Paris la romantique, ville la plus sale d’Europe ?

Paris, ville la plus sale d’Europe ? Un article britannique l’affirme. Mais au-delà des faits et de la perception, c’est aussi aux Parisiens de se prendre en charge au quotidien.

Rédigé par Paul Malo, le 25 Sep 2019, à 9 h 45 min

Un article du quotidien britannique The Guardian fait des vagues : selon lui, Paris est la « crasseuse de l’Europe », entre urine, SDF, trottinettes et déjections canines.

Saleté à Paris – Un problème culturel ou d’organisation ?

La Ville Lumière en a pris pour son grade… « Paris, ville du romantisme, se lamente de sa nouvelle image d’homme sale de l’Europe », écrit  Kim Willsher, correspondante local du Guardian, quotidien britannique renommé. Selon elle, Paris est plus sale que jamais, une ville poubelle où l’on erre entre « trottinettes électriques et les vélos en libre-service qui encombrent les trottoirs, sans parler des crottes de chien et des mégots de cigarette »(1).

Dans l’une des villes les plus visitées et rêvées du monde, à la veille des élections municipales, le sujet est tout sauf anodin. D’ailleurs, selon un sondage Ifop de septembre dernier, la propreté se classe en tête des sujets de préoccupation en termes de choix de vote, devant la pollution et la sécurité.

« La Ville Lumière, la capitale de l’amour est devenue une vieille ville crasseuse, ou comme les habitants l’appellent, “Paris poubelle’ », a écrit la journaliste dans son article d’autant plus polémique qu’elle associe directement saleté des rues et Sans domicile fixe.

Dire que l’article a fait des vagues serait un euphémisme. Pour la journaliste britannique, le problème est en fait avant tout culturel, une question de style de vie, comme dans les quartiers du Nord de la capitale, ou au bord du canal Saint-Martin, haut lieu des sorties festives.

Lire aussi : Propreté : la Mairie de Paris annonce un énième plan

Aux Parisiens de se prendre en charge

Pour la maire de Paris, Anne Hidalgo, la question est bien d’abord une question d’éducation, et c’est aussi aux Parisiens de se prendre en charge : « On ne peut pas mettre un éboueur derrière chaque Parisien. Je pense qu’il faut tout reprendre à la base, l’éducation au respect, le respect de l’autre, le respect de son environnement, le respect de l’endroit où l’on vit »(2).


La mairie consacre déjà 600 millions d’euros par an à la propreté de la ville. Des centaines de nouveaux éboueurs ont été recrutés l’été dernier, pour des effectifs qui approchent des 5.000 collaborateurs. Mais ils doivent prendre en charge 3.000 km de rues, 1.600 km de caniveaux, et surtout récupérer chaque jour dans les rues de la capitale plus de 3.000 tonnes de déchets.

« Trop facile de pointer du doigt Anne Hidalgo et la mairie de Paris, a réagi sur son compte Twitter l’auteure de l’article polémique. Le plus gros problème c’est le comportement des gens. Paris est sale mais ce sont les Parisiens qui, la plupart du temps, le salissent ».

Et même si la ville est et demeure visiblement sale, les verbalisations y sont de plus en plus nombreuses : 144.000 PV ont été distribués pour des questions de propreté, contre 110.000 l’année précédente. Pour autant, les sanctions prévues pour le fait de jeter ses détritus dans la rue sont très rarement appliquées.

C’est peut-être sur des applications citoyennes qu’il faudra compter. Telle DansMaRue, lancée par la mairie en 2012 pour permettre aux habitants de signaler les mauvais comportements : elle a reçu plus de 250.000 signalements ces 14 derniers mois.

Illustration bannière : Paris saleté – © Tetiana Lukerievas / Shutterstock

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