Les véhicules bas carbone, prochain moteur de la croissance française

Rédigé par Stephen Boucher, le 26 Nov 2015, à 11 h 20 min

Le déploiement intelligent des technologies automobiles bas carbone pourrait générer 0,2 % de croissance économique, créer 66.000 emplois supplémentaires d’ici à 2030, et alléger la facture pétrolière de 5,9 milliards d’euros par an en 2030. C’est ce que démontre une nouvelle étude « En route pour un transport durable » publiée hier et réalisée par un consortium d’entreprises et d’ONGs françaises et européennes. Les voitures propres sont une opportunité pour la France.

Véhicules bas carbone : moins 40 % d’émissions de gaz à effet de serre en 2030 en France

La transition vers une mobilité alimentée par une part croissante d’électricité, par exemple d’origine renouvelable, et d’hydrogène produites localement apporterait d’importants bénéfices économiques en France, conclue l’analyse technique réalisée par Element Energy, Artelys et Cambridge Econometrics.

Selon Jean-Philippe Hermine, Directeur Stratégie et Plan Environnement du Groupe Renault, qui fait partie du consortium qui a présidé aux analyses : « Les résultats de cette étude confortent la stratégie de Renault, premier constructeur européen à avoir investi dans le véhicule électrique. C’est une solution de mobilité durable accessible à tous, aujourd’hui. Les 280.000 véhicules électriques en circulation produits par l’Alliance Renault-Nissan contribuent déjà à l’amélioration de la qualité de l’air et de la qualité de vie dans nos villes. L’empreinte carbone du véhicule électrique, déjà faible en France, se réduira encore avec le développement en marche des énergies renouvelables ».

L’empreinte carbone du véhicule électrique, déjà faible en France, se réduira encore avec le développement en marche des énergies renouvelables.
Jean-Philippe Hermine, Renault

 

Le potentiel des voitures bas carbone pour la France : les points clés

Après plusieurs mois d’analyses et d’échanges, le projet a démontré que la transition vers une mobilité à faibles émissions de carbone, dans lequel les émissions de gaz à effet de serre des véhicules sont réduits à 45g/km d’ici 2030 permet de générer d’importants co-bénéfices économiques, créant des emplois dans l’innovation technologique, tout en réduisant notre dépendance au pétrole :

  • En France, l’automobiliste français dépense en moyenne 1191 euros par an en carburant. D’ici à 2030, utiliser un nouveau véhicule thermique ou hybride plus efficace énergétiquement coûterait à l’année 591 euros de moins que pour un véhicule moyen d’aujourd’hui. Des économies plus importantes peuvent être réalisées avec les nouveaux véhicules électriques et hydrogène de gamme similaire : environ 1008 euros par an et par automobiliste sur les dépenses dédiées à la voiture.
véhicules bas car one

Impacts économiques d’un scénario bas-carbone © Rapport “En route pour un transport durable”, nov.2015. Source : EEA, Cambridge Econometrics

  • Le tout permettrait d’alléger la facture française en carburants de 12,4 milliards d’euros sur l’ensemble du parc automobile léger en 2030. Ce qui permettrait d’importer pour 5,9 milliards d’euros de mois de carburants fossiles par an en 2030.
  • Seront ainsi créés, principalement dans le secteur automobile, entre 66.000 et 71.000 nouveaux emplois en France d’ici à 2030.
  • On réduit en parallèle nos émissions de gaz à effet de serre dus aux véhicules particuliers en 2030 de 40 % pour le CO2 et de 72 % pour le NOx. On réduit quasi à néant les émissions de particules polluantes : moins 92 % !
  • En parallèle, le coût des véhicules particuliers bas carbone augmente : dans le scénario de déploiement favorable à ce type de véhicule, leur coût moyen est de 22.000 euros, contre 20.400 euros dans un scénario moyen et 20.000 euros. Le coût sur la durée de vie des véhicules bas carbone sera néanmoins plus faible, que ce soit les véhicules électriques ou à hydrogène.

Les véhicules bas carbone, conclue l’étude, sont donc plus chers à l’achat et nécessitent, pour tous les bénéfices économiques collatéraux qu’ils génèrent, une politique d’incitation spécifique.

voitures bas carbone

Baisses des émissions de CO2 et des polluants atmosphériques des véhicules dans un scénario bas-carbone © Rapport “En route pour un transport durable”, nov.2015. Source : EEA, Cambridge Econometrics

La mobilité électrique essentielle pour la transition vers les véhicules bas carbone

Cette révolution ne se fera pas sans effort. L’étude estime que 600 stations de recharge en hydrogène devraient être installées d’ici à 2030 en France, et 4 millions de véhicules en charge normale et plus de 20 millions à charge intelligente devront être déployés sur le marché en 2030.

Jacques Mulbert, Président d’ABB France, leader mondial dans les technologies d’énergie et d’automation, y voit une opportunité : « la mobilité de demain passera par l’électrique : véhicules individuels, bus, navires… Comme le démontre le rapport, les véhicules électriques et les infrastructures associées joueront un rôle croissant dans de la mobilité, non seulement pour améliorer la qualité de l’air mais aussi pour apporter des avantages plus importants à l’ensemble du système énergétique ».

Ce que confirme Air Liquide : « La transition énergétique ne sera complète qu’en incluant les transports et la généralisation des moteurs électriques. Dans ce contexte, l’hydrogène est le chaînon manquant permettant de stocker l’énergie renouvelable et de la mettre à disposition pour le transport propre », estime Pierre-Etienne Franc, Directeur Marchés et Technologies Avancés de la société.

Une opportunité pour l’emploi

« Du point de vue des représentants des salariés, cette étude montre bien que les technologies bas-carbone sont une opportunité de créer de nouveaux emplois sur nos territoires dans l’ensemble des filières concernées par l’automobile », constate Philippe Portier, Secrétaire général de la CFDT Métallurgie, en réaction à l’étude.

« L’analyse a démontré qu’avec une charge intelligente et un déploiement concomitant du solaire photovoltaïque en France, le développement des véhicules électriques peut s’imaginer sans besoin particulier de capacités nucléaires et faciliter l’évolution vers un mix électrique intégrant plus de renouvelables », souligne Mathieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Eric Vinesse, Directeur du Pré-Développement de Michelin, qui a également participé au consortium, approuve : « Ce rapport démontre que les technologies bas-carbone automobiles représentent un potentiel de croissance important pour l’économie française. Il est important que les moyens soient donnés à tous les acteurs de la filière pour développer leurs solutions de concert ».

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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Tout ça c’est très bien, mais on ne parle pas de la pollution générée par la fabrication de ces véhicules…Par ailleurs leur coût ne les rendra accessible qu’à des gens ayant des revenus confortables et ceux qui auraient besoin de faire des économies importantes sur leur carburant ne pourront pas se les payer: trop petit salaire pour avoir un prêt (de plus?), ou emploi en CDD.Bien sur, c’est mieux de réfléchir à ce type de solution plutôt que de continuer à polluer en utilisant les énergies fossiles, mais je crois que l’échéance de 2030 est optimiste pour un réel changement qui devrait commencer par celui des mentalités et là, c’est pas gagné!

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