L’engouement pour la noix de coco, un danger pour l’environnement

On la plébiscite partout : la noix de coco sous toutes ces formes… en cuisine, en cosmétique et même pour le textile ou les matériaux de construction ! Mais la production de noix de coco en augmentation pour répondre à la demande des pays occidentaux ne serait-elle pas en train de prendre un tournant catastrophique ?

Rédigé par Stéphanie Haerts, le 24 Oct 2020, à 7 h 50 min

Les produits à base de noix de coco sont très appréciés dans l’Hexagone. Crème, lait, huile, sucre ou encore flocons, les consommateurs apprécient la noix de coco pour son côté naturel ainsi que ses bienfaits. Cependant, l’augmentation de la production de noix de coco est loin d’être sans conséquences pour l’environnement.

Les bienfaits exceptionnels de la noix de coco

La noix de coco pousse par grappes sur les cocotiers. L’huile de ce fruit exotique est extraite par pressage. Aucun ingrédient n’est ajouté à cette huile, ce qui la rend d’autant plus naturelle. La noix de coco fait partie des aliments de base de nombreux peuples.

La noix de coco mais aussi l’huile de coco qui en est extraite sont utilisées à différentes fins. Cet ingrédient de choix se retrouve notamment dans les cosmétiques et est apprécié pour ses vertus hydratantes contenant de la vitamine E, un antioxydant. La noix de coco est riche en acide gras et hydrate et protège la peau. On la retrouve dans des masques pour cheveux, des baumes, des laits pour le corps mais aussi des dentifrices.

Autres produits phares, les aliments. La noix de coco est présente dans bon nombre de snacks comme les chips de noix de coco mais aussi le lait de noix de coco qui est une alternative pour les personnes ayant arrêté de consommer des produits laitiers. La noix de coco est également vendue sous forme d’huile végétale naturelle qu’il est possible d’utiliser en cuisine.
Ses vertus nutritionnelles sont très appréciées notamment sur le système immunitaire afin de prévenir les maladies cardiovasculaires et de préserver le système cérébral. Elle est consommée pour la perte de poids. L’huile de coco améliore également la digestion en favorisant la production de probiotiques, un allié pour les personnes aux intestins poreux.

Production noix de coco – Plus de 90 % des cultivateurs sont de petits exploitants © sokolovsky

Une demande accrue et une production de noix de coco en hausse

Alors que plusieurs décennies en arrière la noix de coco était principalement utilisée pour certains desserts, elle connaît aujourd’hui une forte demande. La noix de coco rencontre un vif succès notamment du fait de la tendance vegan ainsi que la volonté des consommateurs de se tourner vers des produits plus naturels. Dans le monde, l’industrie des produits à base de noix de coco représentait en 2019, 12,75 milliards de dollars. Elle devrait parvenir à 31,1 milliards de dollars d’ici à 2026.

La production mondiale de noix de coco est en forte hausse depuis 50 ans. Elle était estimée à 61,5 millions de tonnes en 2014. La France produit d’ailleurs 700 tonnes sur l’île de la Réunion, en Guyane et en Martinique. Cependant, cette demande accrue de noix de coco n’est pas anodine pour l’environnement.
De même, les agriculteurs mènent une vie de subsistance avec des salaires dérisoires. Pour une huile de noix de coco vendue à 20 dollars, la noix de coco est vendue à 14 cents. Bien que la tendance écolo encourage vivement à consommer local, la consommation de noix de coco n’a rien de durable.

Un produit du bout du monde

La plupart des noix de coco que nous consommons proviennent des régions tropicales et notamment l’Indonésie, les Philippines, l’Inde et la Polynésie.

Importer ces produits jusque dans nos cuisines signifie dans le même temps générer des émissions de carbone liées au transport. Mais pas seulement. La culture traditionnelle de noix de coco ne nécessite pas de pesticides ni d’engrais et les fruits des cocotiers peuvent être récoltés jusqu’à 40 ans en moyenne.
Or les cocotiers vieillissants ne fournissent pas autant de fruits, et les gouvernements locaux encouragent la plantation de champs de noix de coco en monoculture, fournissant des pesticides et des engrais à bas prix afin d’augmenter leur récolte. Ces derniers sont bien entendu nocifs pour l’environnement.

Importante plantation de cocotiers et bananiers © Puv-pix

Une menace pour la biodiversité

De plus, même si certaines entreprises sont certifiées commerce équitable et biologique, les producteurs consacrent d’importantes superficies à la culture de noix de coco détruisant la biodiversité des terres.

Certaines régions déjà en manque d’eau amenuisent leurs réserves pour irriguer leurs cultures.

Une étude publiée par une équipe internationale de chercheurs dans la revue Current Biology en avril dernier, les plantations de cocotiers affecteraient 66 espèces menacées et seraient même la cause de la disparition d’au moins 2(1) ! Sans compter que certains producteurs font appel à la main d’oeuvre animale…

Lire aussi : L’exploitation des singes derrière la vogue de l’huile de coco

Dans des propos rapportés par le Huffington Post Simrit Malhi, une agricultrice de Roundstone Farms, explique : « Selon moi, le boom des tendances alimentaires en Occident et dans l’hémisphère nord fait peser un fardeau injuste sur les agriculteurs pauvres de l’hémisphère sud ».

D’autres cultures intensives nuisent tout autant à l’environnement comme celles de la vanille, du cacao ou des avocats.

Nos conseils

Certes, l’huile de coco pas n’est devenue la nouvelle huile de palme (plus de 90 % des cultivateurs de noix de coco restent de petits exploitants – le cocotier pousse facilement quelque soit le type de sol, même le sable, ce qui limite la déforestation)… Mais, essayons de limiter nos usages et surtout sélectionnons bien nos produits en :

  • achetant équitable et éventuellement bio (il existe très peu de producteurs certifiés bio) – Pourquoi ne pas faire une petite enquête pour voir le degré de transparence de sa marque préférée ?
  • évitant tout produit industriel stipulant : « huiles végétales hydrogénées », « huile végétale partiellement hydrogénées », « matières grasses végétales » ou « huile de coco désodorisée ».
  • faisant attention à l’emballage du produit ou en achetant en vrac.
Illustration bannière : L’huile de coco – un produit pas vraiment écolo… et parfois même pas vegan © Irra
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