Nicolas Hulot a raison : soyez le moustique des gouvernants !

Rédigé par Charlie Trisse, le 19 Oct 2015, à 12 h 31 min

La COP 21 approche à grands pas, mais n’intéresse que peu les acteurs politiques français : élections régionales, réfugiés, chamailleries des Verts, ou encore débats sur la loi Macron font craindre un échec de la conférence de Paris à l’image de celle de Copenhague en 2009. Pour mobiliser la société civile et ainsi attirer l’attention des décideurs politiques, Nicolas Hulot s’est emparé de la question à travers la publication du plaidoyer « Osons » et d’une campagne virale. Décryptage des messages et du savoir-faire certain de l’utopiste préféré des Français qui n’hésite pas à jouer le moustique des gouvernants. Lisez jusqu’au bout, et vous comprendrez…

Un show à l’américaine pour mobiliser les politiques et la société civile

Nicolas Hulot a mis les petits plants dans les grands. D’abord, un lancement, d’une durée de 2h au Grand Rex à Paris, le 7 octobre, digne d’un show à l’américaine, et porté par de nombreuses personnalités. Ensuite, un énorme buzz généré par la vidéo virale diffusée sur les réseaux sociaux.

Cette volonté de s’adresser directement aux jeunes est motivée par une étude montrant que seuls 13 % des moins de 30 ans connaissent réellement les enjeux de la COP21. Face à ce terrible constat, l’écologiste s’est associé à des humoristes et des célèbres Youtubeurs tels que Golden Moustache, Madmoizelle ou encore Studio Bagel, McFly, Valentin Vincent, Clémence Bodoc, Lucien Maine, Bapt, et Gaël, Kyan Khojandi ou encore Jérôme Niel. Une vidéo qui a porté ses fruits puisqu’en moins de 12h, elle a fait plus d’un million de vues et le site de la campagne a été saturé.

Et les messages passent, tant pour les gouvernements que pour les particuliers. 

Nicolas Hulot interpelle chefs d’Etat et gouvernements : « Osez agir ! »

« Osez agir et changez le monde, mais cessez de parler ! » Le ton est donné par l’écologiste. Affirmant que personne ne peut s’exonérer de ce qui va se passer à Paris, Nicolas Hulot propose 12 mesures, rejetées par certains comme utopistes, et pourtant à terme incontournables.

Régulez la finance en empêchant la spéculation sur les produits agricoles par exemple. Nicolas Hulot suggère la mise en place d’une taxe sur les transactions financières qui freinerait la spéculation. Il s’agirait également d’imposer aux institutions financières de prendre en compte les investissements verts dans leurs portefeuilles et de réorienter les financements publics vers des projets de transition.

Mettez l’économie au service des humains. Il s’attaque à l’indicateur de développement qu’est le PIB. Aujourd’hui, celui-ci ne prend pas en compte le bien-être des populations. En effet, cet indicateur comptabilise une marée noire comme une source de richesse car dégageant de l’activité économique, alors qu’elle détruit notre planète. Nicolas Hulot prône donc la mise en place de nouveaux indicateurs et encourage les pays à investir dans une économie saine et favorable au développement durable.

Mettez fin aux abus des multinationales. Certaines firmes disposent d’un poids économique supérieur à celui d’un pays. Nicolas Hulot souhaite l’affirmation d’une réelle responsabilité sociale des entreprises (RSE), ainsi qu’une plus forte responsabilité fiscale et pénale des actionnaires lorsqu’il y a violation des droits humains et des dommages environnementaux provoqués par leurs activités, celles de leurs filiales et de leurs sous-traitants directs à l’étranger.

Produisez et consommez dans un cercle vertueux. Il s’agirait, par exemple, de transformer le CO2 en ressource ou, encore, de promouvoir l’économie circulaire.

Démazoutez les investissements. Les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) sont responsables de 80 % des émissions mondiales de CO2. Pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 2°C, il faudrait renoncer à exploiter deux tiers des ressources d’énergies fossiles connues à ce jour. Impacts environnementaux et sociaux compris, la consommation actuelle des énergies fossiles coûterait aux Etats 10 millions de dollars par minute d’après le Fonds Monétaire International (FMI). Par conséquent, il faudrait réduire les avantages fiscaux à la consommation d’énergies fossiles et arrêter les soutiens publics à l’exploitation des énergies fossiles pour accélérer la transition énergétique.

Intégrez la pollution au prix de vente. Aujourd’hui, le coût du prélèvement des ressources naturelles, de la pollution et de la dégradation de la santé humaine n’apparaissent pas dans le prix. Pourtant, montrer toutes ces « externalités négatives » permettrait de sensibiliser les consommateurs et de changer leurs comportements. 

Gardez sa couleur bleue à la terre. Les océans capturent 30 % de CO2 et, grâce à la biomasse qu’ils abritent, sont un formidable producteur d’oxygène. Mais le septième continent subit la pollution, la surpêche et la surexploitation des ressources sous-marines. Pour lutter contre la destruction de la biodiversité marine, Nicolas Hulot propose de sanctuariser des zones en développant un réseau mondial d’aires marines protégées (AMP), notamment sur les côtes, et d’intégrer l’océan dans le financement, en particulier en investissant dans des bateaux moins consommateurs d’énergie et dans les énergies renouvelables marines.

Préservez les sols, supports de la vie. Nous vivons la sixième extinction majeure des êtres vivants. La disparition et la dégradation des habitats naturels en sont l’une des causes majeures. Pour sauver la biodiversité, des solutions existent : la mobilisation de financements climat pour lutter contre la déforestation, des programmes de reforestation, des politiques d’aménagement du territoire préservant les espaces naturels, type trame verte et bleue, ou encore l’agroécologie.

Nourrissez sans détruire. En 2015, il faudra nourrir plus de 9 milliards de bouches sur Terre. L’écologiste conseille de développer des systèmes inspirés de l’agroécologie qui associent diverses espèces et variétés végétales, de soutenir l’agriculture paysanne du Sud et, quant aux pays du Nord, d’appuyer l’agroécologie sur un tissu agricole territorialisé reconnectant consommateurs et producteurs.

Renforcez la justice sociale pour combattre le dérèglement climatique. Le réchauffement climatique a des effets dévastateurs sur les populations les plus pauvres. Elles subissent une double peine : alors qu’elles ont peu bénéficié des fruits du développement, elles subissent la faillite du système économique dominant. Le phénomène climatique ajoute de « la misère à la misère », de « l’injustice à l’injustice » et de « l’inégalité à l’inégalité ». Une mesure s’impose : restreindre les différences de revenus entre les plus pauvres et les plus riches. Selon Nicolas Hulot, la France devrait resserrer l’échelle de revenus, par l’impôt ou par d’autres incitations.

Réinventez la démocratie. La transition écologique pose la question du fonctionnement du système politique et de l’implication des différentes composantes de la société. Nicolas Hulot souhaite mettre en place des contre-pouvoirs au sein de nos institutions, dont le rôle serait de préserver nos conditions d’existence contre les intérêts particuliers. Cette mesure devra passer par une modernisation de la participation de la société civile.

Donnez une gouvernance mondiale à l’environnement afin de placer au centre des préoccupations la préservation des biens communs nécessaires à la survie de l’humanité. Cette mission serait confiée à l’Organisation Mondiale de l’Environnement (OME), assistée de la Cour mondiale de l’Environnement, gérant les conflits environnementaux et veillant à la compatibilité écologique des négociations. 

Lire page suivante : Nicolas Hulot appelle à un engagement individuel.
Et pourquoi nous pouvons être les moustiques des gouvernants…
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Titulaire d'un master 2 en "Journalisme et communication à l'international" de Sciences Po Aix et disposant d'un bachelor en "Relations Internationales" de...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. il y aurais tant a faire et a dire, mais cela va déranger beaucoup trop de gens, notamment nos politiques qui s’ enrichissent sur notre dos. Si déjà nous donnions a tout le monde les moyens de vivre décemment et que ceux qui ont les moyens fassent l’ effort de suivre ces principes;cela irait peut-être mieux.

  2. Si quelqu’un ou un groupe de gens intelligents (pourquoi pas des écolos) regroupaient TOUTES les solutions VIABLES pour un monde plus écolos ! Exemple recouvrir TOUTES les toitures des bâtiments administratifs ou appartenant à l’état (mairie, écoles, gymnase, HLM, etc, etc.)de panneaux solaires, de passer tous ces bâtiments (surtout ceux à venir !) en Géothermie (consommation au minimum 5 fois inférieur à n’importe quelles autres énergies fossiles y compris l’électricité nucléaire “pour 1 KW dépensé vous obtenez 5 à 7 kws de chauffage, j’étais chauffagiste ce sont des chiffres que j’ai pu constaté il y a déjà plus de 15 ans !!! Depuis des améliorations ont encore été faites) l’eau chaude solaires (sur ces mêmes bâtiments) en hiver avec du soleil et une T° DE 0 degré extérieur on obtient 45° d’eau chaude avec moins de 60 watts (pompe de circulation) c’est le même principe que votre voiture en plein soleil l’hiver mais en beaucoup plus amélioré (serres beaucoup plus petite, concentration de la chaleur, tuyau absorbant davantage la chaleur) système ultra simple et ultra efficace !!! Je parie que rien qu’avec ces systèmes simples et qui ont déjà fait leurs preuves en plus d’une bonne isolation mais c’est une évidence ! On pourrait se séparer d’une voir 2 centrales nucléaires (à vous, les écolos, de faire les comptes ! Mais il existe encore des dizaines de solutions déjà testés et qui fonctionnent : récupération d’eau de pluie pour l’arrosage des espaces vert et jardins, arbres à feuilles tournantes produisant de l’énergie pour l’éclairage public en ville, dalles de sol transformant l’énergie des “marcheurs” en électricité, installées dans les rues piétonnes les galeries marchandes leurs rendements seraient optimum etc, etc, etc. Même le recyclage, encore chère en France pourrait être fait par des prisonniers ayant eu moins d’un an de peine ou d’autres en fin de peine pour à leur tour devenir chef d’unité dans de nouvelles usines (réinsertion !) pareillement pour le nettoyage des rivières, des berges, de l’agriculture faut-il mieux arracher les mauvaises herbes ou polluer les nappes phréatiques de pesticides et polluants en tout genre (quitte a déplaire aux requins de l’industrie pharmaceutique, en tout cas ce n’est pas Ségo qui leur mettra des bâtons dans les roues !) en bref des centaines de solutions existent qui, de plus, relancerait l’économie de façon phénoménale (à condition, bien sûr, de ne pas se laisser soudoyer par les lobbys pharmaceutique et ceux des énergies fossiles, n’est-ce pas messieurs du gouvernement !)

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