Transition énergétique : peut-on encore échapper au réchauffement climatique ?

Transition énergétique : peut-on encore échapper au réchauffement climatique ?

Le dernier rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’Evolution du Climat) a été rendu public le 1er avril 2014. Aperçu des conclusions principales de ce rapport essentiel sur l’état du climat et des modalités de lutter contre les changements climatiques.

L’anthropisme et le réchauffement climatique

Après avoir montré le rôle déterminant de l’anthropisme dans le réchauffement climatique en 2013, les scientifiques mettent en garde contre l’accélération du processus. Cependant, en regardant attentivement les questions d’habitation, de mobilité, et d’énergie, on constate que leurs prévisions n’ont pas encore un caractère inéluctable…

Première remarque à la lecture du document, « les impacts du changement climatique connus ne vont que s’aggraver si les hommes n’agissent pas maintenant. Entre les sécheresses, les inondations et les pénuries alimentaires, le bilan dressé est effrayant, notamment pour les populations pauvres des pays du Sud ». A première vue le constat pourrait effrayer plus d’un chef d’Etat déjà victime d’une grave crise économique et sociale. Néanmoins, en regardant entre les lignes, on peut retenir que nous avons entre nos mains, les moyens techniques d’inverser cette inquiétante tendance.

Par exemple, en ce qui concerne les émissions du tertiaire et du résidentiel, d’importants progrès sont possibles.

En effet, les logements et bureaux sont les premiers responsables de la forte quantité de dioxyde de carbone relâchée dans l’atmosphère.

Une entreprise du secteur tertiaire de 200 personnes émet environ 1000 t. eqCO2 par an, soit autant qu’une petite centrale de chauffage urbain. Malgré tout, 2/3 des entreprises n’ont pas de véritable politique énergétique (1)

C’est d’ailleurs l’objectif de la RT 2012, et plus largement des acteurs de l’efficacité énergétique, que d’arriver à changer nos consommations énergétiques jusque dans nos habitations. La logique du Bâtiment à Energie Positive (BEPOS), est à moyen long terme une façon crédible de réduire en conséquence la pollution, notamment urbaine.

Qui plus est, « dans un monde où le secteur des transports représente un quart des émissions de gaz à effet de serre (…) les véhicules électriques constituent une sérieuse alternative ». Pour le transport routier, l’initiative du constructeur automobile Renault Trucks et du logisticien STEF, financée par l’ADEME permet de concilier l’approvisionnement des centres villes et la maîtrise du trafic et de la pollution. Toutefois, Nadège Doubinsky, directrice technique Véhicules pour STEF, estime que des améliorations restent à apporter pour l’autonomie du véhicule, « trop limitée par rapport au dimensionnement des tournées de livraison en centre-ville ».

échapper au réchauffement : l’espoir des renouvelables

Enfin, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, mieux vaut prendre le problème à la source, et envisager de modifier en profondeur nos apports énergétiques, et ainsi définitivement tourner la page des hydrocarbures. Alors que les énergies renouvelables représentent déjà la première source d’électricité en Scandinavie, le mix énergétique français nous permet toujours de postuler au titre de nation de « l’excellence environnementale ».

Reste à voir si la ligne de la quatrième ministre de l’énergie de François Hollande conservera cette priorité, malgré ses critiques de « l’écologie punitive ».

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(1) Source : Plan National d’Allocation des Quotas, juillet 2004