L’écologie autour du monde

La nécessité de protéger l’environnement afin de préserver les générations futures est aujourd’hui un fait quasi acquis dans l’opinion. Tandis que M.Sarkozy donne le ton en lançant le Grenelle de l’environnement, qu’en est-il du reste du monde ? faisons un petit tour du monde écolo…

L’Afrique en vert, est-ce possible ?

L’Afrique lutte contre bon nombre de fléaux tels que la pauvreté, la famine, les épidémies mais aussi la guerre. Les préoccupations des pays développés en ce qui concerne les gaz à effets de serre peut représenter une opportunité très interessante pour le Gabon, le Congo ou encore la RDC dont les territoires sont occupés par d’immenses forêts équatoriales. Celles-ci constituent d’énormes puits à carbone qui devraient bientôt avoir beaucoup de valeur et devenir des ressources naturelles au même titre que le gaz ou le pétrole.

En effet, d’une exceptionnelle valeur écologique, les forêts du Congo abritent 270 espèces de mammifères, dont 39 endémiques.  Trois de nos cousins génétiques : le gorille, le chimpanzé et le bonobo qui dépendent  de ces forêts pour leur survie.  Les forêts du Congo abritent également de splendides animaux tels que l’okapi et le paon du Congo, que l’on ne trouve nulle part ailleurs.                                            un okapi

On y trouve aussi de nombreux buffles de forêt, de rares antilopes bongo et de grands troupeaux d’éléphants de forêt.  On y a recensé près de 10.000 espèces de plantes, dont 3.300 uniques à la région. Les forêts du Congo revêtent également une importance capitale dans le cadre de la protection du climat au niveau mondial. 

Les forêts tropicales

Les forêts tropicales africaines formaient auparavant une ceinture verte continue traversant l’Afrique du Sénégal à l’Ouganda.  Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.  Pour les forêts restantes encore largement intactes, l’exploitation industrielle du bois est une des plus grandes menaces, rendant l’avenir des peuples et animaux qui y vivent, ainsi que celui du climat planétaire, incertains… 

En stockant le gaz carbonique, les grandes forêts participent activement à la lutte contre le réchauffement climatique. Ces pays auront donc la vendre leurs droits à polluer sur la future bourse mondiale du carbone. Par ailleurs,  il est bien malaisé de s’y retrouver entre les multiples groupes, groupuscules et personnes qui prétendent représenter l’écologie politique et l’écologie tout court sur le continent africain pour l’instant.

La Chine et l’écologie, une combinaison délicate…

Avec une croissance annuelle autour des 10 %, la Chine affiche une réussite économique désarmante. Au détriment de l’environnement affirment ses détracteurs. L’OCDE a d’ailleurs rappelé le pays à l’ordre. Nicolas Sarkozy a pour sa part insisté sur le fait qu’il souhaitait instaurer une « taxe carbone » sur les importations des pays ne respectant pas le protocole de Kyoto.                                                                               pollution en Chine

La Chine où les scandales écologiques se multiplient. Désertification, pollution des rivières, gaz à effets de serre… la facture du développement est déjà salée. Toutefois, Le gouvernement central est en train d’instaurer un système de responsabilité sous lequel les carrières des fonctionnaires seront étroitement liées à leurs performances dans le domaine de la protection de l’environnement et de l’efficacité énergétique (économie d’énergie).pollution en Chine

La Chine se met à l’écologie

L’objectif est de conduire le pays vers une croissance économique plus écologique. Ainsi la Chine a pour ambitions de réduire sa consommation d’énergie par unité du PIB de 20 % et ses émissions de polluants de 10 % d’ici 2010. Cependant, "Les gouvernements locaux éprouvent d’énormes difficultés à économiser l’énergie", a déclaré Huang Shengchu, directeur de l’Institut chinois d’information sur le charbon, affilié à la Direction d’Etat des conditions de sécurité au travail.

L’investissement du Brésil dans l’écologie compromis

En matière de protection de l’environnement, le Brésil a longtemps été montré du doigt en raison de la déforestation en Amazonie, érigée en symbole de la destruction de la planète. Le sujet, très à la mode dans les années 80 et 90, a depuis été un peu mis de côté au profit du réchauffement climatique. Actuellement, quand les médias mentionnent le Brésil, c’est pour mettre l’accent sur les biocarburants.

L’éthanol, source de déforestation

Fin 2005, l’éthanol produit à partir de la canne à sucre, représentait 40 % des carburants consommés dans le pays. Revers de la médaille, l’augmentation du prix des terres, l’abandon des autres cultures au profit de la canne à sucre, et la continuité de la déforestation.

Que va donc devenir l’Amazonie brésilienne, la plus grande forêt tropicale du monde, qui renferme 25 % des espèces végétales et animales de la planète ? ? Pour l’instant son avenir est incertain. Et ça ne risque pas de s’améliorer, notamment avec la démission de la ministre de l’Environnement brésilienne Marina Silva, celle que Greenpeace surnommait “l’ange gardien de l’écologie”.                                                            Marina Silva

Pour le vice-président du groupe écologiste Conservation internationale, José Maria Cardoso, la sortie de Mme Silva est "un désastre pour le gouvernement", ajoutant que "si le Brésil avait une crédibilité mondiale en matière d’environnement c’était grâce à elle."

C’est l’actuel secrétaire à l’Environnement de l’Etat de Rio, l’écologiste Carlos Minc, qui succédera à Mme Silva. Il possède une bonne réputation parmi les écologistes mais il a été critiqué récemment pour ne pas avoir été très scrupuleux lors de l’octroi d’autorisations pour la construction de travaux d’infrastructure à Rio.

Les scandinaves : pionniers en la matière

La conscience écologique s’est incontestablement développée dans le nord de l’Europe dans les années 60. Aujourd’hui encore, les pays scandinaves font figure de pionniers dans le domaine. Bien qu’elle se place sur la liste des dix plus gros producteurs de pétrole, la Norvège a depuis longtemps privilégié les énergies renouvelables.

  • 98 % de l’électricité consommée dans le pays est ainsi d’origine hydraulique.

Avec une réduction de près d’un quart de ses émissions de dioxyde de carbone par habitant, la ville de Växjö en Suède vient de remporter le prix Énergie durable pour l’Europe pour son action environnementale. Les stations d’épuration municipales produisent du biogaz, l’université est chauffée aux pellets (des granules de sciure de bois compressée ) et la piscine de la ville est surmontée de panneaux solaires.

En Scandinavie, l’écologie n’est pas qu’un concept, mais un mode de vie. Les entreprises et les politiques affluent actuellement du monde entier pour s’inspirer de l’expérience de Växjö. La plupart des visiteurs viennent du Japon et de Chine , ils sont interessés par les bioénergies en ville, les actions menées contre le changement climatique au niveau local et comment la coopérati on s’établit avec les entreprises et l’université. Suède

La ville accueille environ une délégation par semaine, et la municipalité a engagé une personne spécialement chargée de gérer les visites. Par ailleurs, Des efforts ont été accomplis pour rendre les transports urbains plus écologiques. Une compagnie de taxis a obtenu des aides publiques pour effectuer des innovations technologiques qui ont fait baisser de 20 pour cent sa consommation de carburant.

Les Etats-Unis, entre nature et pollution

Les Etas-Unis sont aujourd’hui le principal émetteur de gaz à effet de serre, à hauteur de 25 %, et sont reconnus pour leur mode de vie peu respectueux de l’environnement.Toutefois, nous assistons probablement à un tournant essentiel dans les rapports qu’ils entretiennent avec la préservation de l’environnement et la mise en valeur du territoire. La capacité de la terre à supporter l’American way of life est plus que jamais remise en question.

La première puissance mondiale est ainsi mise au défi du développement durable. Etonnant dans un pays pourtant plus réputé pour son goût de la climatisation à outrance et des pick-up gros consommateurs d’essence, que pour sa politique environnementale.                                                             pollution à New York

De plus, le monde politique et le milieu des affaires évoquent beaucoup en ce moment un sujet explosif : le réchauffement climatique. Les Etats-Unis sont, certes, un très gros pollueur, mais aussi un pays dont la culture est largement imprégnée du sentiment d’espace et de nature sauvage, la wilderness, qui a fait le bonheur des premiers colons. L’environnementalisme est d’ailleurs né outre-Atlantique et les approches américaines en matière d’environnement ont influencé l’écologie politique en Europe et dans le monde. Mais alors, quelles sont donc les perspectives d’avenir dans un pays où le principe de prudence est significativement refusé ?

Article rédigé par Elwina, juillet 2008