Agriculture urbaine et biodéchets : 100 nouveaux ha de vert à Paris

A la suite de la COP21, la Ville de Paris lance plusieurs initiatives concrètes en faveur de la protection de l’environnement sur son territoire. La Ville a deux grandes ambitions : végétaliser et ouvrir à l’agriculture urbaine 100 hectares de terrains et expérimenter la collecte sélective des biodéchets dans deux arrondissements.

Agriculture urbaine et biodéchets : 100 nouveaux ha de vert à Paris

Avec ses 5,8 m² d’espaces verts par habitant, Paris fait pâle figure par rapport à ses voisines : dix fois plus d’espaces verts à Bruxelles, et cinquante fois plus à Rome. Pour pallier à ce manque et lutter contre le changement climatique, la Ville a lancé dans la lignée de la COP21 un appel à projets visant à végétaliser cent hectares de surface d’ici 2020.

Il s’agit de végétaliser et d’ouvrir à l’agriculture urbaine des espaces – publics ou privés – avec l’aide de partenaires qui disposent de foncier ou qui souhaitent monter un projet.

Paris agriculture urbaine

© Lu Mikhaylova / Shutterstock.com – Paris

« Tous Paris-culteurs » : un appel à projet pour végétaliser Paris

La Ville a appelé 33 partenaires à signer la charte « Objectif 100 hectares » visant à identifier 40 espaces à végétaliser ou à planter : toits, murs, surfaces au sol… Les partenaires identifiés sont des bailleurs ou des entreprises comme la RATP ou Monoprix qui mettent du foncier à disposition. Ils s’associent avec des entrepreneurs, associations, architectes ou artistes pour créer des projets novateurs visant à rendre Paris plus verte.

Plusieurs techniques seront mises en oeuvre pour utiliser au mieux les espaces disponibles, comme l’aquaponie, la permaculture ou la culture en bacs.

La végétalisation a une vraie utilité dans la lutte contre le réchauffement climatique : elle apporte un confort important en matière thermique dans une ville, et puis elle participe au maintien de la biodiversité.
Pénélope Komitès dans une interview au Parisien

 

Les nouveaux « Paris-culteurs » devront respecter des engagements minimaux de préservation de l’environnement : un espace « zéro-phyto », sans aucun pesticide, et une utilisation raisonnée de l’eau.

Les projets seront sélectionnés en septembre et les premières réalisations devraient voir le jour dans le courant de l’année prochaine.

Les biodéchets alimentaires collectés en pied d’immeuble

Une autre mesure novatrice de la Ville de Paris est l‘expérimentation du tri des biodéchets en pied d’immeuble dans les 2e et 12e arrondissements. Une opération qui allègerait les poubelles, puisque les biodéchets (restes alimentaires, plantes fanées…) représentent 20 % du poids des déchets d’un ménage.

Ces déchets organiques pourraient très bien être compostés ou valorisés, mais la logistique est difficile à mettre en place dans les grandes agglomérations et il est aujourd’hui encore compliqué de composter ses restes à Paris. Il existe des composts collectifs dans certaines résidences, écoles ou jardins partagés, mais ceux-ci sont généralement privés ou difficiles d’accès.

Pas facile non plus de garder des déchets qui commencent à sentir vite lorsqu’ils fermentent, dans les petits espaces que sont les appartements parisiens.

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© KaliAntye / Shutterstock.com – Biodéchets

Dans le cadre de cette expérimentation, les habitants des 2e et 12e arrondissements vont donc bénéficier d’un container en plus au pied de leurs immeubles. À terme, la Ville va également installer des bornes d’apports volontaires baptisées Trilib, où les Parisiens pourront amener leurs autres déchets à trier, afin de libérer de l’espace dans les immeubles.

Les biodéchets collectés seront compostés ou méthanisés pour en faire du biogaz, destiné par exemple à faire rouler les bennes à ordures de la collectivité.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du plan zéro déchet de la Ville, qui vise à trier en amont les trois-quarts de la poubelle des Parisiens. Les mesures en faveur de l’économie circulaire à Paris vont aussi dans ce sens. Ce plan a déjà porté ses fruits, puisque le volume de déchets a baissé de 7 % en cinq ans.(1)

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