Monsanto conscient de la dangerosité du Roundup depuis 1999

La justice américaine a déclassifié certains documents de Monsanto. Elle découvre alors que la firme agrochimique s’inquiétait, déjà en 1999, des risques cancérigènes de son produit phare, le désherbant Roundup.

Rédigé par Maylis Choné, le 20 Mar 2017, à 11 h 40 min

Le Roundup, fameux désherbant de la firme Monsanto, contient du glyphosate. Ce produit serait cancérigène et le géant de l’agrochimie, au courant depuis 1999, luttait pour trouver des études scientifiques prouvant le contraire.

Le Roundup de Monsanto contient du glyphosate, agent cancérigène

Les deux révélations sont tombées en même temps. La première c’est l’Agence européenne des produits chimiques, qui a décidé, le 16 mars dernier, de ne pas classer le glyphosate comme produit cancérigène. La seconde c’est la découverte, par la justice américaine, de documents récemment déclassifiés prouvant que Monsanto était conscient de la dangerosité de cet agent contenu dans son Roundup dès 1999.

D’après les courriers internes révélés en France par Le Monde, Monsanto cherchait dès cette période à trouver un scientifique expert sur le sujet afin de prouver que le glyphosate n’était pas dangereux pour la santé. Le professeur Parry chargé de l’étude à l’époque ne joue pas le jeu et affirme dans son rapport remis à la société « que le Roundup est ‘clastogène‘, c’est à dire capable de casser les brins d’ADN et générer des aberrations chromosomiques ». L’étude sera enterrée par Monsanto.

© oticki Shutterstock

Les malades veulent être entendus

Aujourd’hui la firme américaine se défend et estime que « l’allégation selon laquelle le glyphosate peut provoquer le cancer chez l’homme est en contradiction avec des décennies d’études menées par les autorités régulatrices à travers le monde. Les plaignants mettent en avant des documents sortis de leur contexte ». Les centaines de malades, atteints de cancer du sang, mettent cette maladie sur le compte de leur exposition au produit pendant de longues années.

Mais Monsanto va tout mettre en oeuvre pour se défendre et ne pas laisser interdire si facilement le Roundup. Ce désherbant est vital pour son modèle économique. En France, les socialistes dénoncent la décision de l’Agence européenne des produits chimiques, estimant que des lobbys menacent l’intégrité de ses études. Ils réclament une refondation totale de l’agence, une interdiction du Roundup et de tous les perturbateurs endocriniens en général.

Illustration bannière © Peter Braakmann – Shutterstock

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5 commentaires Donnez votre avis
  1. Les lobbys comme la FNSEA sont pour le glyphosate ainsi que notre ministre de l’agriculture et bien sur la plus part des agriculteurs, quand j’entends dire qu’il faut absolument du désherbant je rigole, comment faisait-on avant l’apparition de ce désherbant, certes les rendements étaient inférieurs mais comme il y a trop de céréales arrêtons de désherber la Terre vous le rendra.
    Maintenant nos agriculteurs sont devenus des assassins en puissance. Ils nous tues à petit feu.

  2. Très bien, commencez par interdire la pilule contraceptive et la plupart des produits utilisés en agriculture « bio »…

  3. Je n’ai aussi entendu que Benoit HAMON parler de perturbateurs endocriniens et des lobbies… Je suppose que pour les autres candidats ce ne sont pas de vrais sujets…

  4. ah bon! certainement qu il ferait comme tous les autres , c est a dire rien; je ne crois plus aux promesses electorales de qui que ce soit!!

  5. Il n’y a que Benoit Hamon qui a pris position contre la trop grande influence des lobbies.

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