Récit de voyage au Groenland et au Grand Nord

Rédigé par Nolwen, le 19 Mar 2013, à 17 h 11 min

L’apprentissage de la modernité au Groenland

iceberg-voilier« Autrefois, il nous suffisait d’un harpon et d’un kayak pour produire notre nourriture. On faisait aussi nos vêtements à partir des peaux d’animaux chassés.

On ne gagnait presque pas d’argent mais on était heureux. Simplement. Aujourd’hui, la machine remplace l’homme. La télévision est devenue indispensable et les vêtements s’achètent à la boutique », explique Ole Quist. Cette évolution, ce chasseur de 62 ans m’a avoué la vivre comme une perte de dignité, un encouragement à la paresse.

C’est vrai qu’il est loin l’imaginaire esquimau de l’igloo, des habits en fourrure et des viandes faisandées. Aujourd’hui, les adolescents s’identifient comme partout dans le monde aux stars américaines et se baladent avec le smartphone dernier cri.

greenland-crevasse Au Groenland, on ne mange donc plus uniquement du phoque ou de la baleine, mais on trouve aussi tout le nécessaire pour faire des sushi japonais ou un curry indien.

La mondialisation a frappé à leur porte depuis moins de 50 ans et elle s’y est engouffrée vite, si vite. Trop vite disent certains. « Les Groenlandais se sont toujours adaptés aux variations climatiques, mais, à la modernité, ils n’y parviennent pas », souligne René, un Danois expatrié depuis près de 15 ans.

La fin des chiens de traîneau ?

Aujourd’hui, certains symboles disparaissent… Les femmes n’apprennent plus à leurs filles à tanner les peaux de phoque ou les pères à leurs garçons à pêcher ou chasser. Une nouvelle réalité qui m’encourage à aller visiter une école qui a ouvert ses portes depuis peu à Uummannaq. L’établissement a à coeur d’instruire une trentaine de jeunes dans l’art de la chasse et de la pêche. « Les pratiques d’hier n’ont pas à disparaître mais simplement à être remises au goût du jour », m’explique Ole Larsens, le directeur. Sans cela, c’est toute une culture qui s’effrite, emmenant avec elle d’autres symboles comme les chiens de traîneau.

http://wwwbloggercomcreate-blogg-gwendoline.blogspot.fr/2011/06/pourquoi-les-inuits-se-nomment-ils.html

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Au-delà du cercle polaire, ces imposantes bêtes, mi-chiens, mi-loups, entourent encore chaque maison en attente d’une course, une fois la banquise venue. Mais certains Groenlandais commencent à préférer la moto-neige dont ils estiment l’entretien moins lourd. chiots-inuits

D’autres vont jusqu’à se débarrasser de leurs animaux – souvent à contrecoeur – suite à la succession de mauvaises banquises ces dernières années qui rendent les sorties en traîneau problématiques. Ces chiens, ce sont pourtant une part importante de l’identité inuit, aujourd’hui malmenée par les variations sociétales et environnementales.

Suite > entre alcool et sexe, la dérive du Groenland

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5 commentaires Donnez votre avis
  1. enfin une vision positive de l’avenir, on en manque. Merci

  2. Très intéressant, merci. Ajungilak !!

  3. Un beau reportage

    Un de mes amis (Thierry ) va partir fin Mai de Maniwaki au Québec pour rejoindre la France en passant par le Groenland mais en ULM …………

  4. magique

  5. Vraiment superbe merci

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