Santé : les durées des arrêts maladie limitées à partir du 1er septembre 2026

Un décret publié le 13 juin 2026 limite la durée des arrêts maladie à un mois maximum. Cette nouvelle règle entrera en vigueur au 1er septembre 2026.

Rédigé par , le 15 Jun 2026, à 10 h 30 min
Santé : les durées des arrêts maladie limitées à partir du 1er septembre 2026
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Il s’agit d’une mesure d’économie face aux 18 milliards d’euros de coût annuel que dénoncent les médecins, qui pointent plutôt du doigt un management d’entreprise défaillant.

Arrêts maladie : la prescription limitée à un mois dès septembre 2026

C’est une petite révolution pour les salariés malades : conformément à un décret publié au Journal officiel le 13 juin 2026, à partir du 1er septembre 2026, médecins, sages-femmes et chirurgiens-dentistes ne pourront plus prescrire d’arrêts maladie dépassant un mois en première intention et deux mois en cas de prolongation. Une révolution pour des professionnels jusqu’ici libres de fixer la durée des arrêts de travail selon leur diagnostic.

Jusqu’à présent, seules des recommandations par pathologies guidaient les praticiens, sans valeur contraignante. Le nouveau cadre réglementaire impose désormais des plafonds stricts : 31 jours maximum pour une première prescription, 62 jours pour un renouvellement.

18 milliards d’euros : l’explosion des coûts inquiète l’exécutif

L’exécutif justifie ces restrictions par une dérive budgétaire alarmante. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, quantifie l’enjeu : les arrêts maladie représentent 18 milliards d’euros pour la Sécurité sociale, « avec une augmentation d’un milliard d’euros par an ». Une progression qui menace l’équilibre des comptes sociaux dans un contexte de déficit chronique.

Le projet initial s’avérait pourtant plus draconien. Le gouvernement envisageait une limitation à quinze jours pour les médecins de ville, la durée de trente jours étant réservée aux établissements hospitaliers. L’intervention parlementaire a permis d’uniformiser cette possibilité pour tous les professionnels habilités.

Les chiffres confirment la persistance du phénomène. Une enquête de Malakoff Humanis révèle que le taux d’absentéisme des salariés du secteur privé demeure élevé depuis la crise sanitaire. Une tendance qui s’accompagne d’une transformation de la nature des arrêts, avec une montée en puissance des troubles psychiques. Les arrêts maladie liés à la santé mentale représentent aujourd’hui une part croissante des prescriptions. Une réalité qui reflète les mutations du monde professionnel post-pandémique : télétravail généralisé, réorganisations d’entreprises et nouveaux risques psychosociaux.

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Pathologies lourdes : des exceptions préservées

Le dispositif ménage néanmoins des dérogations significatives. Les patients nécessitant des arrêts prolongés pour des maladies graves échappent à ces limitations temporelles. Une souplesse qui vise à préserver la qualité des soins tout en maîtrisant les dépenses pour les situations courantes. Les professionnels de santé devront désormais arbitrer entre contraintes budgétaires nationales et besoins individuels de leurs patients, dans un contexte où les questions de santé mentale au travail gagnent en importance.

L’application de ce décret dès septembre 2026 constituera un test grandeur nature. Entre impératifs budgétaires et qualité de vie au travail, l’équilibre reste à définir pour concilier santé des salariés et viabilité du système de protection sociale français.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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