Tamarin lion doré : l’incroyable retour de Zlatka, ce singe volé à Beauval en 2015
Une survivante minuscule, une puce électronique décisive, et un retour qui raconte toute la violence du trafic d’animaux sauvages.

Retrouvée vivante en Slovaquie après une décennie d’absence, cette petite primate menacée offre l’un des récits les plus étonnants de l’histoire récente des parcs zoologiques européens et rappelle les ravages du trafic international d’animaux sauvages.
Le tamarin lion doré de Beauval au coeur d’un vol hors norme
Le 28 mai 2026, le ZooParc de Beauval a accueilli une pensionnaire que beaucoup pensaient ne jamais revoir. Cette femelle tamarin lion doré, née en juillet 2013 dans ce parc animalier du Loir-et-Cher, avait été dérobée lors d’un vol. Dans la nuit du 9 au 10 mai 2015, le ZooParc de Beauval est victime d’une intrusion nocturne soigneusement préparée. Les voleurs repartent avec sept tamarins lions dorés et dix ouistitis argentés, soit dix-sept petits primates appartenant à des espèces menacées. Ces animaux participaient à des programmes internationaux de conservation destinés à préserver des populations fragilisées.
L’affaire suscite alors une émotion considérable. Des milliers de messages de soutien affluent. Sur les réseaux sociaux, la campagne réclamant le retour des animaux connaît un écho national. Malgré près de vingt mois d’enquête impliquant plusieurs organismes et services d’enquête, aucune trace des singes n’est retrouvée. En 2017, l’enquête française est finalement classée sans suite. Pour les passionnés d’animaux, l’espoir de revoir un jour l’un de ces primates semble alors définitivement éteint.
Une découverte inattendue en Slovaquie
Le scénario bascule pourtant en 2023. Lors d’une perquisition menée chez un particulier en Slovaquie, les autorités découvrent une femelle tamarin lion doré. L’animal attire rapidement l’attention des spécialistes. L’identification électronique joue alors un rôle décisif. Grâce à la puce implantée lorsqu’elle vivait à Beauval, les autorités parviennent à établir avec certitude l’origine de l’animal. Les investigations révèlent également qu’une seconde puce aurait été ajoutée au cours de son parcours afin de masquer sa provenance. Le petit primate aurait donc transité par l’Allemagne avant d’être retrouvé en Slovaquie dans le cadre d’un trafic international d’espèces sauvage. Une longue procédure administrative et judiciaire s’engage alors afin d’obtenir sa restitution.
Un retour à Beauval chargé d’émotion pour ce tamarin lion doré
Pendant trois ans, l’animal demeure dans un centre de sauvetage slovaque, où il reçoit les soins nécessaires en attendant l’issue du dossier. Lorsque la femelle rejoint finalement la France au printemps 2026, l’événement prend une dimension particulière. Âgée désormais de 12 ans, elle a passé l’essentiel de sa vie loin de son environnement d’origine. Les équipes slovaques lui ont donné le nom de Zlatka, qui signifie « petit bout d’or ». C’est sous cette identité qu’elle a été suivie durant ses années de prise en charge.
À son arrivée à Beauval, plusieurs examens vétérinaires sont réalisés. Les résultats se révèlent rassurants. Malgré plus d’une décennie d’absence, l’animal apparaît en bonne santé générale. Les soigneurs constatent toutefois qu’il demeure prudent et réservé, un comportement compréhensible après un tel parcours. Le défi consiste désormais à évaluer sa capacité à retrouver une vie sociale. Les tamarins lions dorés vivent habituellement au sein de petits groupes familiaux très structurés. Après onze années passées sans contact durable avec ses congénères, une réintégration pourrait s’avérer complexe. Pour cette raison, l’animal est actuellement observé dans un espace spécialement aménagé au sein de la Serre des Chimpanzés et Orangs-outans du parc.
Un miraculeux rescapé du trafic international d’animaux sauvages… identifié grâce à sa puce
Au-delà de l’émotion suscitée par cette histoire, le retour de Zlatka met en lumière un problème mondial. Le trafic d’espèces sauvages demeure l’un des plus importants trafics illégaux de la planète. Le tamarin lion doré figure parmi les espèces particulièrement vulnérables. Originaire de la forêt atlantique brésilienne, ce petit primate a longtemps souffert de la destruction de son habitat naturel et des captures destinées au commerce clandestin. Environ 4.800 individus subsistaient dans la nature en 2023. Les programmes de conservation ont néanmoins permis une amélioration significative de la situation. En octobre 2025, le programme européen d’élevage comptait 204 tamarins lions dorés répartis dans plusieurs établissements zoologiques.
Le retour de cette femelle constitue également une démonstration concrète de l’importance des systèmes d’identification et de la coopération internationale. Sans la puce électronique implantée dès sa naissance, il aurait probablement été impossible de relier cet animal retrouvé en Europe centrale au vol commis onze ans plus tôt en France. Aujourd’hui, Zlatka représente bien davantage qu’une survivante. Son histoire rappelle à quel point chaque individu compte dans la préservation d’espèces menacées. Elle témoigne aussi de la capacité des acteurs de la préservation de faune à retrouver, parfois contre toute attente, des animaux que l’on croyait perdus à jamais.
Lire aussi
Les espèces animales les plus menacées dans le monde
A lire absolument




























