Le Brésil renonce à organiser la COP25, la déforestation se poursuit

Le ministère brésilien des Affaires étrangères a fait savoir que la COP25, pour l’organisation de laquelle son pays s’était porté candidat, n’aurait finalement pas lieu au Brésil. Au 1er janvier 2019, la présidence de ce pays-continent sera assumée par un climato-sceptique.

Rédigé par Anton Kunin, le 29 Nov 2018, à 10 h 29 min

Jair Bolsonaro qui a remporté l’élection présidentielle au Brésil et prendra ses fonctions le 1er janvier 2019, a choisi de revenir sur la décision de son prédécesseur d’organiser la COP25 dans son pays. Ses promesses électorales ne présagent rien de bon pour l’Amazonie.

Amazonie : en un an, la déforestation a progressé de 13 %

Entre 2004 et 2012, le rythme de disparition de la forêt amazonienne avait certes ralenti. Mais alors que les défenseurs de l’environnement émettaient un optimisme prudent, la déforestation est rapidement repartie de plus belle. Les chiffres dévoilés par l’Institut national d’études géographiques, qui dépend du gouvernement brésilien, font froid dans le dos : entre août 2017 et juillet 2018, la surface de la forêt amazonienne touchée par la déforestation a augmenté de 13,7 %.

Le Brésil a ainsi perdu 7.900 kilomètres carrés de forêt, soit l’équivalent d’un million de terrains de football ou encore cinq fois la surface de Londres, la plus grande ville d’Europe.

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Jair Bolsonaro refuse la COP25 © Marcelo Chello / Shutterstock

D’une superficie de 5,5 millions de kilomètres carrés, la forêt amazonienne compte plus de la moitié de la surface des forêts tropicales de notre planète. Et quand on sait que 60 % de sa superficie se trouvent au Brésil, on comprend tout de suite que ce pays devrait logiquement être en première ligne pour la protéger.

Or, le président nouvellement élu, Jair Bolsonaro, a d’ores et déjà annoncé qu’il supprimerait les zones protégées et autres réserves autochtones et qu’il rendrait plus compliquées les poursuites contre les crimes environnementaux.

Le nouveau président brésilien n’est pas prêt à accueillir la COP25

Mais le coup de grâce a été l’annonce faite par le ministère brésilien des Affaires étrangères le 28 novembre 2018. Dans un communiqué, le ministère a fait savoir qu’en raison de « restrictions budgétaires et du procès de transition vers une nouvelle administration », le Brésil se désistait pour l’organisation de la COP25, prévue dans le pays du 11 au 22 novembre 2019. Le Brésil était d’ailleurs le seul pays à s’être porté candidat à l’organisation de cet événement.

Lors de sa campagne présidentielle, en juillet 2018, Jair Bolsonaro, avait déjà brandi la menace de retirer le Brésil de l’Accord de Paris sur le climat. Mais le 25 octobre 2018, il avait néanmoins nuancé sa position. Jair Bolsonaro se dit désormais prêt à ne pas sortir de cet accord, à condition que le gouvernement ait la main sur la gestion de la « Région triple A », un long bout de terre entre les Andes et l’Atlantique recouvert de forêt.

Illustration bannière : Déforestation en Amazonie © Tarcisio Schnaider
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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