L’impact du réchauffement sur les plantes serait sous-estimé

L'impact du réchauffement sur les plantes serait sous-estimé

Parmi les conséquences du réchauffement climatique, on connait la montée du niveau des océans, l’élévation des températures et des précipitations, l’augmentation du nombre des catastrophes naturelles, la prolifération des espèces invasives … mais on connait moins celles qui affectent les plantes. Si vous êtes jardinier, vous avez d’ailleurs déjà du vous en rendre compte.

Ce que change le réchauffement pour la flore

plantes montagnesLa flore et la faune sont impactées par le réchauffement et on accumule les mesures de ces phénomènes.

Pour résumer, notons que l’augmentation de la température moyenne aurait comme conséquence :

  • la remontée en altitude de 3 mètres par an de la flore locale, constatée de 1971 à 2008. Ce phénomène de migration de la faune ne se retrouve d’ailleurs pas que dans les Pyrénées mais un peu partout en Europe.
  • un rapport de 2009 de l’Agence européenne de l’environnement indique que “d’ici la fin du XXIe siècle, 60 % des espèces végétales montagnardes seront menacées d’extinction”.
  • Par ailleurs, selon l’Observatoire, le changement climatique entraînerait dans les Pyrénées une baisse des productions moyennes de la forêt de 4 à 12 % d’ici 2025. Or, cette forêt “couvre plus de 44 % du versant français et 61 % du versant espagnol.

L’impact du réchauffement sur les plantes serait plus grand que prévu

Une nouvelle étude apporte d’autres éléments de preuve.  Publiée dans la revue scientifique britannique Nature, elle repose sur des expériences de simulation de l’impact du réchauffement climatique sur les plantes. L’étude conclut qu’on sous-estime largement ce qui se passe en réalité dans la nature.

L’enquête, qui s’appuie sur des essais menés sur 1.634 espèces de plantes et observations à long terme, confirme les observations rapportées par des agriculteurs et jardiniers, en particulier dans l’hémisphère nord. Elle montre que les plantes saisonnières émergent de la terre bien plus tôt au printemps que par le passé.

Les expérimentations de réchauffement climatique consistent généralement à faire pousser une plante dans une sorte de serre ouverte sur le dessus, ou un dais muni d’un petit système de chauffage, afin de reproduire la hausse de la température. Selon les résultats de ces expérimentations, la floraison et l’apparition des feuilles se produisent entre 1,9 et 3,3 jours plus tôt pour chaque degré de hausse de température.

Mais selon l’étude de Nature, les chiffres seraient bien plus élevés en réalité, car selon les chercheurs les feuilles et fleurs des plantes apparaissent entre 2,5 et 5 jours plus tôt par degré de réchauffement.

Ces résultats reposent sur la comparaison entre des essais effectués sur 1.634 espèces de plantes et des observations à long terme de ces mêmes espèces dans la nature menées par une vingtaine d’institutions en Amérique du Nord, au Japon et en Australie.

La Floraison des cerisiers en avance

«Jusqu’ici, on partait du principe que des systèmes expérimentaux répondaient de la même manière que des systèmes naturels, mais ce n’est pas le cas», a expliqué dans un communiqué le co-auteur de l’étude, Benjamin Cook de l’Université Colombia de New York.

Les méthodes d’expérimentation pourraient être faussées car elles réduisent la lumière, le vent et l’humidité du sol, qui influencent la maturité saisonnière des plantes, ajoute l’étude.

Les chercheurs citent en exemple la floraison des cerisiers à Washington, aux Etats-Unis, et dont le premier jour ouvre traditionnellement une quinzaine de festivités, qui a avancé d’une semaine depuis les années 1970. (source AFP)

Le blé et le réchauffement climatique

Le réchauffement est la cause de la perte de production dans les grands pays producteurs. Après la canicule de la Russie en 2010, le problème devient structurel dans plusieurs zones et notamment en Inde et en France. Ce sont ces pays qui, avec la Russie, ont subi les plus grandes pertes de blé en volume du fait du réchauffement.

Le volume de blé perdu est équivalent à la production cumulée du Mexique et de la France, selon des chercheurs de l’Université de Stanford. Selon eux, le réchauffement climatique explique à lui seul une hausse des prix du blé et du maïs de 20 % depuis 1980.

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