Comment vivre en ville durablement ? La conférence Habitat III

Du 17 au 20 octobre se tient à Quito, en Equateur, la conférence habitat III qui doit fixer un nouvel agenda pour le développement durable des villes. Un enjeu majeur quand on sait que plus de la moitié de la population mondiale habite en ville.

Rédigé par Charlie Trisse, le 18 Oct 2016, à 16 h 18 min

Selon les estimations de l’ONU, 56 % de la population mondiale vivait en milieu urbain en 2015. Ce chiffre devrait atteindre 60 % en 2030 et 70 % en 2050, alors qu’il n’était que de 10 % au début du XXe siècle. Vivre en ville représente aujourd’hui un défi mondial dont se sont emparés les représentants de la Conférence Habitat III, la troisième conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable, qui se déroule du 17 au 20 octobre à Quito, en Équateur.

ville quito

Quito, siège de la conférence Habitat III

Un nouvel agenda urbain mondial fixé à Quito

Moteurs de croissance, les villes rassemblent les antagonismes : précarités et richesses, inégalités sociales, pollutions environnementales et végétalisation…

« Le développement urbain durable : l’avenir de l’urbanisation ? »

C’est le thème sur lequel vont travailler les dirigeants des pays des 190 nations de l’ONU durant trois jours. Vingt ans après la conférence Habitat II à Istanbul, Habitat III constitue un événement majeur sur la problématique des villes, dans un contexte marqué par les nouveaux défis de l’urbanisation et les opportunités offertes pour la mise en oeuvre des objectifs de développement durable.

En 2030, le nombre de citadins aura triplé et environ 60 % de l’humanité habitera en ville. Une quinzaine de nouvelles mégalopoles, dont la population dépassera les 10 millions d’habitants, émergeront. Cette croissance exponentielle du phénomène urbain met les élus locaux devant un défi de taille : assurer un service public pour l’ensemble d’une population toujours plus nombreuse, avec des moyens généralement en baisse, tout en leur assurant un confort de vie digne.

Aujourd’hui, près d’un milliard de personnes vivent dans des logements indignes et les inégalités sont encore très marquées dans de nombreux pays et dans de très nombreuses villes
Joan Clos, directeur exécutif d'ONU Habitat

Cet enjeu s’accompagne d’un changement de mentalité en faveur de villes plus vertes. La COP 21 a permis la mise en lumière de cette problématique révélant que les villes sont responsables de près de 75 % des émissions de carbone, elles ont donc un rôle primordial à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique et dans le changement des comportements sociaux et environnementaux.

C’est dans ce cadre d’une volonté d’un retour de la nature en ville qu’a été pensé l’avenir de l’urbanisation, en particulier dans les pays développés.

Quels objectifs de la Conférence Habitat III ?

En septembre 2015, 17 Objectifs du Développement Durable (ODD) ont été adoptés à l’ONU. L’ODD 11 des Nations Unies, dédié aux villes et aux collectivités durables, rappelle qu’il est essentiel de « faire en sorte que les villes soient ouvertes à tous, sûres, résilientes et durables ». Prenant en compte ces engagements et l’accord de Paris, la France, co-présidente de la conférence avec l’Équateur, entend défendre trois priorités lors de cette conférence mondiale :

  • lutter contre l’exclusion urbaine,
  • favoriser la transition énergétique et écologique,
  • oeuvrer à une coproduction de la ville entre tous les acteurs de l’urbain.

La question du logement

La création et l’engagement des pays autour d’un tel agenda à l’image de la COP21 est symbolique et constitue une avancée majeure pour les villes. L’adoption d’un accord établira le nouvel agenda urbain mondial fixant le cadre international pour les vingt prochaines années.

En effet, « aujourd’hui, près d’un milliard de personnes vivent dans des logements indignes et les inégalités sont encore très marquées dans de nombreux pays et dans de très nombreuses villes » s’inquiète dans Le Monde le directeur exécutif d’ONU Habitat, Joan Clos.

habitat III, Taïwan, centre urbain, mégalopole

Cependant, des actions concrètes doivent suivre ces bonnes volontés pour une réelle gestion urbaine. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, en 2012 avertissait déjà de l’importance de l’implication nécessaire des villes pour le climat : « notre lutte pour une durabilité mondiale sera gagnée ou perdue dans les villes ».

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Titulaire d'un master 2 en "Journalisme et communication à l'international" de Sciences Po Aix et disposant d'un bachelor en "Relations Internationales" de...

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