Palmarès 2016 RSE : quelles entreprises font le plus d’effort ?

BMW, Dassault ou Coca-Cola : ces entreprises ne font pas partie, dans l’imaginaire collectif, des entreprises les plus vertueuses qui existent. Elles font pourtant partie des 15 entreprises mondiales les plus durables, selon un classement RSE du Corporate Knights, un magazine canadien pour le « capitalisme propre ». Décryptage.

Rédigé par Pauline Petit, le 27 Jan 2016, à 7 h 00 min

Le classement « Global 100 » de Corporate Knights – littéralement les chevaliers des affaires – existe depuis 2005. Il vise à classer les entreprises mondiales en fonction de critères de durabilité et de leurs politiques de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). Les agences de notation « classiques », à l’instar de Standards & Poors, utilisent des listes « Global 100 » pour évaluer la rentabilité des entreprises. Corporate Knights reprend la même méthodologie et utilise cette rigueur scientifique, avec d’autres critères que la rentabilité seule.

Précision importante : on ne parle ici que de très grosses sociétés – plus de 2 milliards de dollars de capitalisation boursière, soit 4.353 entreprises dans le monde.

Les critères de notation sont variés, et recouvrent aussi bien l’environnement que la gestion sociale  : la gestion de l’eau, de l’énergie ou des déchets, la rémunération des dirigeants, le pourcentage d’impôts payés ou la performance en matière de sécurité.

Sont exclues du classement les entreprises ayant pour activité principale la vente de tabac, ou celles qui ont pour revenu majoritaire la vente d’armes. Les entreprises qui ont payé des amendes pour violation du droit environnemental sont elles aussi fortement pénalisées.

Les 100 entreprises les plus durables : le palmarès 2016

Le rapport 2016, publié le 20 janvier dernier, met BMW à la tête du classement des entreprises les plus vertueuses. Selon Corporate Knights, elle se distingue par son utilisation durable des ressources (eau, énergie, déchets), sa responsabilité en matière de fiscalité, d’investissements, un faible turn-over des salariés et une rémunération des dirigeants relativement faible.

Un aperçu du palmarès : les 10 premières entreprises du classement RSE 2016

Rang 2016 Entreprise Pays Classification
Score global
1 BMW Allemagne Automobiles 80.10 %
2 Dassault Systemes France Logiciels 75.70 %
3 Outotec Finlande Construction & Ingénierie 74.40 %
4 Commonwealth Bank of Australia Australie Banque 73,90 %
5 Adidas Allemagne Textile, prêt-à-porter et luxe 73.10 %
6 Enagas Espagne Equipements pétroliers 72.70 %
7 Danske Bank Danemark Banque 72,40 %
8 StarHub Singapour Télécommunications 71,80 %
9 Reckitt Benckiser Group Royaume-Uni Produits domestiques 71.70 %
10 City Developments Singapour Développement immobilier 71.30 %

Cocorico français ? Un classement qui invite à la réflexion

Parmi les 10 entreprises suivantes, on trouve quelques françaises : Schneider Electric (12), L’Oréal (14). Soit un total de 12 entreprises françaises dans le classement des 100 premières entreprises pour leurs pratiques RSE en 2015.

On y trouve également Aéroports de Paris, Kering, Renault ou Peugeot. Sont sorties du classement cette année, EDF et le Crédit Agricole.

Mais comment une entreprise affiliée à l’aviation et à l’armement se retrouve-t-elle deuxième du classement, alors que les entreprises d’armement sont exclues de la notation ? Dassault Systèmes est une filiale du Groupe Dassault, et vend des logiciels de conception 3D… notamment à Dassault Défense et Dassault Aviation.

BNP Paribas pavane aussi fièrement en 35ème place, alors qu’elle a été récemment épinglée par les ONGs pour ses investissements finançant les centrales à charbon. De même, Renault s’affiche en 71ème place malgré ses déboires récents sur les tests anti-pollution : on peut donc se demander si ces entreprises méritent de figurer parmi les plus vertueuses au monde.

D’un côté, un tel classement encourage les entreprises à s’améliorer de façon continue, et permet un suivi des engagements des plus grosses firmes. D’un autre, le classement laisse apparaître les limites des politiques de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE) de certaines entreprises : si certaines réalisent de véritables efforts pour améliorer leur impact sur l’environnement et la société, d’autres ne peignent que d’un « vernis vert » leurs agissements peu responsables. Vous avez dit greenwashing ?(2)

Illustration bannière : Rapport RSE analytics – © PureSolution Shutterstock

Références :
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Got it after first wasting time (1) checking if “anti-C” was a standard British abbreviation for 202anticlockwise≵ and (2) trying to make something of the C’s in the grid. Helped some by remembering the much harder Gaffney #104 where one had to put a U on a black square to complete the instruction DIG A TUNNEL going R-to-L (also “the wrong way”, as it happens), also extending a Down entry PRAISE to UPRAISE for a clue designed to work for both answers.

  2. Beaucoup des entreprises présentes dans ce “top 100” sont jugées parmi les pires par des ONG telles que Greenpeace ou Peuples solidaires.

    Dans ces conditions, ce classement n’a aucun sens… seul le détail des “notes” attribuées (avec commentaires) pourrait être pertinent.

    • Dassault Systèmes est une filiale du Groupe Dassault, et vend des logiciels de conception 3D… notamment à Dassault Défense et Dassault Aviation…. Pas très bien renseignés. C’était vrai il y 25 ans peut-être mais aujourd’hui si la défense représente 5% des revenus de Dassault systèmes, c’est bien le maximum!

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