Bac 2026 : les épreuves l’après-midi bientôt supprimées à cause de la chaleur ?

Alors que les épisodes de canicule se multiplient en France, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, souhaite revoir l’organisation du bac et des autres examens nationaux.

Rédigé par , le 15 Jun 2026, à 10 h 10 min
Bac 2026 : les épreuves l’après-midi bientôt supprimées à cause de la chaleur ?
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Il s’agirait ne plus faire composer les candidats durant les heures les plus chaudes de la journée, une évolution qu’il juge désormais indispensable face au réchauffement climatique.

Bac et fortes chaleurs : une organisation jugée désormais dépassée

Le lundi 15 juin 2026 marque le coup d’envoi des principales épreuves écrites du bac pour des centaines de milliers de lycéens. À cette occasion, le ministre de l’Éducation nationale a ouvert un nouveau chantier : adapter durablement le calendrier et les horaires des examens aux conséquences des fortes chaleurs qui touchent régulièrement le pays à la fin du printemps et au début de l’été.

Le constat dressé par Édouard Geffray est sans ambiguïté. Selon lui, les conditions météo observées ces dernières années imposent de revoir certaines habitudes de l’institution scolaire. Interrogé sur France Inter, le ministre a affirmé : « Je souhaite que plus aucun examen ne se déroule l’après-midi ». Cette prise de position intervient alors que plusieurs régions françaises sont de nouveau confrontées à des températures élevées. En effet, les thermomètres pourraient atteindre ou dépasser localement les 35 °C au cours de la semaine des examens.

Pour le ministre, les créneaux horaires traditionnellement utilisés pour certaines épreuves ne correspondent plus aux réalités climatiques actuelles. « On ne peut plus se permettre d’avoir des épreuves aujourd’hui en mai ou en juin qui se déroulent de 14 h à 18 h », a-t-il déclaré. Cette réflexion concerne non seulement le bac mais également d’autres examens nationaux, notamment le brevet des collèges. L’objectif affiché est d’éviter que les candidats aient à composer durant les heures où les températures sont les plus élevées.

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Un bac concentré le matin pour limiter les effets de la canicule

Dans l’esprit du ministre, la solution privilégiée repose sur un déplacement progressif des épreuves vers les heures matinales. Il estime en effet que les bâtiments scolaires conservent davantage de fraîcheur durant la première partie de la journée. « Entre 8 h et midi, si vous avez aéré le matin avant d’arriver, ça reste à peu près frais », a expliqué Édouard Geffray. Le ministre a même ajouté : « C’est rustique, mais ça marche ».

Cette orientation ne constituerait pas une révolution complète pour le bac. Une grande partie des épreuves écrites du baccalauréat général et technologique est déjà programmée le matin. En revanche, certains examens, des rattrapages ainsi que plusieurs épreuves orales continuent d’être organisés en début ou en milieu d’après-midi. En effet, les oraux du baccalauréat restent aujourd’hui susceptibles d’être programmés sur l’ensemble de la journée. Leur réorganisation apparaît donc plus complexe que celle des épreuves écrites, qui disposent déjà de calendriers relativement concentrés.

Le ministre ne souhaite toutefois pas, à ce stade, modifier profondément la période des examens. L’hypothèse d’un déplacement du bac à une autre saison n’est pas envisagée. La priorité consiste plutôt à adapter les horaires afin de limiter l’exposition des élèves aux épisodes de canicule.

Bac, canicule et réchauffement climatique : une adaptation devenue nécessaire

Derrière cette réforme potentielle se trouve une réalité de plus en plus présente dans les établissements scolaires : l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur. Les mois de mai et de juin enregistrent régulièrement des températures élevées, parfois exceptionnelles, qui compliquent le déroulement normal des activités scolaires. Cette situation touche particulièrement les établissements anciens, dont beaucoup ne disposent pas de systèmes de climatisation. Dans certaines salles de classe, les températures peuvent rapidement devenir difficiles à supporter lorsque plusieurs dizaines d’élèves composent durant plusieurs heures.

Les enjeux sont également sanitaires. Fatigue accrue, difficultés de concentration, déshydratation ou malaises constituent autant de risques susceptibles d’affecter les candidats. Pour un examen aussi déterminant que le bac, les autorités souhaitent éviter que les performances des élèves soient influencées par des conditions météorologiques extrêmes.

La question de l’égalité entre les candidats est également soulevée. Tous les centres d’examen ne disposent pas des mêmes infrastructures ni des mêmes capacités d’adaptation face aux fortes chaleurs. Certains établissements bénéficient de bâtiments mieux isolés, tandis que d’autres restent particulièrement exposés aux pics de température.

Des mesures déjà mises en place avant une éventuelle réforme du bac

En attendant une éventuelle évolution des horaires d’examen, le ministère a déjà déployé plusieurs dispositifs destinés à limiter les effets des fortes chaleurs. Dès le mois de mai 2026, des consignes ont été adressées aux académies et aux centres d’examen. Parmi les recommandations figurent l’aération des locaux aux heures les plus fraîches, la fermeture des volets ou des stores pendant la journée, ainsi que la mise à disposition d’eau potable pour les candidats et les personnels.

Les responsables des établissements ont également été invités à privilégier les salles les mieux protégées du soleil lorsque cela est possible. Ces mesures visent à maintenir des conditions acceptables pendant les épreuves, même en cas de hausse importante des températures. Cette année, environ 530.000 élèves de terminale générale et technologique sont concernés par les principales épreuves écrites du bac Pour les pouvoirs publics, l’enjeu organisationnel est donc considérable.

Au-delà du seul bac, cette réflexion illustre l’émergence d’un nouveau défi pour l’Éducation nationale. Les vagues de chaleur ne sont plus perçues comme des événements exceptionnels mais comme des phénomènes appelés à se répéter. Dans ce contexte, l’organisation même des examens pourrait devenir l’un des nombreux aspects du système scolaire amenés à évoluer dans les années à venir.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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