Contraception et risque de tumeur : l’ANSM alerte 1,6 million de femmes

L’ANSM va envoyer un message à toutes les femmes prenant un certain type de produit progestatif entraînant un risque légèrement accru de méningiome.

Rédigé par , le 13 Sep 2026, à 8 h 00 min
Contraception et risque de tumeur : l’ANSM alerte 1,6 million de femmes
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L’ANSM déploie une campagne d’information sans précédent auprès de 1,6 million d’utilisatrices du désogestrel 75 µg (Cerazette, Optimizette, etc.) afin de prévenir un risque faible, mais avéré, de méningiome.

Une campagne d’information ciblée et massive

À partir du 14 septembre, l’ANSM adresse des courriers individuels aux patientes ayant obtenu au moins une prescription remboursée de désogestrel, tout en informant plus de 90 000 professionnels de santé. L’objectif explicite de l’agence est de favoriser un dialogue serein avec les médecins ou sages-femmes lors des prochaines consultations, sans inciter à un arrêt brutal du traitement.

Issue des travaux 2024 de la structure Epi-phare sur plus de 8391 patientes opérées, l’analyse montre que la contraception au lévonorgestrel est hors de cause. En revanche, elle met en évidence un surrisque de méningiome chez les femmes de plus de 45 ans prenant du désogestrel. Ce risque apparaît après cinq ans d’utilisation continue et s’accroît après sept ans, tout en restant très modéré avec une incidence estimée à un cas supplémentaire pour 17000 femmes exposées au-delà de cinq ans.

Disparition du surrisque à l’arrêt

L’ANSM précise que l’impact du désogestrel demeure très inférieur à celui d’autres traitements progestatifs historiques tels qu’Androcur ou Lutényl, dont le risque s’avérait jusqu’à vingt fois supérieur. De plus, la sur-incidence statistique disparaît un an après la fin du traitement. Et ce bien que l’arrêt de la pilule n’ait aucun effet de résorption sur une tumeur déjà constituée.

Le méningiome est une tumeur méningée généralement bénigne dont le développement peut engendrer divers symptômes neurologiques comme des céphalées chroniques, des déficits visuels ou musculaires, des troubles de l’équilibre et des crises d’épilepsie. La réalisation systématique d’une IRM cérébrale n’est pas recommandée pour l’ensemble de la population sous traitement ; l’imagerie s’impose uniquement face à l’apparition de symptômes ou en cas d’antécédents d’exposition prolongée à d’autres progestatifs à risque.

Les limites de cette campagne

Les envois postaux de l’Assurance-maladie ne touchent pas l’intégralité des utilisatrices exposées aux molécules apparentées. Les spécialités combinées non remboursées ainsi que les anneaux vaginaux échappent au ciblage faute de traçabilité dans les bases de données publiques, sans que le risque ne puisse y être exclu.

De son côté, l’implant sous-cutané Nexplanon (à base d’étonogestrel), utilisé par environ 600 000 femmes, n’est pas concerné par ces envois. Ce produit n’ayant pas fait l’objet d’une évaluation dédiée par l’étude Epi-phare, les autorités sanitaires estiment néanmoins que le profil d’âge généralement plus jeune des utilisatrices d’implants devrait être associé à un risque de méningiome nettement moindre.

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