Un nouveau béton écologique, sans ciment

Fabriquer du ciment, pollue. Or, la fabrication du béton pourrait s’avérer plus écologique en recyclant des résidus provenant des cendres d’usines d’aluminium ou de centrales à charbon.

Rédigé par Anne-Flore Renard, le 12 Nov 2018, à 11 h 08 min

Le ciment, une des matières les plus consommées sur Terre et qui entre dans la composition du béton, a un impact néfaste sur l’environnement. Face à ce constat, des chercheurs souhaitent trouver une alternative plus écologique.

Béton sans ciment : une alternative moins polluante

Pour fabriquer du béton, le liant le plus souvent utilisé, est le ciment Portland. 4 milliards de tonnes sont produites chaque année. Or, la fabrication du ciment est extrêmement polluante : 7 % des émissions mondiales de CO2 résultent de la fabrication de ce ciment.

beton ciment

Le ciment est très polluant © Mmaxer

Face à cette préoccupation, des chercheurs de la KTU (Université de technologie de Kaunas) en Lituanie, affirment avoir trouvé une alternative pour remplacer le ciment. Le béton pourrait être composé à partir de résidus industriels qui contiennent une forme active de silice et d’alumine : cendres volantes, cendres de biocarburants, laitier de haut fourneau ou métakaolin.

Des bénéfices environnementaux

Par opposition au ciment Portland, le procédé ne nécessite pas de chauffage, ce qui diminue ainsi l’émission de CO2. Outre cet aspect plus écologique, il s’avère que ce nouveau béton fabriqué à base de silico-aluminates présente une résistance aussi élevée que le béton Portland. Enfin, le ciment est adapté au réchauffement climatique : constitué à base de laitier, cette poudre blanche donne au béton un aspect plus clair qui permet ainsi de limiter l’accumulation de chaleur.

Si le laitier de hauts fourneaux et les cendres volantes sont déjà utilisés pour fabriquer du béton, leur adoption est limitée en France. « Malheureusement, il y a en France un puissant lobby cimentier qui a imposé des normes limitant la part de laitier dans le béton pour la construction », explique la porte-parole d’Ecocem.

Illustration bannière : Une brique verte – © Andrey_Popov
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J'ai d'abord travaillé chez Total en communication/relations publiques puis je suis partie 2 ans en Inde. J'ai été professeur à l'école internationale...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Le procédé ne nécessite pas de chauffage! lol et les cendres et laitier c’est cuit a froid?!!

  2. Cet article est en réalité incomplet. Il ne présente pas les avantages, les inconvénients et dans quels cas il est possible d’utiliser ce béton.
    De plus, d’après mon expérience, ce n’est pas (encore) « les puissants lobbys » qui limitent l’utilisation de ce béton : il s’agit surtout d’une question de surcoût chez certains fabricants, qu’il est parfois difficile d’absorber dans un contexte économique tendu. Aujourd’hui, certains fabricants de ciment ont bien compris la nécessité d’évoluer dans un contexte réglementaire changeant (RT2020 en cours d’expérimentation via le label E+C- : plus d’énergies renouvelables, moins d’émissions de carbone).
    Aussi, les laitiers et cendres sont des déchets issus d’industries elles-mêmes très polluantes (aciéries). Dans une logique d’économie circulaire à moyen terme, cela apparaît comme viable. Mais à long terme, l’est-ce vraiment ?
    Enfin, parler de béton « écologique » n’apparaît-il pas comme inapproprié ? Avez-vous considéré l’épuisement de la ressource en sable pour mettre en oeuvre le béton ? idem pour les granulats ?
    Dans le domaine du bâtiment, il est préféré le terme de béton à empreinte carbone réduite. Il s’agit d’une alternative viable à moyen terme mais possiblement pas d’un matériau d’avenir si l’on ne trouve pas d’alternative renouvelable au sable et aux granulats.

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