Biocarburants. L’enfer est-il pavé de bonnes intentions ?
Si on prend en compte d’autres critères comme l’émission de gaz à effet de serre par kilomètre parcouru, on voit que les gains apportés par les biocarburants sont assez médiocres et parfois plus que mitigés. Par exemple, rouler en biodiesel émet plus d’oxyde d’azote que rouler à l’essence.
Zoom : l‘éthanol est un biocarburant pollueur !
Une récente étude de Stanford University montre que l’éthanol – fabriqué avec du maïs, de canne ou de betterave – est mauvais pour les poumons.
Certes, l’éthanol est un biocarburant qui dégage moins de gaz à effet de serre et moins de benzène que l’essence, mais il produit beaucoup plus d’un composé organique volatil (COV), qui est une des causes du smog et de la formation d’ozone : l’acétaldéhyde.
Si toutes les voitures utilisaient du super éthanol E85 d’ici à 2020 aux Etats-Unis, la surmortalité engendrée serait de 4%, due à la recrudescence des problèmes respiratoires liées à la pollution atmosphérique…
Réjouissant…
La suite : passer aux biocarburants de 2ème génération






il est courant d’entendre qu’utiliser un bio carburant serait favorable à l’environnement, c’est-à-dire que ce carburant ne rejetterait pas de CO2 ou ne polluerait pas… Selon moi, cette présentation du problème relève de la DESINFORMATION et présente des effets pervers
Je rappelle que le charbon et le pétrole sont à l’origine de la biomasse (âgée de plusieurs dizaines de millions d’années) qui s’est transformée de façon tout à fait naturelle (sans l’intervention de l’homme qui n’existait pas encore!!!) je vous conseille de lire l’article concernant le « kérogène » sur wikipédia. ensuite vous conclurez comme moi que : Il n’y a pas plus « bio » que le pétrole ou le charbon !
Je suis né dans le bassin minier quand celui-ci était encore en exploitation. Comme tous les enfants d’alors j’ai pu admirer les magnifiques fossiles visibles sur les pierres rapportées du fond par les mineurs où l’on pouvait voir l’empreinte de troncs d’arbre, de fougères… C’était la preuve éclatante que le charbon n’était que le résultat de la transformation de toute cette végétation.
Un produit « bio » comme le pétrole peut causer des catastrophes écologiques. Les 800 mille tonnes de pétrole qui se sont répandues dans le golfe du Mexique en sont la preuve. Mais si au lieu de pétrole il y avait eu une fuite de même volume d’huile d’olive « bio » de 1ére qualité, les conséquences n’auraient guère été différentes pour l’environnement!
Quand on brule du pétrole (ou un dérivé du pétrole) on va produire du CO2 dont le carbone (C) était à l’origine dans du plancton ou des micro-algues…
Idem pour le charbon, le carbone du CO2 que l’on rejette appartenait aux végétaux (composés essentiellement de cellulose) qui se sont ensuite retrouvés enfouis sous terre.
Il n’y a aucune différence entre ce CO2 (issu du charbon ou du pétrole) et le CO2 rejeté par un moteur utilisant du bio éthanol ou de l’huile de colza (ou même de l’huile usagée de friture des Fish & Chips comme le préconisait il y a peu le maire de Londres)
le vrai problème c’est la réduction de la consommation des dits carburants. Il ne faut surtout pas donner bonne conscience aux utilisateurs de biocarburants sous prétexte qu’ils font un geste pour la protection de la nature! ils seraient bien capables d’en consommer encore plus pour recevoir à nouveau des compliments!!!
Il y a 4 ou 5 ans j’avais vu dans une station de sport d’hiver (Alpe d’Huez) un énorme et magnifique 4×4 (à vue de nez son moteur devait développer plusieurs centaines de chevaux)qui arborait à l’arrière le slogan : « je roule propre au bio éthanol » voici un des exemples des effets pervers du discours actuel sur les biocarburants.
BONJOUR AVEZ VOUS DES HUILES USAGEES ?
Comme le monde et son équilibre fragile, le débat autour du choix énergétique est nécessairement complexe (ne cherchons donc pas des solutions simples car elles n’existent pas). En conséquence, il convient tout d’abord de reconnaître que l’homme dépend des différentes sources d’énergie, notamment des carburants, même si à l’avenir l’utilisation de ces derniers devrait faire l’objet de beaucoup plus de parcimonie. A propos de l’éthanol, il est vrai que sa densité énergétique est moindre que celui de l’essence. Cependant, cette caractéristique n’est pas aussi négative que certains semblent dire car l’efficacité thermique est meilleure. Par contre, il est vrai de dire que l’éthanol de première génération ne constitue pas la bonne solution car il utilise comme matière première les denrées alimentaire et les terres agricoles. Il est aussi vrai de dire que la deuxième génération serait sans doute meilleure. A ce propos, l’idée (émise par ecolo)que la distillation annule les économies en CO2 par une dépense démesurée d’énergie s’avère en pratique fausse car d’une part l’éthanol (biocarburant) est utilisé à 85%. Or c’est la production d’éthanol anhydre (sans eau) qui est le plus coûteuse en énergie. Aussi, il est très important de noter que l’énergie utilisée pour fabriquer de l’éthanol , notamment au Brésil provient des résidus de la canne. En effet,la bagasse est utilisée comme combustible pour générer de la chaleur et de l’électricité. Généralement, les usines de bioéthanol brésiliennes sont même exportatrices d’énergie. Il en sera sans doute de même pour l’éthanol deuxième génération, car la cellulose (source de glucose et donc de l’éthanol) sera utilisée pour fabriquer le carburant, alors que les autres composants de la matière végétale (environ 50% de la plante) pourront être utilisés pour faire de l’énergie (ou autre chose). Enfin, je voudrais préciser que même si à l’avenir l’éthanol ne s’avérait pas être le bon choix de bio ou agrocarburant (c’est de la sémantique pure) les technologies qui sont en voie de développement, qui visent la transformation de la matière végétale non-alimentaire en produits divers, resteront car les ressources végétales constituent la seule matière renouvelable à la fois source d’énergie et de carbone.