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Castorama, un distributeur passe au vert

Le développement durable chez Castorama

L’engagement Développement durable de Casto est-il un effet de mode ou une réalité …durable ? L’intérêt croissant porté au développement durable et à l’écologie par les entreprises peut s’expliquer par l’intérêt et la préoccupation
grandissante sur les questions relatives à la santé ou à l’environnement.

Par
ailleurs, dans un contexte de concurrence intense entre les distributeurs, la multiplication des affaires à scandale et des fautes professionnelles entraîne une réelle méfiance des consommateurs. (cf. Entreprises et ecologie : cynisme commercial ou engagement sincere ?
)

Les enjeux sont d’importance puisque différentes études sur les
consommateurs ont montré que si une entreprise manque gravement à ses
obligations sociales et environnementales, 62,7 % des consommateurs seraient prêts à éviter d’acheter ses produits (étude CREDOC, 2001).

Les
distributeurs, particulièrement attentifs à cette crise de confiance,
ont été donc progressivement amenés à rétablir un réel lien de
confiance avec les consommateurs. En outre, de nouvelles fonctions ont
fait leur apparition au sein de ces enseignes comme celle de directeur
de l’environnement, de responsable du développement durable, ou de
responsable import et éthique sociale.

C’est dans ce contexte qu’a ainsi été créée en 2004 la Direction du développement durable chez Castorama, distributeur leader de l’habitat en France. consoGlobe a rencontré Bruno De La Chesnais, à la tête de la direction du développement durable de Castorama France avant 2008.

En mars 2006, Castorama franchit un nouveau pas en faveur de l’écologie et du développement durable en signant
un partenariat de 3 ans avec le WWF
(World
Wide Fund For Nature), la plus grande organisation indépendante de
protection de la nature au monde, avec quelque 5 millions de membres. A
première vue, on peut s’interroger sur la véritable nature de ce
partenariat et se demander s’il s’agit du résultat d’une mode passagère
ou bien si cela correspond à une véritable intégration du développement
durable. Mais, comme cette démarche apparaît comme nécessairement
stratégique pour l’enseigne, elle suppose un engagement fort de ses
dirigeants devant répondre aux attentes du WWF.
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Castorama en "mission" avec le WWF

Castorama s’est lancé le défi de faire évoluer ses produits et
ses propres pratiques à travers trois des grandes "missions"
développées par le WWF depuis septembre 1961, date de sa création :

  • La lutte contre la déforestation et l’exploitation illégale du bois ( mission "Forêts")
  • La réduction des produits toxiques ( mission "Pollutions chimiques")
  • La gestion d’énergie, que ce soit dans leurs propres produits, mais
    aussi dans la gestion des magasins et dans le choix des modes de
    transports ( mission "Changement climatique")

Ces 3 "missions " font partie des thèmes d’action prioritaires du WWF parmi 5 autres :

  • "Modes de vie durables" : faire face à la diminution spectaculaire et rapide de 30 % en 30 ans des ressources naturelles de la planète
  • "Outre-Mer " : contribuer à la conservation du patrimoine naturel guyanais.
  • "Espèces menacées" : contribuer à la conservation des
    habitats dans les 235 écorégions du monde. Le WWF à l’ambition de
    conserver plus de 85 % de la diversité biologique sur terre.
  • "Eaux douces" : faire face à la pollution des rivières
    et des fleuves, empêcher la disparition des zones humides (lacs,
    étangs, marais, tourbières, vallées alluviales, mares… ).
  • "Océans et côtes" : préserver les formes de vie
    marine.
    Le sceau du panda, logo du WWF, sur certains produits représente un
    enjeu d’image pour Castorama. Plus largement, son partenariat avec le
    WWF lui permet d’acquérir un véritable savoir-faire dans les 3 domaines
    d’intervention (réduction des produits toxiques, maîtrise de la
    consommation d’énergie, préservation des forêts).

Des nouveaux produits écologiques ont été développés : plus de 1500 articles portent le label du WWF, suite à des contrôles d’organismes indépendants, certifiant leurs bénéfices environnementaux.

"Casto pour ma planète" : la nouvelle marque "verte"

Cette coopération récente a déjà porté ses fruits et a débouché sur le lancement d’une nouvelle marque "Casto pour ma planète" ,
avec toute une gamme de produits destinés à réduire sa consommation
d’énergie et avec différentes certifications selon leur nature (voir l’annuaire des labels).

A
chacune des 3 principales missions développées par le WWF et pour
lesquelles s’est engagé Castorama correspondent un ou plusieurs
produits-phares dont les différentes certifications : FSC pour les bois tropicaux, l’ écolabel européen
pour les peintures et nettoyants, ou encore la classe A pour les
produits type ampoules, chauffe-eau, et tous les produits à énergie
renouvelable.
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Economiser l’énergie avec Casto pour ma Planète

Le produit le plus emblématique de cette nouvelle marque est le lampadaire "écofluo".

Ce premier lampadaire à économie d’énergie serait en effet LE
produit destiné à remplacer l’halogène nous confiait ainsi De La
Chesnais : «vous avez autant de lumière (300 Watt) mais une
consommation de 65 Watt ! De plus, ce lampadaire possède un curseur qui
non seulement réduit la luminosité mais aussi la consommation d’énergie
ce qui n’est pas le cas d’un halogène "normal". C’est vraiment un
produit révolutionnaire qui peut faire faire des économies
considérables !».

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Le lampadaire qui éclaire 300 W mais consomme 60

Des ampoules plus économes

Si cet écolampadaire est devenu le produit "phare" dans le domaine de la gestion d’énergie, il s’accompagne de 100 modèles d’ ampoules économiques ou flucompacte de classe énergétique A, c’est-à-dire qui permettent d’économiser 80 % de consommation d’énergie en consommant 5 fois moins.

Promouvoir la gestion durable du bois. Non au bois illégal

Pour la préservation de la forêt, Castorama travaille avec le WWF sous
un angle plus large que la simple certification FSC, incluant tout un
projet social autour de leurs achats en bois. Développer la filière certifiée FSC,
reconnue par le WWF comme le système de certification du bois le plus
fiable au niveau mondial, est ainsi devenu l’objectif de Castorama.

Il
s’agit de promouvoir une gestion des forêts du globe qui soit
environnementalement responsable, socialement bénéfique et
économiquement viable en établissant une série de principes déclinée en
plus de 50 critères de gestion forestière :

  • Les fournisseurs doivent s’engager et signer un document de 6 pages où
    il y a une obligation de certification interne, un respect des listes
    d’essences menacées qui sont à la CITES (Convention sur le commerce
    international des espèces de faune et de flore sauvages menacées
    d’extinction).
  • Il appartient aux fournisseurs de demander la certification : il doit acheter du bois certifié, faire certifier son usine
  • Castorama a à sa disposition un numéro de certification qui figure sur
    tous les documents de transport et de facturation : c’est toute la
    chaîne de traçabilité du produit en bois qui est certifiée à toutes les
    étapes.
  • Tout est contrôlé par des organismes accrédités qui ont un agrément
    pour mener à bien ces certifications et émettre des rapports,
    disponibles en ligne sur le net, où on peut vérifier la validité de la
    certification : la transparence est sensée être totale.

100 % de bois FSC : mission impossible ?

Pour cette "mission FSC", le produit phare est le mobilier en teck,
en raison, non seulement de la durée de vie de cet arbre, mais aussi de
son impact sur le bien-être social et économique des communautés
locales, permettant de faire vivre beaucoup de gens sur place,
notamment en Indonésie. Ainsi un accord a été passé avec 4 concessions
de plantation de teck qui se sont engagées à obtenir le label FSC : 2
d’entre elles l’ont obtenu, les autres ont pour l’instant le contrôle
du TFT (Tropical Forest Trust).

  • «Ce type de projet
    est pris en main par le gouvernement indonésien, qui, voyant que
    c’était possible, a transféré la propriété de ses concessions à des
    communautés locales de façon à ce que, sur place, les personnes soient
    encore plus responsabilisées sur la réussite de ce projet : abattre de
    manière illégale un arbre en teck est l’équivalent d’un an de salaire.
    Faire certifier des concessions entières, c’est réellement motiver les
    populations locales, avoir un niveau de salaire sur place qui permet
    aux gens de se rendre compte de l’intérêt à respecter la forêt. Suivre
    le projet du FSC sur place, c’est donner les moyens d’une formation, de
    replanter sur place »
    se réjouit M. De La Chesnais.

Prochain projet d’envergure : réussir la même chose avec le mambo,
avec pour objectif de certifier 100 % du cubage (volume de bois) vendu à
la clientèle , contre 67 % actuellement. Aujourd’hui, l’entreprise peut
déjà se vanter que 100 % de son mobilier de jardin soit certifié FSC ou
soit contrôlé par le TFT, qui est une "marche" vers le FSC. Cela fait
donne à Casto le privilège d’être « la seule entreprise depuis 2005 à avoir 100 % une gamme qui soit FSC ou TFT dans ce secteur », selon M. De La Chesnais.

A lire, nos articles :

Réduire les produits toxiques : objectif santé

Troisième mission pour "Casto" : la réduction des produits toxiques. Et
là encore, Castorama détient son produit emblématique avec les
peintures de la marque Colours qui est une marque exclusive, sélectionnée et déposée par Casto. Toutes ces peintures ont ainsi l’écolabel européen qui garantit que la teneur en solvant est inférieure à un certain niveau (75 g/l en 2007).
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Avec Colours, la teneur en solvant, nocif pour la santé, est 5 fois
inférieure à la norme actuelle et 3 fois inférieure à la réglementation
de 2010 :
«nous sommes dans les teneurs les plus faibles en dehors des peintures
100 % naturelles. Sur le volume que nous vendons sur une année pleine,
nous avons ainsi économisé 100 tonnes de solvant évaporé en choisissant
cet écolabel »
expliquait Bruno De La Chesnais

«Pour
nous, il est important d’apporter des produits qui préservent la santé
de nos clients. Nous choisissons des critères vérifiés par des sociétés
externes et nous faisons le maximum pour que ceux-ci figurent dans le
cahier des charges des produits les plus vendus en magasin. Notre
approche est en effet de démarrer par les meilleures ventes plutôt que
d’appliquer ces critères sur des produits haute gamme. Notre démarche
est de dire : ces critères ont une véritable valeur pour la santé ou
pour la préservation de la nature. Soit c’est plus cher, mais on se
rattrape sur le coût à l’usage. Soit c’est au même prix que le produit
standard : c’est ce que nous faisons sur tout nos produits en bois
certifiés FSC, PEFC ou contrôlés par le TFT»
.

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