Déjà 100.000 candidats en 24 heures pour participer aux récoltes

Envie et besoin de travailler en cette période d’inactivité forcée ? Une mobilisation est lancée pour trouver des bras afin d’assurer les récoltes en France. Quelles sont les règles applicables à cette main d’oeuvre exceptionnelle ? Explications.

Rédigé par Paul Malo, le 27 Mar 2020, à 11 h 10 min

L’agriculture a besoin de 200.000 saisonniers sur les trois mois qui viennent. Mais qui peut se proposer comme saisonnier en ces temps de confinement ?

Une plateforme solidaire pour aider les agriculteurs

En raison du manque de bras pour récolter en ce début de printemps, les personnes n’ayant plus d’activité à cause du coronavirus sont appelées à « rejoindre la grande armée de l’agriculture française », a appelé Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, le 24 mars dernier. Faute de main d’oeuvre venue de l’étranger, « Nous avons besoin de 200.000 personnes sur les trois mois qui viennent dont 45.000 au mois de mars, 75.000 en avril et autant en mai », a indiqué Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, principal syndicat agricole.


Pour postuler, la FNSEA a donc mis en ligne, avec l’Agence nationale de l’emploi et de la formation en agriculture (Anefa), Pôle emploi et le ministère du Travail, une plate-forme dédiée pour postuler intitulée #desbraspourtonassiette. Son but : à la manière de Blablacar, mettre en contact besoins des exploitations agricoles un peu partout en France et disponibilités de main-d’oeuvre. Fraises, asperges, radis, salades, vignes… Les besoins les plus importants se situent en Alsace et dans le sud de la France.

Un salaire cumulable avec le chômage partiel

Celles et ceux qui sont actuellement au chômage technique et confinés chez eux peuvent postuler : serveurs, indépendants, hôtes et hôtesses d’accueil… Quel sera le statut de ces saisonniers exceptionnels ? Selon le ministre de l’Agriculture, les volontaires « seront salariés par les agriculteurs et on regardera comment les choses pourront se faire ».
« Ce n’est pas du bénévolat, ces gens auront des contrats de travail, a précisé Didier Guillaume. Et ils pourront cumuler les dispositifs. C’est une première. Cela ne durera pas après, mais on pourra cumuler du chômage partiel et des minimas sociaux avec le travail de l’agriculture ».

C’est le début de la récolte des asperges en Alsace © juefraphoto

En Drôme et en Ardèche, la récolte des fraises ouvrira le bal dans une dizaine de jours, début avril, pour les serres chauffées. Elle commencera en plein champ vers le 20 avril. En Alsace commence la récolte du houblon et de l’asperge. Pour l’instant, plus de 100.000 candidatures ont déjà afflué pour rejoindre les récoltes dans les champs.

Rejoindre l’initiative #desbraspourtonassiette

Les salaires proposés correspondent en général au Smic, avec des heures supplémentaires payées 25 % de plus à partir de la 36e heure, puis 50 % en plus au-delà de la 43e heure.
Pour autant, la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, a demandé au gouvernement « la mise en place d’une politique de dépistage systématique en testant les agriculteurs et toutes les personnes qui seraient amenées à travailler dans les champs, afin que cette main-d’oeuvre ne soit pas un vecteur de propagation du coronavirus ».

Illustration bannière : Les producteurs de fraise manque de bras pour cueillir © Geiger
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...




4 commentaires Donnez votre avis
  1. Idéal pour les citadins qui veulent découvrir l’agriculture. Mais sinon pour les travailleurs agricoles, arboricoles, viticoles de base, ce n’est pas si intéressant que ça. C’est comme ça que je l’ai pris en jetant un coup d’œil sur wizifarm. Ca ressemble plus à une plateforme qui s’adresse à des gens qui n’ont jamais fait ces métiers que à des ruraux paysans qui travaillent dans les champs à l’année. En allant par là, les compétences renseignées sur cette application sont automatiquement dévalorisées. Et puis un vrai professionnel ne fait pas 36 métiers à la fois, si c’est un cueilleur professionnel, il ne fera que de la cueillette et n’ira pas traire les vaches par exemple. C’est pour ça que je trouve cette application mal foutue.

  2. je donnerais entièrement mes bras et mon expérience dans cette branche qui est la récolte est autres comme bénévole , mais je tombe face à un mur qui s’appelle Gouvernement qui interdit le bénévolat ce qui est triste pour des personnes qui vont perdent beaucoup d’argent dans leurs ventes..

  3. Excellent idée, mais vu les conditions drastiques, à cause du coronavirus, c’est pas évident, il faut habiter à proximité d’une zone à fort besoin de main d’oeuvre, car interdit de covoiturer, de prendre un café ou manger ensemble pendant la pause.

  4. Qu’ont envoi les balkany fauchez du blé!

Moi aussi je donne mon avis