Le lavage en machine des tissus synthétiques libère des microfibres plastiques

Selon une étude, chaque cycle de machine à laver libère plus de 700.000 fibres plastiques microscopiques dans l’environnement.

Rédigé par Joseph Vebret, le 28 Sep 2016, à 11 h 10 min

C’est un véritable problème environnemental auquel on ne pense pas : laver de simples vêtements conduit à déverser dans les rivières et les océans des quantités considérables de microfibres plastiques.

Laver ses vêtements synthétiques conduit à polluer rivières et océans

Une équipe de l’Université de Plymouth, au Royaume-Uni, a passé une année à analyser ce qu’advient d’un certain nombre de matériaux synthétiques lavés à différentes températures dans des machines domestiques.

Résultats : l’acrylique arrive en tête, avec la libération de près de 730 000 minuscules particules synthétiques par lavage, cinq fois plus que le mélange polyester-coton et près de 1,5 fois plus que le polyester. « Différents types de tissus peuvent avoir des niveaux très différents d’émissions, indique Richard Thompson, professeur de biologie marine à l’Université de Plymouth. Nous avons besoin de comprendre pourquoi certains types de tissus libèrent sensiblement plus de fibres que d’autres. »

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Un empoisonnement potentiel de la chaîne alimentaire

Ces microfibres voyagent avec les eaux usées domestiques vers les usines de traitement, où certains des fragments sont capturés par les boues d’épuration. Le reste passe dans les rivières et finalement, les océans. Un article, publié en 2011, a révélé que 85 % des microfibres des débris d’origine humaine arrivent sur les rivages du monde entier. L’impact de la pollution micro-plastique n’est pas entièrement compris, mais des études ont suggéré qu’elle peut potentiellement empoisonner la chaîne alimentaire lors de son passage dans le tube digestif des animaux, réduire la capacité de certains organismes à absorber l’énergie des aliments de façon normale et même changer le comportement des crabes.

Une étude publiée en juin par l’Université de Californie à Santa Barbara, en partenariat avec une célèbre marque de vêtements, a permis de montrer que chaque lavage d’une veste polaire synthétique libère en moyenne 1,7 g de microfibres. Certes, ces fibres plastiques microscopiques ne représentent que la partie émergée de l’iceberg ,mais on peut bien mesurer l’ampleur du problème à l’échelle planétaire.

Les gouvernements agissent déjà sur la pollution plastique : le Royaume-Uni et les États-Unis ont annoncé une interdiction des microbilles d’ici la fin 2017.

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