Idée reçue – L’importation lointaine d’un produit bio annule son intérêt écologique

Rédigé par Annabelle, le 9 Apr 2013, à 17 h 04 min

idee recue En France, en 2009, près de 40 % des produits biologiques disponibles dans les rayons des magasins étaient importés, contre 30 % en 2008. Et qui dit importation dit forcément bilan écologique lourd. Quoique… tout n’est jamais tout blanc et tout noir. Ainsi, un produit bio importé n’est pas forcément plus dommageable qu’un produit conventionnel cultivé localement. Explications

Un produit bio est-il forcément écologique ?

Un produit écologique, ou produit vert, est un produit dont l’impact sur l’environnement est le plus bas possible. Pour mesurer cette empreinte, on considère tout son cycle de vie, de la conception à la fin de vie ou au recyclage (stade déchets) en passant par sa fabrication.
LabelAB6

Alors, une fraise bio importée d’Espagne serait-elle plus écologique qu’une fraise cultivée en France, mais pour laquelle on aurait utilisé de nombreux intrants chimiques et que l’on aurait fait pousser dans une serre ?

Rien n’est moins sûr, car en effet, l’impact d’un produit sur l’environnement dépend de son mode de culture. Ainsi, selon une étude(1) menée conjointement par l’Ademe et Bio Intelligence service, la culture sous serre chauffée consomme 10 à 110 fois plus d’énergie que la culture à ciel ouvert.

Prenons l’exemple des fleurs.

Savez-vous que chez votre fleuriste, 90 % des roses, des orchidées et des tulipes viennent des pays du Sud ?

roses20En l’occurrence, la rose provient la plupart du temps du Kenya. Elle est donc cultivée à plus de 6 000 km de votre boutique de fleurs préférée. Mais pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, le bilan énergétique d’une rose cultivée au Kenya et transportée par avion sera tout de même plus faible que celui d’une rose cultivée beaucoup plus près, aux Pays-Bas par exemple.

Le bilan carbone d’une fleur bio kenyane est en effet deux fois plus faible que celui d’une rose néerlandaise. Le climat étant moins doux en Europe qu’au Kenya, les fleurs doivent être éclairées et chauffées en serre de 12 à 18° en hiver. Dès lors, le transport aérien n’annule pas forcément l’intérêt d’un produit bio, si la culture des fleurs importées est plus respectueuse de l’environnement

Le transport par camion est lui aussi moins lourd pour l’environnement que la culture sous serre. Ainsi, pour un kilo de tomates de Belgique consommé en France en hiver, il en coûtera :

  • 12,5 g équivalent pétrole pour le transport en camion
  • contre 946 g équivalent pétrole pour une culture sous serre chauffée, soit 75 fois plus que le transport jusqu’en France

Quelques chiffres sur l’importation de fruits et légumes

Ecolabel-europeen-produits-ecologiques-maisonChaque année, l’importation de fruits et légumes vers l’Hexagone représente :

  • Une consommation d’énergie de près de 250 000 tonnes équivalent pétrole
  • L’émission de près de 1 000 000 tonnes équivalent CO2

Les importations par avion représentent :

  • 1 % du tonnage des importations
  • Plus de 10 % des consommations d’énergie et 24 % des émissions de GES du transport du total des importations

Importer un produit bio n’annule donc pas toujours son intérêt écologique. Cependant, nous ne saurions que trop vous conseiller de consommer local et de saison, bio ou pas bio !

*

Cela me donne une idée

Sur l’impact des produits bio :

(1)Impact environnemental du transport de fruits et légumes importés Une vision macroscopique

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Passionnée de voyages et de rencontres en tout genre, j'adore prendre mon sac-à-dos et voir ce qui se passe ailleurs ! Consommer responsable est devenu une...

11 commentaires Donnez votre avis
  1. Alors, une fraise bio importée d’Espagne serait-elle plus écologique qu’une fraise cultivée en France, mais pour laquelle on aurait utilisé de nombreux intrants chimiques et que l’on aurait fait pousser dans une serre ?
    La réponse “Rien n’est moins sûr” est en contradiction avec l’argument sur les serres …
    En outre, je ne vois pas l’intérêt de la question, qui sous-entend que manger des produits locaux empoisonnés pourrait être plus écolo que manger des produits bio venus de trop loin. Évidemment qu’il vaut mieux choisir au plus proche, mais de là à s’empoisonner parce que, au total, la culture de fraise pleine de produits chimiques coûte moins cher en énergie grise à la planète, c’est un peu tiré par les cheveux comme raisonnement. C’est le transport qu’il faut rendre plus écologique et non culpabiliser le consommateur soucieux de ce qu’il absorbe.

    • d’autant plus qu’il y a un facteur qui n’est jamais pris en compte dans le bilan : les produits chimiques avec lesquels on arrose les plantes sont fabriquées à partir de pétrole et de diverses matières importées !! De même, certains labels imposent que l’alimentation des animaux soit produite au moins à 50% sur place (biocohérence, Déméter, Nature & Progrès), alors que l’animal de batterie français est nourri au soja et à l’huile de palme d’importation.
      Il vaut mieux choisir du bio italien avec des engrais verts produits sur place, etc. que du chimique près de chez soi.
      Et acheter des produits de saison, bien sûr !
      Les fleurs, et une minorité de bananes, sont importées par avion. Mais sinon, c’est bateau pour toutes les destinations lointaines : l’impact du transport n’est pas si différent qu’un produit qui vient de l’autre bout de la France par camion.

  2. Bonjour,
    Ca serait presque vrai pour les roses, si un reportage n’avait pas montré combien la culture des roses au kenya a pollué gravement le lac en bordure de la principale zone d’exploitation conduisant à son asséchement partiel, sa pollution forte, mettant au chômage les pécheurs et rendant malades des riverains.
    A part ça l’argument énergétique seul est intéressant mais partiel qu’en est t il du point de vue Gaz a effet de serre ?

  3. Et si on se contentait de fleurs, fruits et légumes de saison, pas besoin de serre chauffée, ainsi le bilan énergétique serait presque nul.

    • Merci pour votre commentaire. Le plus simple et le plus logique. Vivons en harmonie avec les saisons!

  4. oui l’idéal est de consommer de saison, local et bio car consommer de saison mais un légume qui a subi je ne sais combien de traitements chimiques annule complète son bénéfice pour la santé!

    pareil pour les modes de cuisson, ça ne sert à rien de manger des légumes cuit à la cocote minute, micro onde,car tous les vitamines des légumes ont été détruit il faut les consommer à la vapeur douce (il faut un bon apareil à vapeur en inox et aps cette merde vendu ds les supermarchés en plastique)

  5. Les produits qui viennent en bateau n’ont pas obligatoirement un impact important, mais c’est long, la distance ne fait pas tout.
    Les fruits d’Argentine, je les évite, je préfère de chez nous ou voisins (Portugal, Italie), mais finalement, pas si évident (les bananes sont mûries pendant le voyage).

  6. Bonjour
    Faut-il “consommer malin” sous divers prétextes dont “c’est moins grave (faire venir du Kenya) que si c’était pire (brûler du fuel en France) ” ?
    Il existe des listes des fruits & légumes avec leurs origines mais peu avec le coût énergétique, de façon à pouvoir choisir en connaissance de cause. Pourquoi pas le faire pour les fleurs etc. Il y a des fleurs locales de saison aussi belles et qui font autant plaisir que les orchidées…
    L’argument “on apporte ainsi du travail dans les pays en développement” ne tient pas : sauf commerce “réellement équitable” aucune culture d’exportation ne fait vivre décemment les producteurs là bas, et les cultures vivrières sont concurrencées.

    • EXACTEMENT ! Je trouve cet article limite révoltant ! Renseignez-vous des conditions dans lesquelles travaillent ces personnes ! Que ce soit au Kenya, ou même plus proches en Espagne ou Italie ! à ce sujet il y a eu de très bons reportages sur France Inter émission de Daniel Mermet “la-bas si j’y suis” la-bas.org ! EDIFIANT !

  7. La bonne solution écologique, c’est de consommer les produits (légumes, fruits, fleurs) à la bonne saison : PAS DE FRAISES EN HIVER !!!

    • Cest exactement le commentaire que je m’apprêtais à écrire!
      Pourquoi manger des tomates toute l’année ? On en produit en France en plein air et c’est mûr à point en été, le reste de l’année (même en juin), c’est poussé sous serre!

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