Réchauffement climatique : vers la fin des sports d’hiver dans les Alpes ?

Conséquence directe du réchauffement climatique, les installations dédiées aux sports d’hiver sont en passe d’être déstabilisées du fait de la disparition du permafrost, véritable ciment de glace de la montagne.

Rédigé par Paul Malo, le 13 Oct 2019, à 7 h 50 min

Avec le réchauffement climatique, les stations de sport d’hiver alpines et leurs équipements ne vont-ils pas bientôt perdre leur raison d’être ?

L’avenir des stations des Alpes remis en cause par la hausse de 3°C à l’horizon 2100

C’est un business rentable dans l’Hexagone, la France possédant sur son territoire bon nombre des stations de sport d’hiver les plus réputées et fréquentées des Alpes. Même les dates de vacances scolaires sont réparties en zones pour optimiser la fréquentation des stations. Et ce, même si seule une minorité de Français s’y rend bel et bien, du fait du budget que cela représente.

Et demain ? Les vacances d’hiver dans les Alpes disparaîtront peut-être, du fait du réchauffement climatique. En effet, pas de froid, pas de neige, pas de ski. Si l’on s’en tient à une projection de l’évolution de notre climat à peu près médiane, on estime que la température devrait augmenter de 3°C à l’horizon 2100. Avec des conséquences directes sur le permafrost, la fonte des glaciers et donc la diminution de la surface skiable.

Fonte du permafrost – Plus de 900 installations de sports d’hiver en péril

Ainsi, dans les Alpes, ce sont pas moins de 148 infrastructures de montagne qui seraient en passe de devenir inutilisables, soumises à un « risque fort de déstabilisation » selon les experts(1).

Consulter la liste stations de ski écologiques : le label Flocon vert

télésiège

Les infrastructures de montagne sont fragilisées  © Monkey Business Images

Plus largement, en ne prenant en compte que le côté français des Alpes, ce sont 947 remontées mécaniques, pylônes, gares d’arrivée et refuges qui ont été construits sur un sol gelé dont le fondement rocheux risque de se désolidariser en cas de réchauffement. C’est ce ciment de glace du permafrost qui est menacé de disparition, remettant en cause la stabilité même des infrastructures de montagne.

Le réchauffement du climat qui s’accentue va certainement entraîner la multiplication du nombre et l’intensité de ces déstabilisations. C’est déjà le cas, à 2.800 mètres d’altitude de la télécabine de Bochard(2). Cette remontée mécanique surplombe Chamonix, elle est utilisée chaque année par 700.000 skieurs. Suite à des affaissements de la roche sous ses fondations, ses pylônes ont bougé. De vastes travaux de sécurisation sont donc être menés non seulement pour stabiliser la télécabine, mais aussi… éviter qu’elle ne penche à nouveau !

Le ski d’automne sur le glacier de la Grande Motte de Tignes bientôt impossible ?

Après la canicule estivale subi de plein fouet par les stations alpines, la neige manque cette année encore.

Le domaine d’altitude de la station de Tignes a vu son ouverture pour le ski d’automne normalement prévue le samedi 28 septembre, reportée au 19 octobre (et sous étroite surveillance).

Voyant son état se dégrader d’année en année, la station savoyarde a par ailleurs commandé une étude afin d’envisager l’avenir du domaine skiable(3).

Val d’Aoste – Une catastrophe imminente dans les Alpes ?

Du côté italien des Alpes, le glissement du glacier de Planpincieux devient inquiétant(4). À tel point que des mesures de sécurité ont déjà dû être mises en place au Mont-Blanc. Situé du côté italien du massif, il menace depuis fin septembre de s’effondrer dans une vallée parallèle à la station de Courmayeur.

C’est une portion de 250.000 m³ qui pourrait se détacher à tout moment. Heureusement, c’est a priori sur un secteur inhabité que la catastrophe aurait lieu.

Val d'Aoste

Le Val d’Aoste est particulièrement concerné par l’instabilité © Alexandre Rotenberg / Shutterstock

Au total, 180 glaciers sont surveillés en permanence dans le Val d’Aoste. Afin de surveiller les glissements, les autorités italiennes font appel à un radar nouvelle génération. Développé à l’origine pour mesurer les mouvements des minéraux. Il est utilisé pour les éboulements et les glaciers. Quant au tronçon de route le plus proche, le plus exposé, il est contrôlé jour et nuit. La circulation des voitures ayant également été régulée. Quant aux chalets des environs, désormais, ils sont déserts…

Illustration bannière : Le réchauffement climatique met en péril les sports d’hiver © Natalia Golubnycha
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