COP17 : l’hypocrisie de l’État français sur la biodiversité

Alors que se tient en Arménie la COP17 sur la biodiversité, le discours environnemental de la France se heurte à des contradictions majeures.

Rédigé par , le 30 Oct 2026, à 10 h 46 min
COP17 : l’hypocrisie de l’État français sur la biodiversité
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La COP17 sur la biodiversité se tient en Arménie juqu’au 30 octobre. Bien que les membres du gouvernement français réaffirment régulièrement leur volonté de s’appuyer sur la rigueur scientifique pour guider l’action publique, les choix législatifs et réglementaires récents témoignent au contraire d’une mise à distance délibérée des consensus écologiques.

Des indicateurs de suivi supprimés

Sur le front de l’agriculture, l’exécutif privilégie clairement les revendications productivistes au détriment de la protection des écosystèmes. Les lois récentes autorisent la réintroduction de pesticides pourtant reconnus nocifs pour la biodiversité et les insectes pollinisateurs. Pour justifier ces choix, le gouvernement tend à confondre sciemment les agences réglementaires européennes ou nationales (dont les normes juridiques évoluent lentement) avec la recherche scientifique indépendante. De plus en plus disqualifiée ou ignorée lors des arbitrages politiques, l’expertise des chercheurs se voit assimilée à une simple opinion idéologique.

Pour masquer ces renoncements, la stratégie gouvernementale repose également sur la modification ou la suppression des indicateurs de suivi. Les méthodes d’évaluation du plan Ecophyto ont ainsi été modifiées pour afficher une réduction artificielle des produits phytosanitaires, tandis que le vocabulaire officiel évolue pour effacer des termes clés comme celui d’« agroécologie ». De la disparition de petits cours d’eau des cartes officielles à l’abandon de certaines études embarrassantes sur la gestion de l’eau, cette gestion des données environnementales permet de poursuivre des pratiques polluantes sans assumer de bilans défavorables.

COP17 biodiversité  : les États face à l’urgence du vivant

Une communauté scientifique fragilisée

De même, la création d’aires marines protégées sur de vastes surfaces s’apparente largement à une démarche marketing : la majorité de ces zones continue de tolérer des pratiques industrielles destructrices telles que le chalutage profond. De même, les plans nationaux de reboisement favorisent parfois des coupes rases et la plantation de monocultures résineuses pauvres en biodiversité, tandis que la réglementation simplifie la destruction des haies agricoles sous couvert de leur modernisation.

Enfin, cette remise en cause de la protection du vivant s’accompagne d’une fragilisation directe de la communauté scientifique. Les laboratoires de recherche sur la biodiversité font face à une baisse de moyens budgétaires, réorientés vers les innovations technologiques. En réduisant les financements de la recherche fondamentale et en laissant s’imposer des déréglementations à l’échelle européenne, le pouvoir affaiblit également la capacité d’alerte des chercheurs.


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