En Birmanie, un moine jardinier cultive des plantes et des âmes

“Mon nom est Pyin Nyaw Ba Tha, mais ici tout le monde m’appelle ‘le jardinier'”. Reportage photographique de Maxime Calligaro pour consoGlobe sur le moine jardinier Pyin Nyaw Ba Tha qui “fait pousser des êtres et des arbres” dans un pays happé par un développement économique rapide, les tensions ethniques et une transition démocratique encore fragile.

Rédigé par Maxime Calligaro, le 28 May 2017, à 17 h 21 min

En 2004, quand son maître passe la main, Pyin Nyaw, moine bouddhiste birman, décide d’ouvrir le monastère dont il vient de prendre la charge. Il en fait une école pour les enfants pauvres de la région et un “jardin pour la paix”. Rencontre avec ce moine jardinier inspirant.

Le moine jardinier Pyin Nyaw, un homme pas ordinaire

À quelques heures de route de Rangoun, dans la région de Bago, l’école du vénérable Pyin Nya est une école dite “Baka”. Ces écoles monastiques sont très répandues dans les coins reculés du pays où les écoles gouvernementales ne se sont pas installées. Et pour cause, l’influence du bouddhisme en Birmanie est immense. 90 % de la population s’en réclame et il est socialement admis qu’un Birman soit au moins une fois dans sa vie entré dans les ordres, ne serait-ce qu’un jour.

moine jardinier

Cérémonie des novices. Ces élèves endossent pour la première fois la robe safran

Entièrement gratuites, ces écoles sont une bouée de sauvetage pour une majorité de Birmans dans un pays qui, après des années de dictature militaire, se trouve devant une montagne de défis à relever, au premier rang desquels l’éducation d’une jeunesse qui représente près de 55 % de la population. Si désormais presque tous les enfants sont scolarisés, moins de la moitié achève ses études secondaires : manque de moyens, manque de cursus de qualité.

En Birmanie, les jeunes parents ont trois choix quant à l’éducation des leurs enfants“, raconte Kyaw Lyin, un pèlerin venu faire des offrandes comme il en passe des dizaines tous les jours au monastère. Le premier choix, c’est l’école internationale. “La voie royale !“, s’écrie Kyaw Lyin. Mais ce choix a un prix que seule une poignée de Birmans fortunés peut se permettre. Pour la grande majorité, c’est l’école publique.

moine jardinier

Filles et garçons entrent en classe

“Les classes sont surchargées, les programmes sont complètement dépassés et les méthodes d’enseignement consistent à faire répéter les réponses types d’un examen sur lequel tous ont les yeux fixés“, confie Kyaw Lyin, lui-même produit de cette formation. Si l’école publique est accessible financièrement, la médiocrité des programmes pousse nombre de Birmans à compléter leur éducation grâce à des cours du soir, voire du week-end. La réforme du système est en cours, mais elle sera longue. ”Et puis il y a les écoles Baka, pour ceux qui veulent autre chose pour leurs enfants“, conclut Kyaw Lyin, qui vient juste d’être papa et espère bien placer son enfant dans une école similaire à celle de Pyin Nyaw.

Lire la suite page suivante : “Mes élèves sont mes plantes”

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Ancienne plume de politiques, Maxime a été formé au journalisme à Londres dans les locaux du journal 'The Economist', grâce au programme Nico Colchester....

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Bonjour,

    Je suis énormément intéressé par le projet et étant à la recherche d’une expérience dans le volontariat social et solidaire, je voudrais savoir s’il était possible de se rendre là bas et de proposer de l’aide à Pyin afin de l’aider autant au niveau de l’éducation qu’au niveau naturel.

    Merci d’avance pour votre réponse, très bon article sinon, voilà ce qui devrait passer au 20h, ce genre d’initiatives!

    Cordialement,
    Lucas

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