Pourquoi les oiseaux se tuent sur les pare-brises

La recherche sur la mortalité animale causée par les transports est un sujet peu traité et pourtant le phénomène le mérite. Partout dans le monde, des animaux meurent heurtés par des véhicules. Et pas seulement les lièvres ou les sangliers, mais aussi les oiseaux.

Rédigé par Jean-Marie, le 11 Mar 2017, à 14 h 20 min

Des chercheurs américains ont apporté un nouvel éclairage sur cette hécatombe.

Les oiseaux et les voitures

Les oiseaux qui se tuent en heurtant des voitures, ce n’est pas du tout une légende. Les oiseaux ne se tuent pas uniquement sur les immeubles ou victimes des chats.  On estime que 80 millions d’oiseaux se  tuent sur des pare-brises uniquement aux États-Unis.

De telles collisions entre les oiseaux et les voitures sont également dangereuses pour les conducteurs et elles menacent sérieusement certaines espèces d’oiseaux. C’est pourquoi des chercheurs américains aimeraient mieux comprendre comment ces accidents mortels se produisent et ont ouvert un projet de recherche, piloté par Travis DeVault du National Wildlife Research Center dans l’Ohio.

Pour cela les scientifiques doivent rassembler des informations sur les collisions. Ils le font en conduisant un pick-up Ford à 90 km/h en visant volontairement les oiseaux présents sur la route. Le but est bien entendu de les éviter au dernier moment et non de les tuer. Pour l’instant ils ont réussi à ne tuer aucun oiseau.

Les approches ont eu lieu dans un lieu isolé qui appartient à la Nasa et qui a pu être fermé à la circulation d’autres véhicules. Les oiseaux concernés sont d’une espèce de vautours très communs dans cette partie des USA. Pour les attirer, des carcasses de ratons laveurs bien alléchantes ont été placées en plein milieu de la route.

Les vautours testés avaient été élevés de manière à adorer se nourrir de ce type de carcasses.

L’influence de la vitesse sur les collisions

Il s’agissait de savoir à quel moment les oiseaux commencent à décoller et s’envolent : à combien de mètres de distance et combien de seconde avant l’impact possible ?

Une étude similaire a déjà été faite mais avec des pigeons et avec une vitesse de 27 km/h, insuffisante pour tester le danger représenté par des voitures(1).

L’étude a montré qu’à 30 et 60 km/h les vautours ont réagi de manière cohérente et comparable en partant tous à peu près au même moment et à la même distance pour éviter la collision. Mais à 90 km/h, c’est un peu comme s’ils réagissaient un peu au hasard, certains quand la voiture était encore à 300 mètres et d’autres à seulement 20 mètres. Leur capacité innée à estimer le danger ayant l’air paralysée.

Les oiseaux disposent de neurones spéciaux à la base de leur comportement de survie : ils sont capables d’estimer à partir de la vitesse à laquelle un objet diminue de taille, à quelle vitesse celui ci se rapproche, et d’en déterminer le bon moment pour s’envoler.

Ce qui en ressort c’est qu’il faudrait abaisser les limites de vitesses mais cela risque peu de se produire. On voit mal en effet, la vitesse réduite à moins de 90 sur les autoroutes pour sauvegarder des oiseaux. En revanche, on pourrait le faire dans des zones particulières comme les forêts, les réserves naturelles ou les parcs ornithologiques.

On n’est pas certain que le comportement des vautours américains représente celui des autres espèces d’oiseaux. En revanche, on suspecte d’avoir mis en évidence un mécanisme de « surcharge cognitive » (comme le lapin paralysé dans les phares des voitures) qui explique pourquoi autant d’animaux meurent sur les routes dans le monde entier ,y compris en Europe.

Il est prévu de continuer à étudier les collisions oiseaux/voitures, mais cette fois, non plus en en provoquant sur la route, mais en étudiant le temps de réponse des oiseaux à partir de vidéos montrant des véhicules les approchant.

Références :
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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

16 commentaires Donnez votre avis
  1. Oh mon dieu un chat qui mange un oiseau? Nooooon! Mais c’est stupéfiant tous ça….

  2. Des années de conduite,et pas un oiseau n’est venu faire son dernier vol sur mon pare-brise,de toute façon les oiseaux sont bien plus nombreux que nous humains sur cette planète,si malheureusement des oiseaux meurent « accidentellelent »,nous terriens aussi,parlons dans ce cas des pigeons,qui eux se font tirer dessus à la carabine,par certains.

  3. ils n’ont rien d’autre à faire que cette étude stupide,en france c’est rare qu’on tue ainsi un oiseau….extremement rare..faut croire que leurs oiseaux sont myopes..ici ils voient bien clair..

  4. Vous oubliez de citer l’hécatombe provoquée par les murs anti bruits en verre, les abris bus et surtout, surtout, les vérandas. En Allemagne il est obligatoire de coller des silhouettes noires représentant des rapaces sur toute surface vitrée, y compris pour les municipalités et les particuliers. L’oiseau aperçoit cette silhouette et il la reconnait immédiatement car il est génétiquement programmé pour l’éviter. Ces silhouettes et d’autres sont disponibles par exemple sur le site de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO)http://www.lpo-boutique.com/catalogue-interactif/2014/. Ayant une véranda, je peux témoigner que c’est très efficace, depuis que je les ai installées, plus aucun merle tué, seuls quelques oisillons ne maitrisant pas trop le vol qui se cognent mais sans s’assommer. Ces silhouettes sont électrostatiques, on peut les repositionner comme on le souhaite.
    De toute façon il faut coller quelque chose sur toute baie vitrée, qui ne s’est jamais « écrasé » le nez sur la porte vitrée d’un magasin ?

    • Tout à fait d’accord. La seule fois qu’un merle est venu s’écraser contre ma voiture, c’était en décollant d’un champ de blé et il s’est écrasé sur la vitre côté conducteur ; c’était sur une rocade, à 120 kms/h. Pour les baies et les portes des magasins, ça m’est déjà arrivé mais il faut dire que je suis parfois distraite.

  5. La seule solution s’il faut parler de solution est d’arrêter de baser l’économie et la vie sociale sur ces principes qui occasionnent les déplacements incessants, inutiles et toxiques. Pour cela il faut un changement de société. Tout ce qu’on peut trouver en aval du problème trouve sa solution en amont. Trouver la cause des causes et agir. Mais pour cela, il faut un certain courage personnel pour faire les bons choix … en commençant par soi-même et autour de chez soi …

  6. déjà, si on mettait des ralentisseurs sur les routes qui traversent les forêts…..

  7. Bonjour
    J’ai lu une autre étude à ce sujet:les oiseaux se baseraient sur la vitesse autorisée( soit le plus grand nombre de voitures passant) pour calculer leur temps d’envol, et les voitures à une vitesse supérieure les tueraient car ils n’ont plus le temps de s’envoler.
    Cordialement

    • exact, moi aussi j’ai lu cet article « les oiseaux respectent la vitesse autorisée » ou quelque chose comme ça et je crois même que je l’ai lu sur ce site.

  8. bonjour,des oiseaux tués par les véhicules,il y en a beaucoup trop,certes,réduire la vitesse a 60kmh,serait une très bonne solution qui par ailleurs permetterait de diminuer la consommation donc la pollution…….mais cela dans l’état actuellement des choses(il faut toujours se presser »on a pas le temps »on va louper eh!!!quoi !!mais notre émission de téléréalité bien sur!!!ou je ne sais quoi d’autre super important)cela fait que l’on fonce toujours.mai au fait on aurait pas pu partir un peu plustôt?????????autre remarquesje suis prèe d’un petit village très tranquille chez moi ou près de chez moi ce ne sont pas les voitures qui tuent les oiseaux mais…..les CHATS des chats domestiques bien gras bien nourris par leurs maitres ou maitresses et qui après pour s’amusés pour passer le temps,assassinent des oiseaux qu’ils laissent sur place au milieu du jardin..l’année dernière il y a eu 6 innocentes victimes..discution ouverte…a bientôt,

  9. ps .pour eviter de tuer les rapaces nocturnes , il serais bon de mettre des spots lumineux sur le haut des remorques de camion , car les chouettes ,les grands ducs….. ,prennent pour repères les phares , sur une voiture ça passe le plus souvent , mais sur les remorques non éclairées au dessus de la cabine , et bien ces oiseaux se prennent de plein fouet , ce haut de remorque , ce qui donne un grand nombre de cadavre ,sur les autoroutes !!!!! il suffit de presque rien , mais ???? cordialement …

  10. bonjour , et bien pour eviter de tuer les oiseaux , et bien d autre animaux , il faut poser sur les vehicules , des petits tubes qui ,sont auto collant ,sous les retros , ou sur le par chocs av , ces tubes font avec le vent ,des ultras son ….qui ont une portée , d environ 400 metres !!!! ils sont vendus dans les grandes surface , au rayon auto , pour environ la somme de ( 5 a 15 euro) voila se que j ai fait , a vous de faire l essais !! cordialement .

  11. Et les hérissons aussi
    J’ai comptabilisé sur l’année 2012 plus de 40 cadavres.
    Pour la plus part sur mon trajet quotidien distant d’environ 45km. Et croyez bien que j’ai pris garde de les compter que sur un des 2 trajets. Chaque matin c’est l’hécatombe pendant toute une saison. Ils vont bientôt sortir de leur hivernage et le carnage va recommencer.
    Quand au oiseaux, il n’y a malheureusement pas que les pare-brise. Les protections en verre (c’est plus design et sait-on jamais si on avait l’idée de sauter) des lignes de chemins de fer le long des voies à grande circulation participent aussi au massacre.
    J’y ai trouvé un petit rapace qui s’était fracassé le bec contre ce verre. Sans doute ne les voient-ils pas aveuglés par le soleil. C’est le même problème avec les baies vitrées sans rideaux de nos maisons et appartements. Est-ce qu’un verre teinté serait plus efficace? Je soumet l’idée aux hommes de l’art.
    Après les « crapauduc » que faut-il inventer pour limiter la casse, un filet écran sur les routes ou des lunettes pour les oiseaux?

  12. Désolée Jean Marie, mais le titre de l’article « Pourquoi les oiseaux se tuent sur les pare-brises » prête à sourire même si ce n’est pas drôle !
    Je dirais « à cause du choc » ? c’est évident… je taquine !
    Même si mon mari huuuurle, il m’arrive de faire un écart pour éviter un animal, quel qu’il soit, ce qui ne manque pas sur nos routes de campagne !
    J’utilise aussi le klaxon… ça marche aussi pour faire fuir quand je vois des chasseurs !

    • Jean-Marie

      Vous avez raison Minouch89,
      mais je n’ai fait que reprendre le titre de l’étude et les termes des chercheurs .. il est vrai qu’il aurait été plus juste de titrer « pourquoi les oiseaux n’arrivent pas à éviter les pare-brises ». Bonne journée !

  13. Très sensible à ce problème, je fais très attention sur la route et j’ai pu constater ceci:
    – la vitesse est sans conteste LA cause importante de mortalité des oiseaux.
    – certaines espèces sont plus vulnérables que d’autres. Les pies, corneilles, corbeaux sont beaucoup plus prudents car ils ont appris le danger que représente un véhicule.
    – les conditions atmosphériques (vent) perturbent le décollage ou le vol des oiseaux.
    – l’effet de groupe ( les moineaux) également: lorsque l’un s’envole, les autres suivent parfois avec un décalage qui peut leur être fatal.
    En tout état de cause, il faut être conscient que l’adaptation des oiseaux à l’environnement routier (à peine 100 ans!) est récente et encore non intégrée à l’instinct des oiseaux. Et encore plus en zone rurale qu’en zone urbaine.
    Il suffit pourtant d’une vitesse réduite et d’un peu d’attention pour éviter, la plupart du temps, ces collisions. C’est d’ailleurs valable avec les hérissons, écureuils et autres mammifères, y compris nos animaux domestiques.

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