Privation, désespoir et mort au rendez-vous dans un élevage de beagle ‘pour la recherche scientifique’

Selon une enquête menée par l’association PETA, l’élevage de chiots beagle pour les besoins de la recherche, situé à Cumberland (État de Virginie) et appartenant à la société Envigo les détient dans des conditions atroces, au point que beaucoup meurent.

Rédigé par Anton Kunin, le 12 Nov 2021, à 11 h 10 min
Privation, désespoir et mort au rendez-vous dans un élevage de beagle ‘pour la recherche scientifique’
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Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) vient de terminer une inspection de plusieurs jours dans cet élevage. Une enquête a été ouverte.

Élevage Envigo : des conditions de captivité atroces

C’est un élevage grand comme un terrain de football : 5.000 beagles y sont confinés dans des chenils sans aucun aménagement et des cages exiguës. Il s’agit d’un élevage de la société Envigo (une filiale du groupe Inotiv), spécialisée dans l’élevage d’animaux à des fins d’expérimentation.

Des militants de PETA y ont pénétré clandestinement, ont parlé à des salariés et ont filmé ce qu’ils ont vu. Parmi les horreurs mises au jour, un superviseur et un salarié ont privé des mères allaitantes de nourriture pendant des jours et ont continué même après que l’USDA ait ordonné au personnel de ne pas le faire. Ils ont ensuite demandé aux ouvriers de mentir à ce sujet si on le leur demandait.

Des salariés sans aucun diplôme vétérinaire ont enfoncé des aiguilles dans la tête de jeunes chiots, apparemment pour drainer des hématomes, sans aucun soulagement de la douleur, provoquant des hurlements chez les chiots. Ils ont également coupé aux ciseaux le tissu des yeux des chiots ayant subi un prolapsus à cet endroit, entre autres procédures médicales.

Attention images pouvant choquer !

Certains chiots sont écrasés par leur mère dans les cages exiguës dans lesquelles elles sont contraintes de vivre, d’autres meurent de pneumonie ou d’hépatite. Des chiots sont laissés à pourrir aux côtés de leurs frères et soeurs survivants. En parcourant l’élevage, les militants de PETA ont aperçu un total de 360 chiots morts.

Les conditions de nettoyage des cages sont tout aussi horribles. Les salariés laissent en effet régulièrement les chiens dans leurs cages pendant qu’ils les aspergent à coups de jets d’eau à haute pression, laissant les chiots trempés frissonnant sur les sols en plastique dur et leur nourriture moisir et devenir infestée d’asticots.

Les militants ont également vu certains chiots tomber à travers des trous dans les cages et se retrouver dans les canalisations, souillés d’eau sale, d’excréments et d’autres déchets.

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Sur son site internet, Envigo insiste sur le bien-être des animaux captifs

Mais c’est un tout autre discours que tient Envigo sur son site internet. L’un de ses derniers billets du blog concerne « l’enrichissement de l’environnement » des animaux captifs, afin que ces derniers ne dépriment pas tout seuls dans une cage.

Tina Koban, la directrice des sciences comportementales d’Envigo y dispense des conseils aux autres élevages d’animaux aux fins d’expérimentation : « En plus de l’enrichissement de l’environnement, vous devez vous assurer que les animaux bénéficient d’un lieu de vie convenable à leur espèce, de socialisation, que les collaborateurs soient bien formés et que des programmes soient mis en place afin de subvenir aux besoins des animaux et réduire ou éliminer tout stress évitable […] La gestion de la captivité nécessite des approches multidisciplinaires afin que les besoins physiques et psychologiques de chaque animal soient couverts ».

Des milliers de chiens utilisés pour la reproduction sont enfermé pendant des années dans des chanils comme celui-ci. Ils peuvent voir l’air mais pas sortir et courir dedans – © Peta

Selon ce même billet de blog, les équipes d’Envigo sous la direction de Tina Koban, sont formées pour reconnaître les comportements indicatifs de bien-être ainsi que les comportements qui indiquent que les animaux ont été mal choisis pour cohabiter ensemble dans une cage ou que leur cage ne leur convient pas.
Même son de cloche dans le « catalogue produits » d’Envigo : ses beagles seraient « correctement sociabilisés et acclimatés ». « Les capacités en matière d’hébergement social favorisent la compatibilité et la sociabilité de vos canins », assure la firme ! Il est temps de mettre fin aux expérimentations sur les animaux et éviter ce genre de maltraitance !

Pour en savoir plus et signer la pétition, rendez vous ici

Illustration bannière : Pendant les 2 derniers jours que les femelles passent avec leurs petits, elles sont privées de nourriture – © Peta
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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