Marcher pour vivre plus longtemps : voici ce que dit la science
Accessible, peu coûteuse et universelle, la marche s’impose aujourd’hui comme l’une des activités physiques les mieux documentées par la science. Longtemps perçue comme un effort mineur, elle révèle pourtant des effets majeurs sur la santé cardiovasculaire, métabolique et mentale.

À l’heure où la sédentarité gagne du terrain, les chercheurs précisent comment marcher efficacement, à quel rythme, et si la marche seule suffit à protéger durablement l’organisme.
En bref
- 7.000 pas par jour suffisent déjà à réduire nettement le risque de mortalité (comparé à 2.000 pas/jour).
- Le rythme compte autant que le nombre de pas : marcher à 5-6 km/h (ou plus) renforce davantage la protection cardiovasculaire.
- Pour une santé optimale, la marche est une excellente base, mais elle doit idéalement être complétée par du renforcement musculaire régulier.
La marche, une activité physique aux effets mesurables sur la santé
Alors que les autorités sanitaires alertent sur la sédentarité croissante, la marche revient au centre du débat scientifique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près d’un adulte sur trois ne pratique toujours pas suffisamment d’activité physique, un facteur de risque majeur pour les maladies chroniques. Dans ce contexte, la marche, souvent sous-estimée, fait l’objet d’un consensus scientifique croissant sur ses bénéfices, à condition d’être intégrée de manière régulière.
La marche est désormais reconnue comme une activité physique à part entière, capable d’influencer significativement les grands indicateurs de santé. Plusieurs études de cohorte montrent qu’elle agit directement sur la mortalité globale, indépendamment de l’âge ou du niveau de forme initial. Ainsi, selon une étude de référence, atteindre environ 7.000 pas par jour réduit la mortalité globale de 47 % par rapport à un niveau très bas d’activité, estimé à 2.000 pas quotidiens, et diminue de 37 % la mortalité liée au cancer.
Cependant, la marche ne se limite pas à un simple comptage de pas. Le rythme auquel on marche joue un rôle déterminant. D’après une étude britannique réalisée sur une vaste cohorte, marcher à un rythme modéré, compris entre 4,8 et 6 kilomètres par heure, réduit le risque de fibrillation atriale de 35 %. Ce risque chute même de 46 % chez les personnes marchant plus rapidement, au-delà de 6 kilomètres par heure. Ces données confirment que la marche, lorsqu’elle élève légèrement la fréquence cardiaque, agit comme un véritable stimulus cardiovasculaire.
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Comment organiser sa marche pour en tirer un bénéfice réel
Pour être efficace, la marche doit s’inscrire dans une organisation précise de l’activité physique. Les chercheurs insistent sur la régularité plutôt que sur l’intensité extrême. Marcher au moins 30 minutes par jour, cinq jours par semaine, permet déjà d’obtenir des bénéfices mesurables. Ce volume d’activité réduit de 20 à 50 % le risque de maladies coronariennes et jusqu’à 60 % celui d’accidents vasculaires cérébraux.
Le contexte de la marche compte également. Une étude randomisée publiée dans l’European Journal of Integrative Medicine montre que marcher en milieu naturel améliore davantage certains paramètres physiologiques que la marche en ville. Chez des femmes âgées, une marche d’une heure en forêt améliore significativement la rigidité artérielle, mesurée par l’indice CAVI, ainsi que la fonction pulmonaire, notamment les volumes expiratoires FEV1 et FEV6. Ces résultats suggèrent que l’environnement influence directement les bénéfices physiologiques de l’activité.

Marche quotidienne : la meilleure habitude à adopter
Le saviez-vous ?
Les Français marchent en moyenne 6 870 pas par jour selon le décompte d’une application de podomètre qui comptabilise 7 millions d’utilisateurs.
La marche peut-elle suffire comme seule activité physique ?
La question divise encore partiellement la communauté scientifique. Sur le plan de la prévention, la marche apparaît néanmoins comme un socle solide. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’inactivité physique concernait 31,3 % des adultes en 2022, exposant ces populations à un risque accru de maladies cardiovasculaires et métaboliques. Dans ce contexte, la marche représente souvent la porte d’entrée la plus accessible vers un mode de vie plus actif.
Les bénéfices ne sont pas uniquement cardiovasculaires. Des études observationnelles montrent également un lien entre environnement favorable à la marche et réduction du risque de certains cancers. Vivre dans un quartier dit « marchable » est ainsi associé à une baisse de 26 % du risque de cancers liés à l’obésité chez les femmes. En outre, une étude australienne indique que chaque heure de marche supplémentaire pourrait ajouter jusqu’à 6,3 heures d’espérance de vie chez les personnes les moins actives.
Pour autant, la marche ne remplace pas totalement les autres formes d’activité physique. Les experts rappellent qu’elle renforce principalement l’endurance, la circulation sanguine et certains groupes musculaires, notamment ceux du pied et des membres inférieurs. Elle contribue aussi à réduire le stress et l’anxiété, tout en améliorant la densité osseuse. Toutefois, pour une santé optimale, les recommandations officielles continuent d’encourager une combinaison incluant renforcement musculaire et exercices d’intensité modérée à élevée.
La marche nordique – Techniques et bienfaits De Jean-Pierre Guilloteau
Cet ouvrage très didactique s’adresse aux débutants, qui trouveront là toutes les bases techniques et les conseils nécessaires pour commencer, mais aussi aux amateurs confirmés qui découvriront des exercices variés et de nombreuses indications pour enrichir leurs séances.

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