Le sable, une ressource en voie de disparition

Le sable, omniprésent dans notre quotidien, est victime du pillage d’une industrie colossale, toujours plus vorace qui épuise cette ressource à grande vitesse. Éviter la pénurie devient un enjeu environnemental et économique à l’échelle planétaire.

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 28 Aug 2020, à 7 h 57 min

La folie de la demande de sable : le nouvel or jaune

Marché énorme, l’industrie du granulat se porte comme un charme. Et pour cause : on aura toujours besoin de construire des bâtiments et des routes. La demande de sable ne cesse de croître. D’après le PNUE, ce commerce devrait augmenter de 5,5 % par an avec l’urbanisation et le développement des infrastructures. Mais parfois, c’est pour assouvir les pires excentricités !

Dubaï et ses excentricités

Dubaï est connu pour ses excentricités architecturales : toujours plus grand, toujours plus haut, toujours plus cher, Dubaï ne s’impose aucune limite en matière de construction. Pas même la mer.
Au début des années 2000, l’Émirat se lance dans la folie « Palm Islands ». Parce qu’à cause des spéculations, il coûterait moins cher au pays de construire une île artificielle plutôt que d’acheter des terrains, Dubaï investira plus de 12 milliards de dollars et consommera 150 millions de tonnes de sable pour construire son archipel.

sable

Singapour ou Dubaï (ici en photo) n’ont de cesse de vouloir étendre leur territoire et doivent importer, parfois frauduleusement, du sable © Jag_cz

Insatiable, Dubaï part en 2003, à la conquête du monde via son autre grand projet, « The World », un ensemble de 300 îles artificielles représentant la carte du monde. Bilan : 14 milliards de dollars et plus de 500 millions de tonnes de sable pour un projet qui s’arrêtera brusquement en 2008 à cause de la crise économique.

Le sable au coeur des échanges internationaux

On pourrait présumer que tout le sable utilisé provient des déserts tout proches. En fait il n’en est rien. Car il est impossible de construire une île artificielle avec du sable du désert.

Il existe en effet différents types de sables. Selon leur provenance, ils ne présentent pas les mêmes propriétés. Ainsi, les grains qui constituent le sable du désert sont tout ronds et lisses du fait de l’action du vent, ce qui rend impossible toute agrégation.
Pour être exploité dans une construction, le sable doit présenter des angles afin de pouvoir s’agglomérer. D’où l’utilisation et la surexploitation du sable marin pour la construction, qui n’est en rien une ressource durable.

Les Émirats ayant largement épuisé leurs stocks, se voient contraints désormais d’importer du sable. Cela a été le cas pour Dubaï qui a importé 45.700 tonnes de sable d’Australie afin d’ériger sa Burj Kalifa, devenue la plus grande tour du monde. L’exportation de sable aux pays du Moyen Orient rapporte à l’Australie 5 milliards de dollars par an.

La Chine, premier consommateur de sable

L’Empire du Milieu utilise à lui seul 60 % de la production mondiale de sable. Preuve du gigantisme de son boom immobilier : Ces deux dernières années, sa consommation égale celle mesurée aux États-Unis au XXe siècle.

De façon générale, l’industrie du sable brasse des milliards de dollars. Le marché est tellement gigantesque qu’il est gangrené par une véritable mafia.

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Je fais partie de ce qu’on appelle désormais les « slasheurs » : je suis rédactrice / sophrologue / et j’enseigne le français comme langue...