Feux de forêt : le cercle vicieux qui réchauffe le climat
Entre émission de CO2 et destruction des puits de carbone, les incendies actuels en France aggravent la situation climatique.

Le réchauffement climatique et les fortes chaleurs actuelles facilitent et accélèrent les feux de forêt.
Des émissions de CO2 sous-estimées
L’Hexagone connaît cet été une saison des feux exceptionnellement précoce et intense. Ce sont près de 68 000 hectares qui ont été réduits en cendres à la fin juillet 2026, touchant de nombreux départements, de la Gironde aux Côtes-d’Armor en passant par le Var. Entre vents forts, températures élevées et sécheresse sévère, ces brasiers détruisent en quelques jours des arbres vieux de plusieurs décennies. Face au changement climatique, Météo-France anticipe une extension du risque d’incendie à l’ensemble du territoire d’ici la fin du siècle. La saison des feux devrait s’allonger de un à deux mois, notamment dans le pourtour méditerranéen.
Cette recrudescence des incendies engendre des rejets massifs de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, qui atteignent déjà 1,4 million de tonnes pour les sept premiers mois de l’année 2026. Des rejets bien souvent sous-estimés. Ainsi, en intégrant la combustion des matières organiques du sol, des tourbières et du lignite, les incendies historiques de 2022 auraient en réalité émis près de 8 millions de tonnes de CO2. Soit 2 % des émissions annuelles françaises, bien plus que les estimations initiales.
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Des puits de carbone détruits
Au-delà des rejets immédiats causés par les flammes, les incendies brisent le cycle naturel de captation du carbone. En détruisant la végétation, les feux de 2022 ont ainsi amputé de 30 % la capacité d’absorption des forêts françaises. À cela s’ajoute un effet thermique immédiat : le noircissement des sols brûlés et la dispersion de carbone suie dans l’air augmentent l’absorption de l’énergie solaire. De quoi provoquaer un réchauffement climatique localisé, tout en rendant les terrains vulnérables à l’érosion et aux inondations.
Bien que la nature dispose de mécanismes de résilience pour rebâtir les écosystèmes après le feu, la reconstitution des forêts sera lente et incertaine. Si les zones herbacées se régénèrent en un an ou deux, les forêts anciennes ou les tourbières peuvent mettre des siècles pour reconstituer leur stock de carbone d’origine. Ce processus de guérison est aujourd’hui gravement menacé par la répétition rapprochée des incendies, les attaques de ravageurs et les sécheresses successives. Autant de facteurs qui, combinés à la hausse des abattages, ont déjà divisé par deux le puits de carbone forestier français entre 2013 et 2021.
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