Hyperloop, le train à ultra grande vitesse, avance plus vite que jamais

Né de l’imagination fertile de l’entrepreneur américain Elon Musk, patron de Tesla et de la firme aérospatiale SpaceX, ce train révolutionnaire, destiné à relier dans un premier temps Los Angeles et San Francisco à 640 km/h, a franchi une étape décisive ces jours-ci.

Hyperloop, le train à ultra grande vitesse, avance plus vite que jamais

Hyperloop, c’est un train supersonique futuriste tout droit sorti d’un rêve de gosse. En forme de capsule posée sur des coussins d’air, et transitant dans un tube à très basse pression, comme une version onirique des pneumatiques d’antan, il pourrait à terme rouler jusqu’à 1.300 km/h.

Quand on s’appelle Elon Musk, qu’on dirige deux sociétés florissantes, et qu’on veut sauver l’humanité de la disparition en lui permettant un jour de se relocaliser sur la planète Mars, on n’a pas forcément le temps de s’occuper d’une troisième société et d’une ligne de train entre Los Angeles et San Francisco. Et pourtant, son obsession est aussi de fournir des modes de transport alternatifs à l’avion et à la voiture à essence, moins polluants.

Hyperloop : plusieurs acteurs sur les starting blocks

La solution ? Lancer un appel à projets pour laisser d’autres réaliser ce rêve tout droit sorti d’une BD de super-héros : créer le train du futur qui pourra un jour rouler quasiment à la vitesse du son pour relier les grandes villes du monde. Le concept est développé depuis 2013 par deux start-up américaines,  Hyperloop Transportation Technologies (HTT) et Hyperloop One, entreprise cofondée par Brogan Bambrogan, ancien ingénieur de SpaceX. Signe du sérieux du concept, la SNCF mettait 80 millions de dollars sur la table fin 2015 pour financer cette dernière.

Une vitesse à donner le vertige, si ce n’est physiquement – puisque l’accélération ressentie sera similaire à celle d’un décollage d’avion -, du moins conceptuellement. Paris et Marseille ne seraient ainsi plus distants que de 40 minutes. Los Angeles et San Francisco d’une trentaine de minutes. Et Vienne et Budapest de 8 minutes, et ce dès 2020, puisque la Slovaquie a annoncé avoir signé en mars 2016 avec HTT un accord de développement pour une liaison Bratislava-Vienne-Budapest.

Premier test public réussi

Cette utopie en marche a pris un tournant décisif mercredi 11 mai avec le premier test public d’un système de propulsion, par la société Hyperloop One, également en concurrence pour développer la technologie.

Un projet « tellement 2e révolution industrielle » ?

Qui plus est, ce train serait énergétiquement très performant, puisqu’il consommerait beaucoup moins d’énergie au kilomètre parcouru, et serait même autosuffisant avec une couverture complète de l’infrastructure à l’aide de panneaux solaires, avancent ses promoteurs.

Mais, le projet « est-il vraiment de nature à répondre aux problématiques de mobilités auxquelles nous devons faire face dans le siècle à venir : pollution locale, gaz à effet de serre, congestion et desserte équilibrée du territoire », s’interroge Éric Vidalenc, spécialiste des questions énergétiques, qui dénonce un projet « tellement 2e révolution industrielle ».

La technologie elle-même, ainsi que la construction de nouvelles infrastructures ferroviaires qu’elle implique, soulèvent en effet de nombreux obstacles au développement d’un tel système. Éric Vidalenc souligne les problèmes liés au foncier, à l’exacerbation du vide entre les grandes métropoles, déjà créé dans les pays comme la France ayant privilégié le train à grand vitesse au réseau régional, et souligne que l’idée de couvrir les infrastructures de transport de panneaux solaires pourrait autant s’appliquer aux pistes cyclables ou aux voies de chemin de fer existantes.

Au-delà de l’enthousiasme des investisseurs et des médias, la prudence est donc pour l’instant encore de mise.