Pesticides : moins on en achète, plus les oiseaux sont nombreux, c’est prouvé !
Comme le révèle une toute nouvelle étude, on recense moins d’oiseaux dans les régions où l’on achète le plus de pesticides.

C’est un fait que les équipes de chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) sont bel et bien parvenus à mettre en lumière : il y a moins d’oiseaux dans les régions où les pesticides sont les plus achetés.
Associer ventes de pesticides et terrains
Cette nouvelle étude menée par plusieurs scientifiques du Muséum montre bien « l’impact généralisé de la contamination de la biodiversité par les pesticides ». Comment ? D’abord en se concentrant tout particulièrement sur les oiseaux vivant proche des terres cultivées en France. En effet, comme ces chercheurs ont pu le mesurer, « l’exposition à un large éventail de substances actives est largement associée à un plus faible nombre d’oiseaux chez la majorité des espèces communes, même lorsque d’autres composantes de l’intensification agricole sont prises en compte. »
Jusque-là, les études de terrain, bien que plus proches de la réalité, restaient limitées, faute de données détaillées sur l’utilisation de ces produits, pour ne porter que sur un nombre restreint d’espèces ou en se focalisant sur une poignée de molécules, en général les plus médiatisées, et ce alors que de multiples substances contaminent l’environnement. Or, depuis la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, la déclaration obligatoire des ventes de pesticides met à disposition des chercheurs des données inédites permettant de relier pratiques agricoles et biodiversité.
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Un impact négatif des pesticides généralisé
L’équipe de chercheurs du MNHN a donc croisé les achats locaux de pas moins de 242 substances actives avec l’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs présentes dans les terres agricoles cultivées. Les scientifiques ont en premier lieu vérifié que les achats de pesticides reflétaient bien la contamination environnementale, en les comparant à des mesures indépendantes de résidus dans les eaux de surface.
Les résultats de ce croisement de données se sont révélés aussi probants qu’explicites : les achats de plus grandes quantités de pesticides se sont révélés liés pour 84,4 % des espèces d’oiseaux étudiées à des plus faibles effectifs de celles-ci. Et ce même après prise en compte d’autres composantes de l’intensification agricole. « L’impact négatif des pesticides apparaît généralisé. Le phénomène touche non seulement les espèces spécialistes des milieux agricoles, mais aussi les espèces communes qui vivent et se nourrissent dans les terres cultivées », a estimé l’équipe de scientifiques.
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