Greenpeace, 40 ans d’engagement au service de l’intérêt général

Grâce à ses actions non-violentes mais souvent spectaculaires pour protéger l’environnement, la biodiversité et promouvoir la paix, Greenpeace (« paix verte » en anglais) est connue dans le monde entier. Si l’ONG nous rappelle constamment qu’il est urgent d’agir, elle nous rassure que tout espoir n’est pas perdu, et qu’ensemble nous pouvons beaucoup contre le réchauffement de la Terre, la disparition des écosystèmes, et toutes les injustices faites à la planète et aux humains…

Rédigé par Marie Vabre, le 21 Feb 2018, à 16 h 40 min

Greenpeace est une organisation internationale présente sur tous les continents avec 28 bureaux nationaux et régionaux, et tous les océans à bord de trois navires. Trois millions d’adhérents sont en outre mobilisés à ses côtés à travers le monde. À l’automne dernier, la célèbre organisation a d’ailleurs fêté ses 40 ans.

Greenpeace France – « On ne peut pas parader sur la scène internationale en clamant qu’il faut protéger le climat et être l’un des pays européens les plus en retard sur le développement des énergies renouvelables ».

Début février, nous avons rencontré Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France depuis 2012, pour faire avec lui le bilan des grandes avancées de l’ONG et de ces combats futurs en matière de réchauffement climatique, de transition énergétique ou encore d’agriculture et d’alimentation.

consoglobe.com – Au coeur de l’agenda international lié au climat, la COP23 et le One Planet Summit ont marqué la fin de l’année 2017. Quel est votre analyse pour ces deux événements ?

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Jean-François Julliard © Jacob Khrist

Jean-François Julliard : notre bilan est en demi-teinte car il y a eu des annonces intéressantes, notamment celle de la Banque mondiale au One Planet Summit. Nous attendons de voir comment cela va se concrétiser, mais le fait qu’une institution financière de cette envergure prenne cet engagement doit interpeler les milieux financiers et les investisseurs. Ils en viennent à se dire que si même la Banque mondiale n’investit plus dans les énergies fossiles, il faut prendre le sujet au sérieux. C’est donc un signal intéressant.

Il y a eu quelques annonces de grands groupes, comme Axa [NDLR : de désinvestir quelque 2,4 milliards d’euros supplémentaires de ses actifs dans le charbon, et 700 millions d’euros de ses actifs dans les sables bitumineux], mais malgré tout, cela manque de concret, de réel engagement de la part des responsables politiques.

Ni Emmanuel Macron, ni Angela Merkel, ni aucun autre grand dirigeant n’ont pris l’engagement d’aller plus loin dans la lutte contre le dérèglement climatique, et n’ont expliqué comment baisser les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, à l’agriculture, au bâtiment, ou comment enrayer la déforestation…

Nous restons donc un peu sur notre faim, comme souvent chez Greenpeace après ce genre de grand-messe internationale. C’est beaucoup de temps, d’énergie, d’argent investis dans ces grands sommets, avec un manque de concret.

Lire aussi : Climat : à quoi bon les négociations annuelles internationales ?

consoglobe.com – Même s’ils ont une forme d’utilité pour définir des grands axes de la politique des États ?

Jean-François Julliard : je reste convaincu qu’on aurait pu inventer un mécanisme de gouvernance sur le climat différent, plus contraignant, plus efficace dans les dispositions. L’Accord de Paris aurait été bien s’il avait eu lieu vingt ans plus tôt. Mettre d’accord 195 États, c’est quasiment mission impossible.

Penser régler une question globale en s’attaquant uniquement au problème au niveau global ne me semble pas adapté. La faiblesse des engagements des gouvernements est décevante. Toutes les ONG leur ont demandé de les rehausser d’ici la mise en oeuvre de l’Accord de Paris, en 2020.

Le Groupe d’experts intergouvernementaux sur le climat (GIEC) va sortir un nouveau rapport cette année ; il confirmera certainement que la somme des engagements des États ne permettra pas de rester à 1,5°C de réchauffement. Le rapport annoncera des trajectoires pour y parvenir et celles-ci devront passer par des ambitions bien plus fortes des gouvernements.

consoglobe.com – Certains tendent même à dire que la planète se dirige vers la trajectoire des 4°C de plus…

Jean-François Julliard : oui, si rien ne change. Donald Trump fait machine arrière, et aujourd’hui, les autre États sont peu enclins à rehausser leurs engagements. Chez Greenpeace, nous ne sommes pas pessimistes car nous voyons les engagements d’autres acteurs. Aux États-Unis, l’annonce de Trump a créé une sorte d’électrochoc pour ceux qui ont la volonté de faire davantage d’efforts. Nous voyons le mouvement des régions, des États, des maires, des gouverneurs qui eux, ont accéléré la mise en oeuvre de mesures bénéfiques pour le climat.

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Une voix qui se fait entendre © CapturePB

consoglobe.com – Même la Chine prend certaines mesures qui n’étaient pas imaginables il y a quelques années…

Jean-François Julliard : oui, la Chine est le pays qui investit le plus dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire. En revanche, la Chine continue à utiliser beaucoup de charbon. Même si elle a diminué sa consommation, il faut qu’elle accélère sa diminution pour avoir un vrai impact. Aujourd’hui, sur la lutte contre le dérèglement climatique, la Chine en fait plus que les États-Unis !

Lire page suivante : la situation française

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Décrypter les tendances et les signaux qui construisent une planète plus durable, c'est le journalisme qui m'anime au quotidien. Les acteurs du changement...

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