Greenpeace : la pêche intensive du krill en Antarctique, un danger pour l’écosystème marin

Le krill, petit crustacé aux airs de crevette, est à la base de l’écosystème marin de l’Antarctique, où il sert de nourriture principale aux baleines et aux manchots. Greenpeace alerte donc sur la pêche intensive dont il est victime.

Rédigé par MEWJ79, le 14 Mar 2018, à 10 h 45 min

Greenpeace a publié ce mardi 13 mars 2018 un rapport sur l’industrie de la pêche au krill en Antarctique. L’organisation alerte sur les risques environnementaux liés à cette activité en pleine expansion et réitère sa proposition de création d’un grand sanctuaire marin.

La pêche industrielle du krill menace la survie des manchots et baleines qui en sont friands

Le krill, petit crustacé qui ressemble à une crevette, est à la base de la chaîne alimentaire de tout l’écosystème marin de l’Antarctique. C’est le mets préféré des manchots. Décidément, ces derniers font l’actualité ces derniers temps. Menacés de disparition parce que leur nourriture s’éloigne toujours plus des lieux où ils vivent, les manchots risquent aussi de devoir faire face à une pénurie. Et ils ne sont pas les seuls. En effet, les baleines et les phoques ont également besoin du krill pour survivre. Si petits soient-ils, les krill d’eau froide vivent en groupe et représentent une importante source de protéines.

Il est donc à la base de l’écosystème marin de l’Antarctique et sert de nourriture principale aux baleines et aux manchots. Pour rappel, ce petit crustacé était peu pêché jusqu’en 2010. Les techniques de pêche n’étaient pas assez perfectionnées et donc peu rentables. Mais avec l’arrivée de bateaux capables de récolter de grandes quantités de krill, la situation a évolué. Parmi les pays concernés, on peut citer la Norvège, la Corée et la Chine.

Greenpeace a donc décidé d’alerter le public. Motivée par la publication d’une étude sur Plos One fin janvier par des scientifiques sur l’impact du réchauffement climatique sur la diminution de la quantité de Krill en Antarctique, l’organisation de défense de l’environnement a décidé de tirer la sonnette d’alarme dans un rapport publié ce mardi 13 mars sur la pêche industrielle du krill, intitulée « Licence to krill, le monde mal connu de la pêche antarctique »(1).

L’homme en compétition avec les baleines et les manchots

Si la pêche de ce petit crustacé est devenue si intense, c’est parce que le krill est une source de protéines convoitées par les hommes également. Il est en effet vendu sous forme d’huile, de compléments alimentaires comme ceux à base d’Omega 3, d’aliments dans les fermes aquacoles ou encore de nourriture pour les animaux domestiques. Mais ce sont principalement les besoins en Oméga-3 qui font craindre, à Greenpeace, une augmentation significative des quantités de krill pêché dans les années à venir.

Il est d’ailleurs à noter que, dès 2006, en Californie, la pêche commerciale du krill a été interdite en raison de l’importance de ce dernier dans la chaîne alimentaire marine. Greenpeace se base sur les conclusions d’une expédition de trois mois en Antarctique, au cours de laquelle ses membres ont effectué des plongées d’exploration du plancher océanique. Ils ont également étudié des données de géolocalisation.

krill

Le krill est traditionnellement utilisé pour faire la pâte de crevette ou plus récemment pour fabriquer des compléments alimentaires riches en Oméga-3 © JAY KRUB

« Elles montrent que des bateaux de pêche ont jeté l’ancre à proximité de zones protégées » comme Discovery Bay, ainsi que des « pratiques dangereuses telles que le transbordement » qui permet le transfert en mer des produits de la pêche entre deux bateaux. Et Hélène Bourges, responsable de la campagne Océans à Greenpeace France, de conclure « L’industrie de la pêche au krill en Antarctique se rend dans l’un des derniers espaces quasi vierges de notre planète et y livre une compétition féroce aux manchots et aux baleines dans le but de capturer une espèce absolument clé pour tout l’écosystème de l’Antarctique ».

Au final, Greenpeace souhaite que cette pêche cesse dans les zones dont la protection est envisagée par la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). L’association veut aussi que les entreprises qui achètent ce type de produits soient plus attentives. Et elle en profite pour rappeler son projet de créer le plus grand sanctuaire marin au monde (1,8 million de kilomètres carrés en mer de Weddell).

Pour en savoir plus et signer la pétition Protégeons l’océan Antarctique, rendez-vous sur le site de Greenpeace

Illustration bannière : Krill – © Dmytro Pylypenko
Références :
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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