Monaco veut marcher sur les eaux

Rédigé par Eva Souto, le 26 Jan 2014, à 15 h 20 min

Avec ses 2 km2, Monaco est le second plus petit État, après le Vatican. Avec plus de 16 000 habitants au km2, la Principauté monégasque détient le record du monde de la densité de population. Monaco est (très) à l’étroit sur son rocher et ça se voit : les gratte-ciel poussent ci et là, tentant depuis des décennies de repousser l’espace et de loger une population croissante.

Mais, les terrains vacants se font de plus en plus rares. C’est pour cela que la Principauté a décidé d’agrandir son territoire, grâce à une avancée sur la mer. Enquête sur un projet pharaonique et ambitieux sur lequel consoGlobe a pu interroger Marie-Pierre Gramaglia, Conseiller de Gouvernement pour l’Equipement, l’Environnement et l’urbanisme de Monaco.

Un projet ambitieux : gagner 5 à 6 hectares de terre

Quartier de fontvieille

Quartier de fontvieille, Monaco

Agrandir un territoire exigu comme Monaco n’est pas chose aisée. Et pourtant, dans les années 60, le prince Rainier lançait le premier projet d’extension sur la mer, le plus ambitieux, visant à agrandir la principauté.

Ainsi, un quartier entier était construit sur la méditerranée : le quartier d’affaires et d’habitations de Fontvieille, situé à l’ouest du pays. Il représentait un gain de 22 hectares (l’équivalent de 15 terrains de football) et a valu au prince Rainier le titre de «Prince bâtisseur».

Cette 1ère extension, qui aura mis quelques 8 années à sortir de mer, est aujourd’hui un quartier qui comprend port de plaisance, plus de 600 logements, auxquels s’ajoutent des équipements collectifs tels que le Stade Louis II construit en 1985.

Stade Louis II Monaco

Stade Louis II, Monaco

Selon René Bouchet, ingénieur conseil, il s’agirait là d’une véritable prouesse car «les contraintes sont considérables à Monaco si bien qu’on est appelé à réaliser – en matière de chantiers souterrains ou maritimes – des travaux qui sortent de l’ordinaire ». Pour lui, « Aucun pays au monde n’a encore fait de travaux comparables à ceux que nous devons réaliser à Monaco».
point-exclamatiionDepuis, les idées d’extension n’ont cessé de germer dans les esprits. Ainsi, en 2008, le Prince Albert lance un projet d’agrandissement du territoire d’une dizaine d’hectares. Mais ce dernier est vite retoqué.

Deux obstacles à l’agrandissement de Monaco

L’opposition des écologistes et la crise économique qui sévit freinent le projet. En effet, cette avancée sur la mer prenait place à côté d’une réserve naturelle, ce qui laissait fort à craindre pour la protection de l’environnement.

MonacoAinsi, les propositions se succèdent pour trouver de la place. Une des techniques les plus utilisées : la déconstruction-reconstruction.

Il s’agit de démolir les immeubles pour en reconstruire d’autres, plus hauts et abritant davantage de logements. Mais, la principauté monégasque doit faire face à une réalité : il n’y a presque plus de terrains vides et il est impossible de déconstruire-reconstruire incessamment.

 

En 2011, 30 % du budget de la Principauté étaient dévolus à la récupération de terrains et à la construction.

extension-monaco

Or, le gouvernement monégasque estime que pour soutenir son développement économique et loger l’ensemble de sa population, son territoire doit gagner 350.000 m2 supplémentaires tous les 10 ans.

Bâtir Monaco sur la mer !

Face à ce constat, un nouveau projet d’extension est sur les rails : un projet ambitieux mais mesuré. Exit les proportions de 2008, le nouveau projet de gagner du terrain sur la mer se limite à 5 ou 6 hectares de terre.

Et les objectifs affichés sont clairs : ce développement va être mené dans une perspective forte de développement durable et de protection de l’environnement.

extension-de-monaco sur la mer

Ainsi, le nouveau quartier, précisons le nouvel éco-quartier devrait voir la construction d’immeubles de 6 à 10 étages maximum, d’un port de 30 à 40 anneaux.

  • L’extension prendrait place à l’est de la Principauté, entre l’Anse du Portier et le Grimaldi Forum, palais des congrès et salle de spectacle, situé sur le bord de mer.
  • Mais attention, cette nouvelle extension doit prendre place entre la réserve du Larvotto et le tombant des Spélugues : 2 zones protégées pour leur faune et leur flore exceptionnelles.

Il n’est donc pas évident de gagner du terrain sans affecter les nombreuses défenses environnementales mises en oeuvre sur le rocher, comme nous l’explique Marie-Pierre Gramaglia, Conseiller de Gouvernement pour l’Équipement, l’Environnement et l’urbanisme page suivante.

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

10 commentaires Donnez votre avis
  1. Bravo super article je vais m’en servir pour un exposé.Moi je trouve ça fascinant qu’on arrive à prendre autant de terrain sur la mer en plus ils en ont besoin mais je suis d’accord avec Alexandra pourquoi faire un port alors qu’ils ont besoin de logements?Je suis en 6ème et l’article est très compréhensible!bravo

  2. pourquoi faire un port sur ces 5 à 6 hectares, si, soi-disant, ils sont en manque de logements !!!

  3. 2 000 000 m² avec 16 000 hab/m² faites le calcul

  4. merci de votre réponse
    mais ils ont corrigés
    hier il était écrit « Avec plus de 16 000 habitants au m2 »
    ce qui est impossible !!

  5. plus peuplé que la terre même → 32000000000 habitants

  6. Good bye environnement et réserves naturelles !!!

  7. Monaco est donc plus peuplée que la France avec 16000 habitants au m2
    Bravo

    • Quand on ne connait pas sa langue on s’abstient de commentaires:il n’est pas écrit que Monaco est plus peuplée que la France mais qu’elle a la DENSITE de population la plus forte du monde. Nuance.

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