas en avant. » Et pourtant, il semble que Bali soit pire que Kyoto.

Les Américains ont réussi 2 fois la même pirouette, faire semblant de tout bloquer pour s’entendre sur le plus petit accord possible : contrairement à l’accord de Kyoto, celui de Bali ne comporte aucune date et aucun objectif chiffré.

Al Gore, présenté comme un sauveur puisqu’il a entre-temps reçu le prix Nobel, a contribué une série de directives appelées « mécanisme de développement propre ».


Les grands médias américains ont caricaturé les politiques écologistes et minimisé la réalité du réchauffement climatique et de sa responsabilité humaine. De nombreux lobbies, dont celui d’Exxon, dont nous avons déjà parlé sur consoGlobe, distribuent des millions de dollars pour amoindrir l’importance du réchauffement pour l’avenir de la planète.

Au total, seule l’Europe pendant les années 90 a accompli quelques progrès. Il n’empêche que depuis 15 ans, les preuves de la cause humaine du réchauffement se sont accumulées et le phénomène s’est accéléré. Il y a de fortes probabilités pour que cette attitude irresponsable ne soit pas jugée par nous mais par nos enfants… un peu tard.

 

  • Le point de vue chinois  : les Chinois pensent que les Européens jouent double jeu dans leur politique anti-réchauffement. Ils expliquent qu’en fait les Européens cherchent à promouvoir des industries dans lequelles leurs intérêts sont particulièrement développés. A eux tous, les pays européens détiennent 40 % des parts de marché des équipements anti-pollution.
  • L’Allemagne  : bons élèves, les Allemands ont réussi à créer une véritable industrie des énergies renouvelables et à créer des centaines de milliers d’emploi.
  • En 2003, l’Allemagne était le 6ème pollueur mondial avec 865,3 millions de tonnes de C02 émises.
  • En 2005, l’Allemagne a exporté pour 6 milliards € d’équipements éoliens et en détient la moitié du marché mondial.
  • En 2006, 7,7 % de la consommation totale d’énergie du pays étaient fournis par des énergies renouvelables.
  • La France  : les Français sont également de bons élèves grâce à leur utilisation massive de l’énergie nucléaire pour 80 % de ses besoins en électricité.

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