Gardanne : une information judiciaire contre les boues rouges d’Alteo

Si depuis fin 2015, l’usine Alteo de Gardanne a cessé ses rejets en mer de « boues rouges » solides, ne déversant plus qu’un effluent liquide, les plaignants estiment que ces rejets liquides sont dangereux pour l’environnement, de même que les boues stockées à proximité de l’usine, dont les poussières vont recouvrir les habitations voisines.

Rédigé par MEWJ79, le 19 Mar 2019, à 10 h 00 min

Le tribunal de grande instance de Marseille a ouvert une information judiciaire sur les rejets de l’usine d’alumine Alteo à Gardanne (Bouches-du-Rhône), a-t-on appris le lundi 18 mars 2019. En avril 2018, huit plaignants avaient déposé une plainte contre X pour mise en danger d’autrui.

Boues de Gardanne : une information judiciaire ouverte pour infraction à la législation

Une information judiciaire sur les rejets de l’usine Alteo d’alumine de Gardanne (Bouches-du-Rhône) a été ouverte par le tribunal de grande instance de Marseille, le lundi 18 mars 2019(1). Huit plaignants ont en effet déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui afin de faire cesser les rejets de cette usine. Le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, a précisé que l’information a notamment été ouverte pour « infraction à la législation sur les installations classées ».

Gardanne

La couleur de la bauxite © electra

Pour rappel, après cinquante ans de rejets de boues rouges polluantes dans les calanques, Alteo avait obtenu par arrêté préfectoral, fin décembre 2015, une nouvelle autorisation et un délai de six ans pour mettre ses rejets liquides aux normes. L’usine a modifié ses procédés, gardant à terre les boues solides et ne rejetant plus qu’un liquide filtré, ce qui aurait abouti, selon Alteo, à une réduction du flux de métaux rejeté de plus de 99 %.

Mais l’arrêt des rejets liquides s’est accompagné du triplement du volume de bauxite déshydratée stockée : 300.000 tonnes par an.

Plaintes pour mise en danger de la vie d’autrui

Par conséquent, des poussières rouges s’abattent régulièrement sur la commune de Bouc-Bel-Air, qui héberge l’usine Alteo de Gardanne. Cette information judiciaire est donc une première victoire pour Thierry Gauvin, président de l’association Bouc-Bel-Air Environnement, l’un des plaignants, qui pensait que le dossier allait être classé sans suite. Et de se réjouir sur franceinfo : « On a pour espoir qu’Alteo soit condamné par rapport à tous ses manquements à la réglementation, l’ensemble de ses préjudices, dont l’envol des poussières »(2).

Début février, des militants avaient déposé des boues rouges devant le ministère de l’écologie :

En effet, ces huit plaignants estiment que les rejets liquides sont toujours dangereux pour le milieu marin, tout comme le sont les boues stockées à proximité de l’usine et leurs poussières. Le 8 avril 2018, plusieurs centaines d’habitations avaient ainsi été recouvertes d’une pellicule ocre. Excédés et inquiets, l’association de défense de l’environnement Zea et sept requérants avaient donc adressé au procureur de la République d’Aix-en-Provence, le mardi 24 avril 2018, une plainte contre X pour mise en danger d’autrui.

Illustration bannière : L’Usine Altéo de Gardanne – © Capture d’écran Youtube
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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