Chevaux éboueurs : retour vers le futur en France et Belgique

Rédigé par Abrial Gilbert-d'Halluin, le 13 Apr 2015, à 15 h 21 min

Des chevaux éboueurs à la place des camion-benne pour la collecte des déchets ? La commune de Schaerbeek située dans la région de Bruxelles-capitale en Belgique a passé le pas à l’instar de 250 communes françaises. Résultat : un gain économique et environnemental réel, et un lien social resserré avec les habitants.

Une solution d’avenir : économies d’argent et baisse de pollution

Parfois, les solutions d’avenir réinventent les solutions passées. Nos grands-parents avaient l’habitude des chevaux de traits tirant un chariot rempli d’immondices. Pourtant, ce système garanti naturel ne se développe de nouveau que lentement.

En France, des partenariats ont vu le jour avec des entreprises de retraitement des déchets afin de couvrir de larges zones. Ainsi, à Hazebrouck dans le Nord, la municipalité économise 13.000 litres de carburants et 35.000 kg de CO2 par an, sans compter les assurances et diverses taxes de roulage. « Pour les aspects environnementaux ce modèle est extrêmement séduisant », insiste Loïc Courtelle, Directeur régional Nord Pas-de-Calais chez Véolia.

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A Trouville-sur-mer (Calvados), le cheval permet de ramasser près de 150 tonnes de verre usagé par an, mais aussi du carton et des piles, pour un investissement de 9.400 euros, contre 22.800 euros pour un camion électrique et 13.700 pour un camion classique, selon la compagnie Sita.

A l’échelle de la France, un cheval à la place d’un camion pour la collecte des ordures ménagères peut diminuer de 35 % les émissions de CO2 du secteur, notamment par la consommation évitée de carburants. L’entreprise a d’ailleurs mis en place un lien de contact pour les municipalités qui souhaiteraient discuter de ce type de projets.

Un co-bénéfice non négligeable : le lien social

Outre la diminution importante des émissions et des dépenses, des nuisances sonores et olfactives, le lien social entre les habitants s’en trouve renforcé. A Pont-saint-Marie, une des premières communes françaises à s’être lancée dans l’aventure, le retraitement des déchets a augmenté et le taux de refus a diminué de plus de 8 %.

« On entend le cheval et on va directement chercher le sac jaune dans le garage sur la chaussée », commente un habitant. La proximité avec le cheval a fait prendre conscience de l’importance du tri, du recyclage et du respect de la nature, notamment chez les plus jeunes.

Des contraintes, des choix

Malgré tout le passage au cheval a soulevé quelques inquiétudes liées au ralentissement du trafic routier, à la durée de la collecte, plus d’une journée en moyenne, et au traitement des animaux. Les administrations concernées assurent que les chevaux sont bien traités et que les charges supportées ne dépassent jamais la limite physique de l’animal. Par ailleurs, cette pratique pourrait permettre de préserver la natalité du cheval de trait aujourd’hui menacée par un taux de consanguinité trop important.

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A l’heure où le développement durable doit devenir une priorité, le cheval offre donc une réponse pertinente et novatrice. La volonté et la persévérance d’élus, de techniciens et de citoyens apportent déjà par leurs expériences un aperçu des potentialités de la traction animale en ville.

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2 commentaires Donnez votre avis
  1. quels que soient les véhicules, les déchets restent des déchets. La vrai solution d’avenir c’est quand il n’y aura plus de déchets à ramasser, les communes feraient mieux d’investir dans le tri, le compostage et la réduction globale des déchets.

    • Certes mais nous sommes très très loin du zéro déchets et donc, pour les gérer, il vaut mieux choisir « le moins pire » pour le moment !

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