Menace majeure sur le climat, le charbon asiatique est-il plus dangereux que le nucléaire ?

Rédigé par Nolwen, le 16 Mar 2012, à 16 h 52 min

Les efforts de réduction de CO2 réduits à néant  ?

Cet avenir radieux du charbon ne sera pas remis en cause à court terme. Déjà, effet indirect de la catastrophe nucléaire de Fukushima, le Japon ferme ses réacteurs qui représentaient 27 % de son énergie, et se remet à importer du pétrole et du charbon à très grande échelle. Idem en Allemagne qui en important de l’énergie, contribue à maintenir en activité des centrale à charbon en Europe, de l’Est notamment.

Ainsi les objectifs de réduction des émissions de CO2 et GES dans les pays occidentaux qui jouent le jeu, surtout en Europe, paraissent bien palots comparés aux croissances de ces rejets en Asie :

  • d’ici 2030, les émissions de CO2 de l’Inde devrait être multipliées par 2,5. Aujourd’hui, par habitant l’Inde et la Chine émettent moins de CO2 que les États-Unis. Mais la marche forcée vers la consommation et la prospérité matérielle de ces deux géants fait peur : quand un Chinois sera au niveau d’un Américain ou d’un Japonais, dans quel état sera notre atmosphère ?

Émissions de CO2 par type d’énergie

  • Nucléaire  : 19 kg équivalent carbone par tonne équivalent pétrole
  • Éolien  : 32 équivalent carbone par tonnes équivalent pétrole
  • Solaire photovoltaïque : 316 équivalent carbone par tonne équivalent pétrole
  • Gaz Naturel  : 651 kg équivalent carbone par tep
  • Pétrole – essence : 830 kg équivalent carbone par tep
  • Diesel – fioul  : 856 kg équivalent carbone par tep
  • Charbon  : 1123 kg équivalent carbone par tep

Vu sous le seul angle du carbone, le nucléaire, parait une alternative crédible au charbon. Mais on sait aujourd’hui que les centrales ont tendance à fermer partout (sauf en Chine).

Réchauffement limité à +2°C, il est trop tard …

Pour bien des spécialistes, la messe est dite et cela explique pourquoi la communauté internationale a abandonné le volontarisme de la conférence de Kyoto.  La position des Américains, des Australiens consiste à dire : « L’objectif de contenir la hausse du réchauffement à 2° est déjà compromis. Et l’Asie va continuer à brûler du charbon et à émettre du CO2 massivement. Le nucléaire, neutre en CO2, ralentit. Dans ce contexte, à quoi servirait-il se payer très cher des efforts de réduction dans les pays riches. Ces efforts unilatéraux ne servent plus à grand chose. »

Les Asiatiques expliquent que l’occident est responsable de la majorité du « stock » de CO2 aujourd’hui présent dans l’atmosphère et accumulé depuis le début de la révolution industrielle, fille naturelle du charbon (2). Les Américains et certains Occidentaux rétorquent qu’à l’époque les notions d’émissions de CO2 et de réchauffement climatique étaient totalement inconnues. Selon eux, le passé industriel de l’occident ne devrait pas servir d’alibi au laxisme actuel de nations émergentes qui ont à leur disposition des technologies modernes et puissantes.

charbon et co2Ainsi, l’avenir du climat risque fort de se jouer, non dans les efforts de réduction des émissions mais plutôt dans l’utilisation des technologies pour en compenser les effets.
Parmi les technologies les plus souvent évoquées, les techniques de capture du CO2. Mais la séquestration des gaz à effet de serre à grande échelle n’est non seulement pas en place, mais elle risque fort de ne pas suffire. Loin s’en faut.

La machine naturelle à stocker le carbone ralentit

De l’autre coté, la séquestration de CO2 par la nature connait des difficultés : la disparition des forêts tropicales  et l’acidification croissance des océans inquiètent. Ces deux puits essentiels et naturels pour la capture de C02 ont tendance à ralentir.

Pourtant, il y a urgence.
Car à coté du charbon, on continue à recourir aux autres carburants fossiles : on découvre de nouveaux gisements de gaz et de pétrole gigantesques (comme au large des côtes brésiliennes) et on exploite à grande échelle les sables bitumineux ou les gaz de schistes. Les réserves de ces deux derniers à eux seuls représentent bien plus que celle de pétrole.

En attendant, la mer monte (3),  les réfugiés climatiques sont toujours plus nombreux (4), les  naturelles se multiplient (5), les calottes glaciaires fondent de plus en plus vite (6), le permafrost commence à dégeler et à dégager du méthane (7), …  la production mondiale de charbon accélère.

Déjà en 2009, le coût du réchauffement climatique était de 125 milliards de dollars et surtout de 300 000 décès dans le monde. (8) En 2030 l’impact du réchauffement sera de 300 milliards $ et de 1 million de morts par an.

Vive le charbon !

*

(1) Prévision de Edward Cunningham de l’Université de Boston aux États-Unis.
(2)  La concentration de C02 dans l’atmosphère a augmenté d’environ 36 % depuis deux siècles du fait des activités humaines
(3) La montée des eaux des océans représente  pourrait atteiindre plusieurs mètres d’ici 2100 selon certaines estimations.
(4) On estime à 20 millions le nombre de réfugiés climatiques en 2008, et à 200 million par an à l’horizon 2050 (source Planetoscope)
(5) Les catastrophes naturelles dans le monde
(6) La fonte de la calotte antarctique représentait en moyenne  247 milliards de tonne en moyenne annuelle de 2006 à 2009 ; soit 7,8 millions de litres par seconde ! !
(7) Les émissions de méthane par le permafrost (ou perlégisol) de la calotte sibérienne représentaient déjà 8 millions de tonnes ou 254 kilos de méthane par seconde, sur une surface de 2 millions de km2.
(8) Estimations publiées par le Forum humanitaire mondial en mai 2009.

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7 commentaires Donnez votre avis
  1. Le charbon n’en a pas encore pour des centaines d’années. Son déclin commencera en fait dans une vingtaine d’années.

    Les réserves prouvées de charbon sont passées de 227 à 144 années de production entre 1999 et 2005. Le charbon aura-t-il une fin brusque dès 2048, selon la tendance actuelle d’augmentation de la production, ou seulement en 2075 selon une progression plus faible de celle-ci ? … En réalité, la production de charbon passera par un maximum vers 2030, avec une production proche de 8.000 millions de tonnes par an, puis entrera en déclin. Comme pour le pétrole et le « peak oil », la production charbonnière passera par son « peak coal ».

  2. Quelque soit la pollution du charbon, elle n’est en rien comparable à celles qui dénaturent l’ADN, tel que le nucléaire et les OGM ad vitam eternam. Soyons sérieux, et que nos journalistes réflechisent avant de tenter un scoop.
    Une bonne éruption volcanique pollue largement plus que la production mondiale de tabec charbon et méthane réunis, et que je sache, ses effets ne durent pas plsu que quelques décénies. Allez, circulez…..

    • Seulement, une éruption volcanique est un phénomène naturelle dont les émissions sont « absorbées » par les océans et les forêts. Or, nous diminuons les forêts, nous détruisons les océans et nous augmentons les émissions de CO² humaines. Il y a un déséquilibre, le problème est là.

      Lorsque nous aurons utiliser l’ensemble des ressources naturelles fossiles, la nature reprendra ses droits petit à petit. Nous, nous retournerons au moyen-age. On aura perdu les deux tiers de la population mondiale et nous vivrons sans doute pas plus mal qu’aujourd’hui.

      Ou bien, Il ne restera que quelques individus humains car il n’y aura ni forêts, ni océan viable. La nature reprendra également ces droits mais il lui faudra du temps…

      Comme dit Tryo, c’est roots qu’il nous faut 🙂

  3. bonjour, étant d’une intelligence moyenne et n’ayant pas compris la deuxième phrase : « La question n’est du charbon n’est pourtant pas illégitime » je n’ai pas continué la lecture.
    Si quelqu’un peut m’expliquer ? merci d’avance.

  4. Je rejoint la façon de penser de Noguera. Nous essayons de nous adapter pour améliorer la situation à notre niveau, alors que nous n’avons pas de moyen financier et que nous ramons pour vivre décemment. Il faudrait d’abord une bonne prise de conscience des plus aisés et un respect honnête de chaque chose.
    Je rajouterais que je suis choquée d’entendre parler d’immigration et de voir des gens se plaindre lorsque je les vois immigrer eux même à je ne sais combien de kms de chez eux pour travailler, pour cela ils prennent l’avion (par exemple de Lyon à Paris). Je suis choquée de voir les entreprises qui demandent des intervenants à l’autre bout du pays alors qu’il y a des gens très professionnels près de chez eux. De voir, toujours ces entreprises, rechercher des ouvriers, employés par l’ANPE (qui d’ailleurs maltraites et jugent les chercheurs d’emploi) alors qu’il existe les PAE qui travaillent mieux qu’à l’ANPE et restent sur une dimension humaine. C’est bien ça le problème rien ne reste jamais sur une dimension humaine. Alors pourquoi les problèmes de pollutions seraient mieux gérés ? ça serait une exception !
    Néanmoins je me demande si ce CO2 émis par le charbon et cie ne pourrait pas être réceptionné (exemple : à la cheminée) et retraité avant sa sortie pour transformation utile et/ou dépolluante ? Des efforts de compréhensions et d’organisation n’ont-ils pas déjà été mis en place ?

    • Je corrige : quand je parle d’ANPE, j’ai bien voulu dire Pôle Emploi !

  5. Le vrai problème est l’utilisation que nous faisons des énergies. Ce ne sont pas les particuliers qui sont les plus responsables du gaspillage mais les entreprises et les collectivités. Exemple : pubs sur écrans plasma dans le métro! éclairage public inutile! fabrication d’objets inutiles! grands projets inutiles (doublons d’aéroport, bâtiments démesurés, équipement inadéquats, etc.). Ceci dit, il est plus facile d’arrêter une centrale thermique au charbon qui elle au moins cessera de diffuser du CO² tandis que les centrales nucléaires et leurs déchets restent radioactifs donc mortifères pendant des générations.

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