Rénovation énergétique : l’UFC-Que Choisir dénonce des ‘pratiques désastreuses’

En matière de travaux de rénovation énergétique, l’UFC-Que Choisir a enquêté auprès de plus de 500 professionnels. Les résultats sont atterrants…

Rédigé par Paul Malo, le 28 Mar 2019, à 10 h 20 min

L’association de consommateurs rend publics les résultats exclusifs d’une enquête « client-mystère » sur les travaux de rénovation énergétique.

Travaux de rénovation énergétique – 58 % des professionnels n’ont pas remis de devis

En matière de rénovation énergétique, les professionnels n’ont apparemment besoin de personne pour se discréditer. L’UFC-Que Choisir vient de publier les résultats d’une vaste enquête « client-mystère » réalisée auprès de plus de 500 professionnels proposant des travaux de rénovation énergétique(1).

Des professionnels de la rénovation refusent de remettre des devis © anatoly_gleb

La mission du client : obtenir un devis en boutique ou sur un stand de foire, soit pour remplacer des fenêtres anciennes, soit pour installer des panneaux solaires en autoconsommation afin de réduire sa facture énergétique.

Le résultat s’est révélé désastreux : près de six professionnels sur dix (58 %) ont refusé de remettre un devis à l’issue de l’entretien. Qui plus est, pour le même besoin exprimé, le prix proposé variait du simple au quadruple pour les fenêtres (de 4.400 à 18.500 euros) et du simple au triple pour le photovoltaïque (de 2.000 à 7.000 euros par kWc2).

Au passage, plus des trois quarts des exposants en foires (82 %), toutes activités confondues, ne respectaient pas leur obligation d’informer les consommateurs, par un affichage sur leur stand, de l’impossibilité de se rétracter lors de ce type de manifestation.

Des fenêtres moins efficaces que les standards

« Les allégations fantaisistes ont la vie dure, puisque 16 % des commerciaux ont promis à nos bénévoles une baisse drastique de leur facture énergétique, sans même avoir visité leur logement », souligne l’association. « Une pratique d’autant plus répandue que ces affirmations ne leur sont pas opposables en cas de litige ».

Par ailleurs, 18 % des professionnels ont sous-estimé leur coût réel en prétendant à tort qu’ils étaient éligibles à diverses aides de l’État. Pire, 21 des 60 stands de photovoltaïque visités se sont prétendus titulaires du label public « Reconnu Garant de l’Environnement » (RGE) alors qu’il n’en n’était rien. Or, pour que le consommateur puisse bénéficier du crédit d’impôt, il est indispensable que les travaux soient réalisés par une entreprise certifiée RGE.

Des commerciaux ont proposé aux enquêteurs des fenêtres sans se renseigner sur les caractéristiques de leur domicile © Ungvar

Cette étude lève aussi le voile sur le niveau médiocre des conseils des professionnels des fenêtres, qu’ils disposent ou non du label public RGE. En effet, au cours de l’enquête, moins d’un commercial sur cinq (19 %) s’est enquis des caractéristiques d’aération du domicile du client, en totale contravention avec les règles élémentaires de la profession. Plus grave : « 25 % des commerciaux ont proposé aux enquêteurs des fenêtres moins efficaces que l’étalon en matière de performance thermique ».

« Devant les pratiques désastreuses constatées, l’association exige une action urgente pour un cadre juridique (enfin !) efficace permettant de préserver les droits des consommateurs et de relever le défi de la transition écologique des logements‘ ». D’autant plus que le ministre de la Transition écologique et solidaire doit présenter, prochainement, un projet de loi Énergie-Climat prévoyant de rénover 2,5 millions de logements à l’horizon 2023.

Soyez donc extrêmement prudent(e)s si vous envisagez des travaux de rénovation énergétique !

Illustration bannière : Le label d’efficacité énergétique – © Alexander Raths
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Bonjour,
    De toute façon écologie ne peut pas rimer avec économie ; c’est antinomique. Il y aura une réelle transition écologique lorsqu’on entreprendra aussi une transition économique. Penser environnement et santé avant le fric! Or, c’est toujours l’inverse: les gens agissent s’il y a une carotte financière; donc dérive…

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