Risques climatiques : les entreprises françaises manquent de données fiables

Face à la multiplication des événements climatiques extrêmes, le manque de données fiables freine l’élaboration de stratégies d’anticipation efficaces.

Rédigé par , le 19 Sep 2026, à 10 h 05 min
Risques climatiques : les entreprises françaises manquent de données fiables
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Selon l’étude « Sustainability in Action 2026 » publiée par Sweep et Capgemini, la quasi-totalité des dirigeants d’entreprises françaises fait état de pertes liées aux perturbations de leurs chaînes d’approvisionnement. Cependant, au moment même où la transition environnementale devient une urgence opérationnelle, la confiance des décideurs dans la qualité de leurs propres données de durabilité s’effondre.

Un impact financier sur les chaînes d’approvisionnement des entreprises

Les chiffres de l’enquête menée auprès de 200 décideurs français révèlent une situation critique : 91 % des organisations déclarent avoir subi des pertes financières au cours des deux dernières années en raison de désordres climatiques affectant leurs approvisionnements. L’ampleur des dégâts se montre particulièrement sévère pour plus d’un cinquième d’entre elles (21 %), qui évaluent le préjudice à plus d’un million de dollars. Seule une minorité d’entreprises parvient encore à échapper à ces coûts imprévus.

Alors que l’urgence imposerait des arbitrages éclairés, la qualité de l’information décisionnelle se détériore également. Deux tiers des dirigeants français (67 %) estiment que leurs données environnementales demeurent insuffisantes ou mal intégrées pour guider efficacement la stratégie globale de leur entreprise. Cette méfiance s’est nettement accentuée en deux ans, révélant le retard pris par les systèmes d’information : les données restent souvent trop compartimentées, lacunaires et insuffisamment standardisées pour suivre le rythme des perturbations sur le terrain.

La transition écologique, un levier de croissance

Malgré cette opacité informationnelle et la multiplication des crises, l’engagement stratégique des décideurs ne fléchit pas. Une très large majorité des répondants français (80 %) continue d’envisager la transition bas carbone comme une véritable opportunité économique plutôt que comme une contrainte. De leur côté, près de 80 % des directeurs de la durabilité (CSO) affirment que la transformation du modèle d’affaires de leur organisation est une condition sine qua non pour assurer sa pérennité dans une économie décarbonée.

En France, 75 % des décideurs indiquent que l’adoption de l’intelligence artificielle a entraîné une hausse nette de leurs investissements en matière de durabilité. En automatisant la collecte et le traitement de données complexes, l’IA permet d’améliorer le caractère auditable des informations, de faciliter l’accès aux financements verts et de réduire significativement le temps consacré au reporting.

Une étude qui confirme l’urgence d’agir

Réalisée par le cabinet indépendant Censuswide auprès de 1000 hauts dirigeants répartis sur cinq grands marchés mondiaux (États-Unis, Royaume-Uni, France, zone DACH et pays nordiques), cette étude met en lumière un enjeu partagé par l’ensemble des secteurs industriels, énergétiques et de la distribution. Elle conclut que les entreprises capables de moderniser leur gestion des données seront les mieux armées pour faire face à la volatilité des marchés, protéger leurs marges et réussir leur mutation vers un modèle économique résilient.

Selon les auteurs du rapport, la gestion des risques doit se faire avec bien plus d’anticipation. L’interconnexion des données de durabilité à chaque maillon de la chaîne de valeur devient le socle indispensable pour sécuriser les approvisionnements et optimiser les coûts. En structurant une infrastructure d’information fluide, les organisations ne se contentent plus de répondre aux exigences réglementaires de reporting : elles transforment une obligation légale en un avantage concurrentiel durable face aux chocs économiques et climatiques.

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