Emballages alimentaires : 1.222 substances chimiques préoccupantes identifiées
Une étude passe au crible plus de 15 000 substances liées aux emballages et ustensiles alimentaires. Elle en classe 1 222 comme préoccupantes, sans conclure que chaque contenant est dangereux.

Emballages, boîtes, films, bouteilles ou ustensiles peuvent céder certaines substances aux aliments. Une nouvelle étude en recense 1.222 présentant des dangers reconnus. Ce résultat appelle à mieux encadrer les matériaux, mais pas à paniquer devant chaque contenant.
Plus de 15.000 substances chimiques liées au contact alimentaire
Les emballages alimentaires ne sont pas les seuls objets concernés. Les chercheurs ont aussi étudié les ustensiles et différents équipements utilisés pour fabriquer, transporter ou conserver les aliments.
Leur analyse porte sur 15.159 substances chimiques connues pour être utilisées ou présentes dans des matériaux au contact des aliments. Ce vaste ensemble comprend des composants intentionnels, mais aussi d’autres molécules susceptibles de se retrouver dans les matériaux.
Parmi ces substances, les scientifiques en ont classé 1.222 comme prioritaires. Elles présentent des propriétés dangereuses reconnues pour la santé humaine. (1)
Les critères retenus comprennent notamment :
- la cancérogénicité ;
- la toxicité pour la reproduction ;
- la perturbation endocrinienne ;
- la persistance dans l’environnement ou l’organisme ;
- la toxicité pour certains organes.
Cette liste inclut notamment certains PFAS, phtalates et bisphénols. Elle comprend aussi des organophosphates, des isocyanates, des amines aromatiques primaires et des composés contenant des métaux préoccupants.
Ce qu’il faut retenir
- 15.159 substances liées au contact alimentaire ont été examinées.
- 1.222 présentent des dangers reconnus et sont jugées prioritaires.
- 94 cumulent des preuves de migration et de présence dans l’organisme humain.
- 87 % manquent encore de données harmonisées suffisantes sur leurs dangers.
Danger ne signifie pas automatiquement risque pour chaque consommateur
Le chiffre de 1.222 substances peut inquiéter. Il doit pourtant être interprété avec précision.
L’étude classe d’abord les molécules selon leur danger intrinsèque. Autrement dit, elle examine leur capacité à produire un effet nocif dans certaines conditions. Le risque réel dépend aussi de la quantité transférée, de la fréquence d’exposition et de la durée du contact. La température, l’aliment et l’état du contenant comptent également.
L’étude ne démontre donc pas que chaque emballage alimentaire expose à une dose dangereuse. Elle ne mesure pas non plus le risque individuel lié à chaque repas.
À l’inverse, une substance peu documentée ne peut pas être considérée comme inoffensive. L’absence de données n’est une preuve ni de toxicité ni de sécurité.
Les auteurs signalent justement un angle mort majeur. Environ 87 % des substances étudiées ne disposent pas de données harmonisées suffisantes pour évaluer leurs dangers. (2)

Les emballages et ustensiles peuvent transférer certaines substances chimiques aux aliments.
94 substances déjà retrouvées dans les aliments et chez l’humain
Parmi les substances prioritaires, 94 disposent de preuves à la fois plus concrètes et plus préoccupantes. Leur migration depuis des matériaux a été documentée. Leur présence a aussi été mesurée dans des échantillons humains.
Ce rapprochement ne permet pas d’attribuer toute l’exposition aux seuls emballages. D’autres sources existent dans l’environnement ou les produits courants. Il montre néanmoins que ces molécules méritent une attention renforcée.
Pourquoi les chercheurs veulent réglementer les substances par familles
Les réglementations européennes et nord-américaines examinent encore largement les molécules une par une. Cette méthode progresse lentement face à plusieurs milliers de substances.
Elle favorise aussi les « substitutions regrettables ». Une substance interdite peut être remplacée par une molécule proche, moins étudiée, mais potentiellement dotée de propriétés similaires.
Les chercheurs proposent donc de regrouper les substances selon leur structure chimique. Ils ont identifié 38 familles prioritaires, qui concentrent une part importante de molécules dangereuses connues.
Cette méthode permettrait d’évaluer plus vite les alternatives. Elle aiderait aussi les fabricants à éviter un remplacement seulement cosmétique d’une substance préoccupante. (3)
En Europe, certaines évolutions sont déjà engagées. Le règlement sur les emballages limite notamment les PFAS dans les emballages alimentaires depuis août 2026.
À lire aussi : Emballages : les nouvelles règles européennes du 12 août 2026
Chaud, gras, acide : trois situations où le contenant compte davantage
Toutes les utilisations ne favorisent pas la migration de la même manière. Trois situations demandent une vigilance particulière.
La chaleur
La chaleur peut augmenter le transfert de certaines substances vers l’aliment. Il faut donc éviter de chauffer un emballage sans indication claire.
Au micro-ondes, utilisez seulement un contenant portant le pictogramme adapté. Respectez aussi la puissance et la durée indiquées. En l’absence de consigne, l’Anses recommande un réchauffage plus long à puissance modérée. (4)

Ne chauffez un plastique que si son usage au micro-ondes est clairement autorisé.
À lire aussi : Four à micro-ondes : des barquettes pas très nettes
Les aliments gras
Les aliments gras peuvent favoriser le transfert de certaines molécules lipophiles. Vérifiez les restrictions figurant sur les films, boîtes et emballages.
Un contenant autorisé pour des crudités froides ne convient pas nécessairement à une sauce chaude ou à un plat huileux.
Les aliments acides
Tomate, citron ou vinaigre peuvent interagir avec certains matériaux. La DGCCRF déconseille notamment l’aluminium au contact d’aliments acides lors d’une cuisson.
Elle rappelle aussi qu’un fabricant garantit son contenant pour des aliments, températures et durées déterminés. (5)

Emballages alimentaires : quand le contenant compte aussi
Emballages alimentaires : six gestes simples pour limiter les expositions
Il n’est pas nécessaire de jeter tous ses contenants. Quelques habitudes réduisent les usages inadaptés.
- Transférez les aliments dans du verre ou de la céramique avant un réchauffage, surtout sans consigne précise.
- Respectez les pictogrammes pour le micro-ondes, le four, le lave-vaisselle et les températures maximales.
- Ne réutilisez pas les emballages jetables, notamment les barquettes, pots et boîtes conçus pour un seul usage.
- Remplacez les contenants abîmés, rayés, déformés, blanchis ou devenus difficiles à nettoyer.
- Évitez le contact direct avec le film plastique pendant le réchauffage, sauf autorisation explicite.
- Adaptez le matériau au contenu, surtout avec un aliment chaud, gras ou acide.
Ces précautions réduisent des expositions évitables. Elles ne remplacent toutefois pas une meilleure évaluation des substances avant leur mise sur le marché.
L’étude défend ainsi une action en amont. Pour ses auteurs, grouper les molécules permettrait de protéger plus efficacement les consommateurs malgré les lacunes scientifiques actuelles.
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- https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acs.est.5c15186
- https://foodpackagingforum.org/news/scientists-propose-approach-to-better-protect-consumers-from-chemicals-in-food-packaging
- https://foodpackagingforum.org/resources/databases/fccgroup
- https://www.anses.fr/fr/content/four-micro-ondes-et-substances-chimiques-des-emballages-alimentaires
- https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/les-regles-respecter-pour-les-materiaux-emballages-ustensiles-et-contenants-au-contact-des-aliments
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