Hantavirus : pourquoi ce n’est pas comparable à la crise du Covid-19
Des cas d’hantavirus détectés en France réveillent les peurs d’une nouvelle pandémie. Pourtant, les chercheurs expliquent pourquoi ce virus n’a rien à voir avec le Covid-19.

Bien que le signalement de cas d’hantavirus en France en mai 2026 ravive le traumatisme de la pandémie de 2020, les experts soulignent que ces deux virus sont scientifiquement très distincts.
Une faible transmissibilité
Contrairement au SARS-CoV-2, l’hantavirus n’est pas un virus respiratoire classique provoquant des pneumonies, mais une pathologie entraînant principalement des oedèmes aigus pulmonaires ou des atteintes rénales. Si les premiers symptômes (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires) peuvent initialement faire penser à un état grippal, le mécanisme biologique de l’hantavirus repose sur une perméabilité anormale des vaisseaux sanguins. Ce qui en fait une maladie structurellement différente du Covid-19.
En revanche, l’hantavirus se caractérise par une gravité clinique bien supérieure à celle du Covid-19, avec un taux de mortalité particulièrement élevé, oscillant entre 30 % et 60 % pour les formes cardio-pulmonaires. Cependant, ce caractère mortel est limité par une capacité de contagion très faible. Alors que le Covid-19 se propageait massivement par aérosols, la transmission interhumaine de l’hantavirus (spécifiquement la souche des Andes) reste marginale. Elle nécessite des contacts prolongés et extrêmement rapprochés, comme le partage d’un lit. Le mode de contamination principal demeure indirect, par l’inhalation de poussières souillées par des déjections de rongeurs.
Ce qu’il faut retenir de l’hantavirus
- L’hantavirus est connu des scientifiques depuis les années 1950.
- Sa mortalité peut atteindre 60 % dans certaines formes graves.
- La transmission entre humains reste extrêmement rare.
- Le principal risque vient des poussières contaminées par des déjections de rongeurs.
- Les experts jugent le risque de pandémie mondiale très faible.
Quelle connaissance scientifique ?
L’une des différences majeures réside dans l’état de la recherche : en 2020, le monde faisait face à un virus émergent inconnu, tandis que les hantavirus sont identifiés et étudiés depuis les années 1950. Les spécialistes disposent déjà de tests de diagnostic (PCR et sérologie) et d’une compréhension fine des foyers d’infection, souvent liés aux milieux forestiers ou agricoles. Cette expertise accumulée permet aux autorités sanitaires, dont l’OMS, de se montrer rassurantes quant au risque de propagation à grande échelle
Dit autrement, l’éventualité d’une pandémie mondiale est considérée comme extrêmement faible. Malgré cette connaissance historique, il n’existe actuellement aucun vaccin ou traitement spécifique validé à l’échelle mondiale. La prise en charge repose essentiellement sur le traitement des symptômes en soins intensifs. La recherche actuelle explore plusieurs pistes, allant des vaccins à ADN à l’immunothérapie par anticorps monoclonaux, tout en essayant de limiter la réaction inflammatoire excessive qui cause les décès.
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