Vaisselle héritée ou chinée : un danger méconnu pour la santé
Longtemps perçue comme authentique ou décorative, la vaisselle ancienne séduit de nouveau les consommateurs. Pourtant, derrière son apparente innocuité, cette vaisselle peut représenter un danger sanitaire réel, alerte le magazine 60 millions de consommateurs.

En cause, la présence de plomb et de cadmium susceptibles de migrer vers les aliments, exposant les utilisateurs à des risques bien documentés pour la santé humaine.
La vaisselle ancienne contenant des métaux lourds, un héritage industriel sous-estimé
Fin décembre 2025, le magazine 60 millions de consommateurs alertait sur les risques liés à l’utilisation de vaisselle ancienne. Cette vaisselle, souvent transmise ou achetée en brocante, constitue néanmoins un risque pour la santé à cause du plomb et du cadmium utilisés lors de sa fabrication. Il faut savoir que pendant plusieurs décennies, la fabrication de la vaisselle en France a reposé sur l’utilisation d’émaux contenant du plomb. À cette époque, notamment du début du XXᵉ siècle jusqu’aux années 1950, ce métal était prisé pour ses propriétés techniques. Il permettait, en effet, d’obtenir des surfaces brillantes, colorées et imperméables à basse température, facilitant une production artisanale et industrielle à grande échelle.
Toutefois, cette vaisselle ancienne n’a jamais été conçue selon les standards sanitaires actuels. Or, contrairement à une idée répandue, le plomb présent dans l’émail ne reste pas figé. Il peut migrer vers les aliments, même lorsque la vaisselle est intacte, sans fissure ni éclat visible. Cette migration s’accentue lorsque la vaisselle est utilisée régulièrement, chauffée ou exposée à des aliments acides.
Outre le plomb, la vaisselle ancienne peut également contenir du cadmium, notamment dans certains émaux colorés. Ce métal lourd était utilisé pour obtenir des teintes rouge-orangées particulièrement appréciées au milieu du XXᵉ siècle. Mais le cadmium est aujourd’hui classé cancérogène et toxique pour la reproduction. La dangerosité de ce métal repose, là encore, sur sa capacité à migrer vers les aliments. Les aliments acides, comme ceux contenant du vinaigre, du citron ou des sauces tomate, favorisent cette migration depuis la vaisselle vers la nourriture. Ainsi, même une utilisation occasionnelle de vaisselle ancienne peut conduire à une exposition répétée et invisible, sans altération du goût ni de l’odeur des aliments consommés.
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Vaisselle ancienne : le risque réside dans la migration des métaux lourds
La question de la migration des métaux lourds est aujourd’hui au coeur des préoccupations des autorités sanitaires. D’après l’eurodéputée belge Liesbet Sommen, qui avait alerté la Commission européenne sur ce sujet fin janvier 2025, environ 20 % des échantillons de céramique et de verre testés libèrent des métaux lourds en quantités potentiellement nocives pour la santé des consommateurs. Le plomb est reconnu pour ses effets neurotoxiques, notamment chez l’enfant, mais aussi pour ses impacts sur le système cardiovasculaire chez l’adulte. De son côté, le cadmium s’accumule dans l’organisme, touchant les reins et augmentant le risque de cancers.
Sur le plan réglementaire, des valeurs limites de migration du plomb et du cadmium existent au niveau européen. Cependant, selon des travaux scientifiques relayés par des instances européennes, ces seuils ne garantiraient pas toujours une protection suffisante des consommateurs. Des études mentionnées dans les documents de référence européens indiquent que certaines migrations peuvent conduire à des apports proches, voire supérieurs, aux doses de référence de santé, même lorsque la vaisselle respecte formellement les normes en vigueur.
Cette situation explique pourquoi la vaisselle ancienne constitue un cas particulier. Elle échappe souvent aux contrôles modernes, car elle n’est plus commercialisée dans les circuits traditionnels. Brocantes, héritages familiaux et ventes entre particuliers échappent ainsi aux dispositifs de surveillance classiques, malgré les risques sanitaires avérés.
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