La géolocalisation photo sur Instagram ruine la nature

De nombreuses autorités locales enjoignent leurs visiteurs à ne pas utiliser la géolocalisation lorsqu’ils prennent des clichés et les partagent sur Instagram. En effet, de nombreux touristes peu scrupuleux débarquent et piétinent les fleurs ou font des feux de camp qu’ils n’éteignent pas complètement… Une vraie bombe à retardement pour l’écosystème.

Rédigé par MEWJ79, le 20 Aug 2019, à 11 h 30 min

Les clichés de paysages vierges postés sur Instagram entraînent rapidement une arrivée massive de touristes. Or, ces derniers sont loin de respecter les lieux qu’ils visitent. De nombreux exemples à travers le monde prouvent malheureusement que la géolocalisation photo n’est pas écoresponsable.

Instagram, une menace pour l’environnement ?

Partager des clichés de lieux paradisiaques, invitant les gens à s’y rendre, a des conséquences parfois terribles sur l’écosystème. Carole d’Antuoni, coordinatrice des éco-gardes du parc naturel régional de la Sainte-Baume, à quelques kilomètres de Marseille, témoigne dans L’Express. En effet, en mars 2019, un internaute publie une photo montrant une magnifique vue de cet endroit sur la page Facebook « Bienvenue à Marseille », où l’on retrouve des adresses à visiter et des lieux incontournables de la Cité phocéenne.

Il ajoute ce commentaire « Un petit paradis aux portes de Marseille ». Or, les sources de l’Huveaune, situées dans le parc, ne sont pas les plus connues de la région puisqu’elles attirent une cinquantaine de touristes par week-end. Mais comme le raconte la responsable, suite à cette publication, plus de 500 personnes sont venues en une seule journée. Or, ces visiteurs laissent des traces derrière eux : des feux de camp mal éteints, des déchets… 

WWF France lance le programme « I Protect Nature »

Le WWF France a lancé cet été une campagne pour protéger les sites naturels de France. L’organisation de protection de la nature dénonce la géolocalisation photo sur Instagram qui permet de poster des images de paysages idylliques encore sauvages. Cette médiatisation de la nature a un revers dramatique puisqu’elle attire le tourisme de masse dévastateur pour la biodiversité de ces lieux magiques.

Ne pas géolocaliser ses clichés par respect pour l’environnement

Et il ne s’agit évidemment pas d’une exception française, le phénomène est mondial. Le New York Times évoque ainsi le Delta Lake, dans le Wyoming, dont la fréquentation a explosé après que des blogueurs s’y sont pris en photo et se sont « géotagués ». Ils ont été suivis rapidement de centaines « d’influenceurs » venant s’y prendre en photo pour vanter tel ou tel produit, au grand dam de la population locale. Un hôtel a enjoint ses visiteurs à arrêter de géolocaliser leurs photographies sur les médias sociaux afin de protéger les lieux.

Et pour cause, certains arrivent avec leur véhicule ou se permettent de camper sans respecter l’environnement. Dans certaines régions d’Afrique du Sud, des panneaux sont apposés sur des clôtures le long des itinéraires de safari. Ils invitent les photographes à ne pas partager l’emplacement des rhinocéros, cible des braconniers. Il y a six mois, Leave No Trace, une organisation du Colorado, qui promeut l’utilisation éthique des terres publiques, a publié de nouvelles directives sur les médias sociaux qui invitent à ne pas utiliser la géolocalisation.

Illustration bannière : La géolocalisation photo sur Instragram draine des flux de visiteurs dans des lieux fragiles © Ashley Aslett
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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