L’hydrogène, une solution parmi d’autres

Suite de notre point sur l’hydrogène comme vecteur d’avenir qui pourrait nous apporter une solution face à l’explosion annoncée des besoins énergétiques mondiaux.

L’hydrogène, un élément dans une palette de solutions énergétiques

Les applications de l’hydrogène sont multiples. On pense en général d’abord à l’automobile, du fait des nombreux prototypes mis en avant par les producteurs. Toutefois, de l’avis des spécialistes, c’est la voie la moins probable.

En effet, embarquer de l’hydrogène dans une voiture sans réduire ses performances et à coût égal à celui des technologies alternatives, mais surtout alimenter ces véhicules en hydrogène, représentent des défis de coût et technologiques difficilement surmontables.

Les applications séduisantes de l’hydrogène

D’autres applications de l’hydrogène sont beaucoup plus prometteuses, quoique faisant l’objet de moins de publicité.

  • Il s’agit notamment des applications stationnaires : des piles à combustible produisent déjà de l’électricité et de la chaleur pour des résidences particulières (notamment au Japon), des structures nécessitant une électricité très fiable (banques, serveurs informatiques, etc.), et dans l’industrie.
  • Des piles de petite taille sont déjà sur le marché pour certains appareils portables, type, prochainement, ordinateurs portables.

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Une filière hydrogène à soutenir

Comme l’expliquent Stephen Boucher et Thierry Alleau, président de l’AFH2, il faut encore un encouragement public pour faire émerger cette solution prometteuse :

“Les bénéfices de l’hydrogène ne seront pas visibles tant que l’on n’aura pas atteint une phase industrielle massive. Or, une diffusion large ne verra le jour que soutenue par une volonté politique très forte.

Si l’on ne s’en donne pas les moyens, les solutions permises par l’hydrogène resteront longtemps cantonnées à des domaines restreints. Elles risquent même de nous être imposées par d’autres pays au détriment de notre industrie.”

Taxer les émissions de gaz à effet de serre

Cités dans un article de La Tribune, ces experts ajoutent :

“Que faire ? Il faut d’abord taxer les émissions de gaz à effet de serre. (…) Une telle taxation facilitera la production d’hydrogène accompagnée d’une séquestration sûre du carbone ou à partir d’électricité renouvelable ou nucléaire.

L’État doit ensuite augmenter les fonds alloués à l’innovation énergétique et diversifier leur distribution. Enfin, il faut dynamiser la politique industrielle française de l’hydrogène, sans exclure des usages qui ne sont pas nécessairement associés à la pile à combustible, comme son insertion progressive dans le gaz naturel.

Non, l’hydrogène n’est pas la réponse universelle à tous nos besoins énergétiques. Mais il fera partie du bouquet des solutions comme vecteur, en complément de l’électricité et des biocarburants.”

La pile à combustible

Conçue il y a près de 170 ans, la PAC convertit l’énergie chimique en énergie électrique à partir de l’hydrogène, selon le principe inverse de celui de l’électrolyse.

Avantage : la pile ne rejette que de l’eau et ne pollue donc pas. Inconvénient : dans les faits, malgré son utilisation par les astronautes et les expériences de DaimlerChrysler par exemple, le prix du dispositif reste élevé en raison des composants utilisés, notamment certains métaux rares.

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