Bilan de la saison de chasse : augmentation des accidents en France en 2018-2019

En France, on recense 131 accidents de chasse et 7 morts, en 2018-2019. Un chiffre en forte hausse par rapport aux 113 cas recensés la saison précédente.

Rédigé par Paul Malo, le 23 Jun 2019, à 12 h 40 min

Les accidents de chasse sont en augmentation dans l’Hexagone, avec au total 132 victimes pour la saison 2018-2019, dont sept morts.

En hausse, mais inférieurs à la moyenne

Les chiffres de ce que l’on appelle pudiquement les accidents de chasse viennent de tomber. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) vient de les publier pour la saison 2018-2019, du 1er juin 2018 au 31 mai 2019(1).

Au total, on recense 131 accidents, un chiffre en forte hausse par rapport aux 113 cas recensés la saison précédente, le plus bas jamais enregistré depuis la création du réseau national sécurité à la chasse en 1997. C’est cependant moins que la moyenne annuelle (140) sur la dernière décennie et sur les vingt dernières années (160).

accidents de chasse

Malgré les équipements le nombre d’accidents reste élevé © Robert Nyholm

Au total, très logiquement, le nombre de victimes est lui aussi en forte augmentation, avec 132 cas contre 115 pour 2017-2018. On compte parmi elles 22 non-chasseurs, contre 17 l’année précédente.

De dangereuses battues

En revanche, si la chasse tue encore, et pas seulement le gibier, les accidents mortels ne sont qu’au nombre de 7, dont un non-chasseur, soit moins qu’auparavant : on en recensait 13 l’an dernier (dont 3 non-chasseurs), 15 en moyenne sur la dernière décennie, 21 sur les vingt dernières années.

Pour autant, la France est, de très loin, le pays d’Europe où il y a le plus d’accidents de chasse, estime l’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages, dont la pétition en ligne contre la chasse le dimanche a déjà recueilli plus de 230.000 signatures. Un jour sans chasse, et pourquoi pas ?

En ligne de mire, également, des contextes accidentogènes : les battues au grand gibier. Les deux tiers des accidents se produisent en effet lors de chasses collectives au grand gibier (sanglier, cerf, chevreuil…) et la proportion  d’accidents dans de telles circonstances « augmente d’année en année, reflétant l’importance grandissante de ce mode de chasse en France », selon l’ONCFS. À ce sujet, « la proportion de traqueurs à l’origine d’un accident tend à augmenter, imposant une vigilance accrue quant à l’organisation des battues ».

Lire aussi : La chasse à courre, une pratique d’un autre temps ?

On peut aussi se demander combien de chiens de chasse trouvent également la mort lors des battues ?

Des cadeaux aux chasseurs

Faut-il y voir également un manque de maîtrise des armes utilisées par de plus en plus de chasseurs ? Sans doute,  l’ONCFS estime d’ailleurs que la très grande majorité des accidents mortels sont liés « à un manquement aux règles élémentaires de sécurité, à un tir sans identification ou à une mauvaise manipulation de l’arme ». Par ailleurs, du fait de la concentration de certaines populations de grands gibiers en périphérie des agglomérations, « les enjeux de sécurité sont particulièrement prégnants en milieu péri-urbain » .

accidents de chasse

Des accidents souvent dus à un manque de maîtrise des armes © Photoagriculture / Shutterstock

Aujourd’hui, les chasseurs représentent moins de 2 % de la population française, ce qui ne les empêche pas de « s’approprier la nature  au détriment des 98 % restants », juge l’Aspas. Et la division par deux, de 400 à 200 euros, du prix du permis de chasse national accordée en 2018 par Emmanuel Macron à 1,1 million de chasseurs également électeurs, n’est pas un signal dans la bonne direction.

Illustration bannière : Les accidents de chasse mènent parfois à de véritables drames familiaux – © Stanislav Salamanov
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4 commentaires Donnez votre avis
  1. La chasse c’est comme la guerre. Il y a un ennemi à neutraliser.
    Les animaux sont considérés comme des ennemis. Les chasseurs s’organisent en conséquence avec de lourds moyens pour arriver à leurs fins.

    Toute la population de france n’est pas militaire.
    Dans les conflits seule une petite partie de la population opère sur le terrain.
    Dans la guerre contre les animaux c’est pareil. Seule une minorité est active mais provoque suffisamment de dégâts.
    C’est cette population que Macron a décidé de flatter dans le sens du poil.

    Quand on voit des militaires en tenue treillis de camouflage.On devine très vite quel est leur rôle.
    Pour les chasseurs c’est pareil. Le sang doit couler. Pour l’honneur, au nom du commerce, au nom du pouvoir.

  2. les accidents de chasse.
    certes 7 morts c est 7 morts de trop (bien souvent des chasseurs d’ailleurs), plutôt que de donner dans la chasse bashing, très en vogue par ces temps, il eut été interessant de comparer le nombre d’accidents de la chasse, au ski, au foot, au rugby…
    Une idée pour votre prochain article j’espère…

    • Aucun risque de la part de consoglobe Mr Soufflet, sans parler des noyades

    • remarque des chasseurs tués c’est des salauds de moins sur terre
      Bien fait pour leur gueule !

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