Rouen : faut-il craindre une pollution massive ?

Quatre jours après l’incendie de l’usine chimique Lubrizol à Rouen, tous les résultats des mesures des polluants dans l’air ne sont toujours pas parvenus. Ils devraient être dévoilés mardi 1er octobre 2019.

Rédigé par Anton Kunin, le 30 Sep 2019, à 11 h 41 min

Par mesure de précaution, les préfectures ont interdit la récolte des fruits et légumes dans 112 communes de Seine-Maritime et une cinquantaine de communes de la Somme et de l’Aisne. Les conséquences sur la pollution de l’air dans la région de Rouen et les régions frontalières ne sont pas encore connues.

Incendie à Rouen : un risque de dispersion de poussières d’amiante existe

Le matin du lundi 30 septembre 2019, il est toujours difficile de prendre la mesure de l’impact sanitaire de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, survenu dans la nuit du 25 au 26 septembre. Le dimanche 29 septembre à 14 heures, ATMO Normandie, l’association agréée pour la mesure de la qualité de l’air dans la région, indiquait que « la qualité de l’air reste dégradée en raison de fortes odeurs qui sont encore perçues dans l’agglomération rouennaise sous les vents de l’usine ».

Lire aussi : Un site Seveso, quel danger cela représente-t-il ?

Le jour de l’incendie, des habitants ont par ailleurs pris contact avec l’association pour signaler des symptômes de santé de type picotements, irritations et maux de tête. Le 27 septembre 2019, ATMO Normandie a disposé 6 collecteurs de retombées atmosphériques dans des communes sous le panache et un collecteur en toute proximité de Lubrizol. Toutefois, le laboratoire en charge d’analyser ces prélèvements ne pourra communiquer les résultats que le mardi 1er octobre 2019.

L’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie confirme pour sa part la présence d’amiante dans la toiture des bâtiments qui ont brûlé. L’agence indique par ailleurs que les prélèvements réalisés sur les voiries et des sites extérieurs mettent en évidence des teneurs en métaux plus élevées, dans certains secteurs en proximité du site ou sous les vents. Il s’agit du plomb, pour lequel une valeur maximale de 2.230 µg/m2 a été relevée sur la gare maritime.

Des premiers indicateurs susceptibles d’être trompeurs

Pour le reste, sur le papier au moins, les premiers résultats disponibles ne sont pas préoccupants. Les captages d’eaux de surface font l’objet d’une surveillance renforcée, et aucun risque n’est constaté pour l’eau de robinet. ATMO Normandie indique que pendant l’incendie, aucun dépassement des seuils réglementaires sur son réseau de mesure permanent n’a été enregistré dans l’agglomération de Rouen. Mais cela ne veut rien dire car, même si l’association dispose de six stations de prélèvement dans l’agglomération de Rouen, aucune de ces stations ne se trouvait sur le passage du panache de fumée.

pollution de l'air lubrizol rouen

Pollution de l’air : la fumée à Rouen depuis des habitations. – © CatherineLProd

Il en va de même de l’indice de qualité de l’air journalier, qui a fait apparaître une qualité de l’air habituelle. Cela s’explique par le fait que c’est un indicateur synthétique qui rend compte de la pollution quotidienne. Il prend ainsi en compte le trafic routier, le chauffage, les activités industrielles, etc. Son mode de calcul ne prend en compte ni les odeurs, ni les polluants atypiques émis lors d’accidents comme un incendie.

Rappelons qu’en cas de question, un numéro d’urgence a été mis en place : le 02.32.76.55.66

Illustration bannière : L’incendie du site classé seveso Lubrizol à Rouen a des conséquences en termes de pollution de l’air. – © goffkein.pro
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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