Après le vin, le cidre transformé en gel ou en biocarburant

Après la filière des fromages AOP et celle du vin, c’est au tour des cidriculteurs de devoir détruire ou transformer une bonne partie de leur production invendue et du stock de pommes.

Rédigé par Paul Malo, le 1 Jul 2020, à 10 h 11 min

Avec le confinement, la chute de la consommation oblige à transformer le vin, et même le cidre, en gel hydroalcoolique ou en bioéthanol…

Soutenir la filière cidricole comme celle du vin

C’est un dommage collatéral du confinement : entre fermeture des restaurants et fermeture des frontières, la vente comme les exportations de vin se sont littéralement effondrées ces dernières semaines. Il en a été de même pour les champagnes. Un vaste plan de soutien a été mis en place pour la filière vinicole, avec pas moins de 200 millions de litres de vin qui vont être transformés en gel hydroalcoolique ou en carburant, en bioéthanol. 33 distillateurs agréés à travers la France ont été autorisés à les collecter et les distiller. Un dispositif validé par l’Union européenne et en partie financé par elle.

cidre carburant essence

Le cidre peut servir à produire du carburant – © EvgeniiAnd

Mais le cidre, très majoritairement produit en Normandie (Écusson) et en Bretagne (Loïc Raison) ainsi qu’en Loire-Atlantique, est également concerné. Un plan de soutien du même type doit être mis en place afin de compenser l’effondrement des ventes et de la consommation. Un retournement de marché d’autant plus dommage que la filière cidricole avait travaillé cette année à redorer son blason, à dynamiser et rajeunir l’image du cidre dans l’Hexagone. Face à cette crise, les cidriculteurs réclamaient donc, comme leurs confrères viticulteurs, un plan de soutien massif d’un montant de 22 millions d’euros, entre distillation, communication et exonérations de charges.

Associer méthanisation des pommes et distillation du cidre

« La filière cidricole normande accuse une baisse globale de son chiffre d’affaire de 50 % », précise la Région Normandie via Twitter. La Région Normandie travaille à un plan de soutien avec la Maison Cidricole de Normandie et l’IDAC pour relancer la vente et favoriser l’écoulement des stocks. « Soutenez la filière cidricole touchée de plein fouet par la crise sanitaire et la fermeture des restaurants. Choisissez le cidre et contribuez à faire vivre une filière en difficulté », appellent de leur côté les producteurs bretons. Il faut dire que, selon les chiffres de la Maison Cidricole de Bretagne, qui regroupe 54 ateliers et plus de 200 producteurs, « les producteurs cidricoles bretons ont en effet accusé une perte de chiffre d’affaires moyen de 43 % en mars, et estiment que leur perte moyenne dépassera les 71 % en avril, ce taux avoisinant même les 90 % pour ceux qui alimentent principalement les réseaux Cafés, Hôtels et Restaurants (CHR) ».

La production de cidre pourraient être transformés en bioénergie © industryviews

La prochaine récolte, qui s’annonce importante à l’automne, devrait encore venir aggraver la situation. « Faute de place dans des chais encore pleins de la récolte précédente, que faire des pommes et des poires de la récolte à venir, ce d’autant plus qu’une très bonne récolte 2020 s’annonce après le gel de 2019 ? », s’inquiète la Maison Cidricole de Bretagne dans un communiqué. D’après la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre, ce sont en tout 200 000 hectolitres de cidre sur 800.000 qui devraient être distillés en alcool dénaturé pour du gel hydroalcoolique ou du biocarburant, et 100 000 tonnes de pommes qui devraient être sorties du marché par méthanisation. Les cidriculteurs pourraient toucher des compensations estimées à 60 euros par hectolitre et 100 euros par tonne de pommes.

Illustration bannière : Le cidre de Normandie va servir à produire du carburant – © PHILIPIMAGE
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